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CORPS ÉTRANGERS DANS LE CORPS VITRE

nous occupe, ne dépend aucunement de celle-ci, mais de ce que riris a perdu le point d'appui auquel il doit sa fixité. Ce symptôme indique donc seulement que la même cause qui a produit le ramollissement du corps vitré a altéré également la position du cristallin (par déchirure du ligament suspenseur). La liquéfaction partielle se rencontre surtout dans les cas d'ectasies scléroticales et dans la portion du corps vitré qui avoisine l'ectasie. La liquéfaction générale s'observe également dans les yeux staphylomateux, après des épanchements dans le corps vitré, après l'abaissement du cristallin, après la perte d'une portion de l'humeur vitrée, enfin dans les yeux atteints d'affections profondes (choroïdites).

Un phénomène brillant est celui produit par l'apparition de cristaux de cholestérine, de tyrosine et de phosphates [Poncei) au milieu du corps vitré. Avec l'ophtalmoscope on y voit alors de nombreux corps brillants, chatoyants, doués de mouvements rapides lorsque l'œil se meut, et descendant vers les parties déclives du corps vitré lorsque l'œil est fixe [synchysis étincelant). Ces cristaux peuvent se rencontrer dans un corps vitré transparent, ou ils sont mêlés à d'autres opacités filamenteuses auxquelles ils peuvent adhérer. Leur origine n'est pas exactement connue, mais, dans un certain nombre de cas, a pu être attribuée à des altérations choroïdiennes. On les rencontre, d'ailleurs, aussi dans le cristallin, dans la rétine et entre la rétine et la choroïde, ainsi que dans les yeux absolument sains, surtout chez des vieillards.

ARTICLE IV Corps étrangers dans le corps vitré.

Lorsqu'un corps étranger (grain de plomb, éclats de capsule, fragments de fer, de pierre ou de verre) pénètre dans le corps vitré, et que la lésion des parties qu'il a atteintes avant de s'arrêter n'empêche pas l'examen du milieu de l'œil, nous pouvons diagnostiquer sa présence, du moins peu de temps après l'accident, soit par l'ophtalmoscope, soit par l'examen entoptique (voy. plus haut page 396), soit enfin par l'état fonctionnel, et

surtout par l'exploration du champ visuel. Au bout de quelque temps, il disparaît souvent au milieu des troubles inflammatoires que sa présence provoque, soit qu'il s'entoure d'une membrane kystique, au milieu de laquelle on peut le reconnaître pendant quelque temps encore par son reflet particulier, soit qu'il provoque immédiatenient une suppuration infectieuse.

Une fois enkysté, le corps étranger peut rester quelquefois long-temps et même toute la vie sans provoquer de réaction. Cependant cette immunité de l'organe blessé n'est jamais sûre, car on l'a vu s'enflammer (probablement par des déplacements du corps étranger enkysté) et se perdre à une époque très éloignée de l'accident.

Enfin, il ne faudrait pas oublier que la présence d'un corps étranger dans l'œil menace l'autre œil d'une affection sympathique.

Pour toutes ces raisons, il importe toujours, après la pénétration d'un corps étranger dans le corps vitré, de voir si l'extraction n'est pas possible. Si l'on est assez heureux pour le trouver encore entre les lèvres de la plaie, on peut, au besoin, agrandir celle-ci, pratiquer l'extraction, appliquer un bandeau contentif, et instituer le traitement exigé parla lésion (compresses fraîches, atropine, etc.).

Si le corps étranger se trouve déjà dans le corps vitré et que nous nous décidions à opérer à cause de sa nature et du danger que sa présence occasionne pour les deux yeux, il faut nous éclairer sur son siège exact par l'ophtalmoscope, et en explorant la surface de la sclérotique à l'aide d'un stylet boutonné. Si nous rencontrons un endroit particulièrement douloureux, le corps étranger se trouve probablement dans la région correspondante du corps vitré [de Graefé). D'ailleurs, la situation de la plaie extérieure, le trajet du corps étranger et même un sondage prudent de la plaie doivent faciliter ces recherches.

A l'endroit où l'on suppose atteindre le plus facilement le corps étranger, on pratique avec un couteau de Graefe une incision en direction méridionale jusque dans le corps vitré dans une étendue de 1 centimètre à P,5, et on cherche à saisir le corps étranger avec un crochet mousse ou des pinces. S'agit-il d'un éclat de fer, l'extraction doit être tentée à l'aide d'un électroaimant [Hirschherg) avec lequel on peut réussir même lorsque le corps étranger n'est pas visible et que Ton ignore son siège.

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