‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 89 sur 167 · DE L'EXTRACTION LINEAIRE COMBINEE AVEC L'IRIDECTOMIE · texte numérisé non relu

DE L'EXTRACTION LINEAIRE COMBINEE AVEC L'IRIDECTOMIE

La guérison rapide et facile des sections linéaires de la cornée, comparée aux dangers auxquels l'œil était exposé par l'ouverture en forme de lambeau, a provoqué naturellement le désir de pouvoir appliquer la méthode linéaire aux variétés de cataracte réservées pour l'extraction à lambeau. Les premières tentatives faites dans le but d'étendre l'extraction linéaire aux cataractes dures renfermant un grand noyau consistant, démontrèrent bien vite les graves dangers aux-

1. Nous voulons mentionner ici les expériences reprises dans ces dernières années, surtout en Angleterre et en Belgique, pour extraire les cataractes entièrement ramollies, par succion ou aspiration, à l'aide d'une aiguille à succion construite par Laiigier en 1847 et modifiée avantageusement par Bowman. L'introduction de cet instrument est précédée d'une petite incision linéaire de la cornée et de l'ouverture de la capsule. Nos confrères anglais et belges vantent beaucoup la facilité et l'innocuité de l'extraction par aspiration,

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quels on s'expose lorsqu'on veut forcer Texpulsion de la cataracte à travers un passag'e trop étroit. La contusion violente de l'iris et des bords de la plaie, qui résulte d'une inégalité entre la grandeur, la consistance de la cataracte et rexiguïté de l'ouverture, devait compromettre gravement la guérison, et les résultats de cette manière d'agir étaient tels que l'usage de l'extraction linéaire restait pour tous les observateurs judicieux et consciencieux restreint aux cataractes entièrement molles.

L'attention de ceux qui continuaient ces études devait se porter naturellement sur la possibilité d'élargir le passage et de faciliter, en outre, l'expulsion d'une cataracte renfermant un noyau, soit par son broiement préalable [Desmarres) ^ soit par l'emploi d'instruments à traction. Dans ce but, on augmenta d'abord l'étendue de l'incision linéaire jusqu'à lui faire comprendre un quart de la circonférence cornéenne, abandonnant ainsi, dans une certaine mesure, le principe d'une plaie linéaire, tout en conservant à l'incision la forme d'une fente dont les bords tendaient à se réunir exactement, une fois le cristallin passé. A cet élargissement de la plaie cornéenne, placée près du bord sclérotical, on ajoutait l'excision d'une partie de l'iris [de Graefe)^ pour dérober cette membrane aux dangers de la contusion, et pour agrandir l'ouverture pupillaire, dont la contraction pouvait s'opposer facilement à l'application convenable d'une curette (plus large, plus plate, et munie d'un bord plus tranchant que la curette de Daviel) qui devait attirer la cataracte au dehors. Cependant de Graefe^ qui le premier proposa l'extraction linéaire combinée avec l'iridectomie et avec l'emploi d'une curette (voy. Archiv fur Ophtalmologie^ 1859, V. I, p. 158), ne voulait l'employer que dans certaines variétés de cataracte dont le noyau est de grandeur moyenne et la substance corticale ramollie et copieuse. 11 proposa de substituer ce procédé à l'extraction à lambeau, surtout dans les cas où cette dernière paraît dangereuse pour des raisons de santé générale telles que le marasme sénile, un catarrhe invétéré des bronches, l'asthme ou d'autres affections qui ne permettent pas un séjour prolongé du malade au lit. 11 recommanda encore ce procédé pour les cataractes molles adhérentes, et enfin lorsque la cataracte renferme un corps étranger. — Waldau entreprit de généraliser la méthode, en

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