EXTRACTION LINÉAIRE PÉRIPHÉRIQUE
de la main de son aide qui Tavait soulevé jusqu'alors, et l'enlève avec précaution.
Cinquième temps. — Il arrive fort souvent que toute la substance corticale n'accompagne pas le noyau à sa sortie. Pour des raisons déjà indiquées, il importe de la faire sortir de l'œil aussi complètement que possible; dans ce but, après avoir laissé les paupières fermées au moins jusqu'à ce que l'humeur aqueuse se soit partiellement reproduite, on pratique de douces frictions à travers la paupière supérieure, comme nous l'avons déjà décrit plus haut (voy. p. 433), pour réunir les masses corticales autant que possible dans le champ pupillaire ; puis on fait regarder le malade en bas, et en faisant entre-bâiller la plaie par une légère pression à travers la paupière supérieure relevée, on repousse à travers l'inférieure tes débris cristalliniens vers la plaie. Pour débarrasser la capsule de tout son contenu, on y pratique aussi des injections et lavages avec une solution d'acide borique [Panas^ Wicherkiewicz) ou d'eau chaude {Me Keown). Lorsque la pupille apparaît tout à fait noire, il nous reste à nettoyer la plaie et l'œil, en enlevant avec précaution et à l'aide de petites pinces les caillots sanguins qui s'y trouvent ordinairement. Enfin, on évacue une dernière fois l'humeur aqueuse souvent mêlée d'un peu de sang, on surveille l'état normal du bord pupillaire et s'il existe un lambeau conjonctival, on le ramène sur la plaie, en glissant de la cornée sur la sclérotique avec la face convexe des petites pinces courbes, ou avec le dos de la curette de caoutchouc : cette manœuvre fait sortir en même temps d'entre les lèvres de la plaie des débris de la substance corticale et du pigment irien parfois cachés à cet endroit.
Pour assurer le nettoyage complet de la pupille, on peut s'aider de l'éclairage focal et, si la lumière du jour est insuffisante, d'une lampe ou d'un foyer électrique.
Pansement et traitement consécutif. — Le pansement est le même que celui de l'extraction à lambeau.
Il n'y a que peu de choses à dire sur le traitement qui suit l'opération. Le bandeau compressif, renouvelé pour la première fois quarante-huit heures ou même trois jours après l'opération,doit être changé ensuite tous les jours. Par rapport à la lumière,
il faut prendre pendant les premiers jours, les précautions usitées après toute opération de cataracte. On doit recommander le repos, mais moins rigoureusement pourtant qu'après l'opération de l'extraction à lambeau. Au besoin, les malades peuvent déjà passer les premiers jours hors du lit. Dans le régime, on peut permettre tout ce qui n'échauffe pas et ne rend pas nécessaire le mouvement des mâchoires. Dans le cas où une portion des masses corticales est restée dans Tœil, j'instille bientôt quelques gouttes d'atropine, et je maintiens la pupille dilatée si la conjonctive supporte bien l'emploi de l'atropine. En général, lorsque la guérison suit une marche normale, je m'abstiens complètement des instillations d'atropine ou d'ésérine. On peut remplacer le bandeau compressif, 'après trois ou quatre jours, par le petit bandeau et permettre au malade de sortir vers la fin de la deuxième semaine, en protégeant ses yeux par des lunettes foncées. Lorsque l'opération a été tout à fait normale, il est rare de voir survenir des écarts dans la marche normale de la guérison.
Il va sans dire que les précautions de propreté et d'antisepsie doivent être les mêmes que pour l'extraction à lambeau.