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CHAPITRE X

RÉFRACTION ET ACCOMMODATIOIV

Physiologie. — Lorsque les rayons lumineux pénètrent dans Tœil, ils rencontrentun ensemble de milieux réfringents plus denses que l'air (cornée, humeur aqueuse, cristallin, corps vitré), qui leur font éprouver des déviations comme le ferait un système de lentilles biconvexes.

Rappelons donc en quelques mots les lois qui président à la formation des images par ces lentilles et nous aurons, par là même, exposé les lois de la réfraction dans l'œil.

On appelle réfraction la déviation qu'éprouve un rayon lumineux lorsqu'il passe obliquement d'un milieu dans un autre. De plus, on sait que si le rayon lumineux passe d'un milieu dans un autre plus dense, il se rapproche de la normale au point d'incidence, tandis qu'il s'en éloigne dans le cas contraire.

Tous les rayons lumineux parallèles entre eux viennent, après avoir été réfractés par une lentille convexe, converger en un point qu'on nomme foyer principal de la lentille, point qui coïncide avec son centre de courbure. Par exemple, une lentille taillée sur une sphère convexe de 25 centimètres de rayon aura son foyer principal à une distance de 25 centimètres (voy. fig. 146). On considère comme sensiblement parallèles les rayons qui viennent d'une distance très éloignée.

Plus la source lumineuse se rapproche^ plus le foyer s^éloir/ne de la lentille. Si le point lumineux coïncide avec le centre de courbure, les rayons lumineux qui en émanent sortent de la lentille parallèles entre eux ; ils ne forment pas de foyer. Si la source lumineuse se place entre le foyer principal et la lentille, les rayons réfractés divergent et ne se réunissent pas ; on admet cependant que leurs prolongements se réunissent en avant de la lentille, en un point appelé foyer virtuel.

REFRACTION ET ACCOMMODATION.

Les points lumineux situés entre l'infini et le centre de courbure de la lentille, etTendroit où les rayons lumineux se réunissent après avoir traversé la lentille, s'appellent foi/ers conjugués, parce que leur relation est telle que le foyer et le point lumineux sont réci proquement le foyer l'un de l'autre. Dans la figure 147, F et /"sont

Fig. 146. — F, foyer principal de la lentille.

des foyers conjugués, parce que, si la source lumineuse est en F, le foyer sera en f, et vice versa, G étant le foyer principal.

Réfraction de la lumière dans l'œil. — Dans l'œil normal (emmétrope ) la force de /^éfraction de l'appareil dioptrique est telle, que la réunion des rayons lumineux émanant d'un point très éloigné se fait sur la rétine, ou, pour être plus exact, sur la couche de cette

Fig. 147. — Foyers conjugués.

membrane qui est formée par les cônes et les bâtonnets ffig. 148). Or, pour que la vision soit nette et distincte, le foyer des rayons lumineux doit toujours se faire sur cette même couche do la rétine. Cette condition est réalisée, d'après ce que nous venons de dire, dans l'œil normal pour les objets très éloignés, dont l'image se fait ainsi naturellement sur la rétine par la simple force de réfraction des miheux en rapport avec la longueur de l'œil. Mais lorsque l'objet se rapproche de plus en plus, les rayons lumineux qui en partent se réunissent, d'après la loi précitée, derrière la rétine, qui ne change pas de place (fig. 149). Par conséquent, l'image de cet objet

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rapproché ne se trouverait pas sur la rétine et la vision ne pourrait être nette. Cependant nous voyons les objets distinctement do

Fi^. 148. — Réunion des rayons lumineux parallèles sur la rétine de l'œil nornia

(emmétrope).

près comme de loin ; il y a donc quelque chose de changé dans Tœil, une force est intervenue qui a modifié les rapports entre la

Fig. 149. — Marche des rayons lumineux venant du point rapproché F dans un œil accommodé pour une plus grande distance.

réfraction de Tappareil oculaire et sa longueur, c'est la force cVaccommodation.

Accommodation do Vœil. — Les recherches modernes ont démontré que Toeil, lorsqu'il regarde de loin, est à Tétat de repos, et qu'il subit, lorsqu'il regarde de près, les changements suivants : La surface antérieure du cristallin devient plus convexe et se rapproche de la cornée ; la surface postérieure devient à peine plus convexe et ne change pas de place d\me manière sensible (fîg. 150) [Crajuer, HelmhoUz).

Quant au mécanisme suivant lequel s'effectue raccommodation, les avis sont partagés. D après une théorie, le muscle ciliaire (voy. fig. 46, p. i91) en se contractant, rapproche l'un de l'autre les deux points où il s'insère, c'est-à-dire la périphérie de l'iris et la choroïde. Comme la zonule de Zinn est intimement liée à la choroïde, elle suit le mouvement de cette dernière en avant, se relâche, et le cristallin, abandonné à son élasticité naturelle, devient plus convexe. H. Muller

est d avis que les fibres circulaires peuvent, par rintermédiaire des procès ciliaires, presser sur Téquateur du cristallin et le rendre plus convexe ; de plus, tirer en arrière Tinsertion périphérique de Tiris. Pendant ce temps, les fibres radiaires relâchent le ligament suspenseur; en outre, en ramenant la choroïde en avant, elles augmentent la pression du corps vitré sur le cristallin et portent ce dernier contre Tiris ; mais celui-ci, contracté, résiste et le cristallin devient plus convexe, cédant pour ainsi dire à Tendroit où il n'est phis appuyé par Tiris. Ce qui reste certain, c'est que laccommodation pour les objets rapprochés a pour agents le cristallin et le muscle

ciliaire.

Tsc/iernmg indique, d'après ses expériences, que pendant l'accommodation : i" le cristallin recule un peu ; 2° la courbure des parties

Fi^. 150. — F, adaptation de l'œil lorsqu'il regarde de loin; N, lorsqu'il regarde près; S, canal de Schlemm ; a, cristalloïde antérieure; 6, crist. postérieure.

centrales de ses surfaces augmente, celle des parties périphériques diminue ; 3^ la partie centrale du cristallin augmente d'épaisseur, tandis que l'épaisseur des parties périphériques diminue. Ce changement de forme des surfaces du cristallin serait produit par une traction en dehors et en arrière que la contraction du muscle ciliaire exerce sur la zonule. Cette traction tend aussi à faire reculer le cristallin, qui en est empêché par la tension de la choroïde.

Mesure de Raccommodât ion. — Nous avons vu plus haut que la vision des objets très éloignés a lieu à Taide de la réfraction, et que la force d'accommodation entre en activité à mesure que notre vue s'exerce sur des objets de plus en plus rapprochés. C'est donc à l'aide de l'accommodation que notre organe parcourt la distance qui sépare les points le plus éloigné et le plus rapproché de notre vue distincte. Aussi a-t-on appelé cette disidincele parcou/^s de Vaccommodation. — D'ailleurs, comme la force d'accommodation agit parle cristallin qui augmente de convexité, on peut, d'après l'exemple

REFRACTION ET ACCOMMODATION

de Youriff et Dondei^s, comparer le cristallin de l'œil à l'état de repos, et le cristallin de l'œil qui s'accommode pour une distance donnée à deux lentilles biconvexes de force diflerente.

La puissance accommodative de Fœil sera donc égale à l'effet optique du verre convexe à ajouter au cristallin pour le faire passer de l'état de repos accommodatif (punctum remotum) à la perception du point le plus rapproché de la vision distincte [punctum proximum).

L'œil normal (emmétrope) a le point le plus éloigné de la vision distincte, dans une distance infinie ; si son punctum proximum est à 10 centimètres de distance de Tœil, l'amplitude de l'accommodation est égale à l'effet d'un verre convexe ayant 10 centimètres de foyer.

La formule générale pour calculer l'amplitude de l'accommodation (A) est la suivante :

-T- = dans laquelle :

^ — - == Amplitude d'accommodation.

p = Distance entre le jj une tu m proximum et l'œil. 7^ = Distance entre le punctum remotum et l'œil.

Dans l'œil emmétrope, nous savons r == oo , donc -; = 0 ; par

conséquent r = - . Par exemple : lorsque le punctum proximum est

situé à 0°i,20, nous trouvons t = -r^ = S dioptries (5 D) ^

Dans l'œil myope dont le punctum remotum se trouve à une dis-

1 \ tance définie, \ <Z -\ si le punctum remotum est à 0°^,50 de distance de l'œil (myopie = ----- =: 2 D), le punctum proximum kO^, '20,

nous trouvons • = -— -— - =15D — 2D = 3D.

Dans l'œil hypermétrope, qui est adapté à des rayons qui convergent vers un point situé derrière la rétine, r est négatif, donc il

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