‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 100 sur 160 · AU.USSKMIÎNT DE LA CATARACTE · texte numérisé non relu

AU.USSKMIÎNT DE LA CATARACTE

qui out poussé les esprits les plus expéi'imentés et les plus dépourvus de tout préjugé, il écarter tout à fait l'abaissement de la cataracte de la chirurgie oculaire. D'après les belles paroles de M. de Graefe, c'est un devoir de piété de ne pas oublier que la méthode par abaissement a rendu la vue à des millions d'individus atteints de cataracte; mais un plus grand devoir à remplir vis-à-vis de l'humanité, c'est d'abandonner cette opération lorsqu'il est indubitablement prouvé qu'une autre méthode l'emporte sur elle par un très-grand nombre de succès. En effet, quand on prend les statistiques des résultats de l'abaissement, dressées non .pas immédiatement, mais un ou deux ans après l'opération, on arrive à cette triste conviction, que la, moitié tout au plus des opérés a recouvré définitivement la vue; et encore, il faut bien le dire, ceux-ci même restent-ils continuellement sous la menace de complications provoquées par la présence du cristallin, qui peut, comme tout autre corps étranger au fond de l'œil, devenir le point de départ d'inllammations graves; car ce n'est que dans un très-petit nombre de cas qu'il est réellement résorbé (1).

Quoique ces faits fussent parfaitement connus depuis longtemps, les adversaires mêmes de l'-abaissemenl étaient obligés d'y avoir recours dans des cas exceptionnels, où l'extraction à lambeau ne pouvait être appliquée, par exemple dans les cas où l'état de santé du malade rendait impossible le décùbitus prolongé. Ainsi, l'abaissement avait dû être conservé à titre de métiiode exceptionnelle, jusqu'au jour où l'introduction du procédé de Graefe dans la pratique permit d'opérer même ces cas exceptionnels par l'extraction. Déserte que, pour nous résumer, nous pouvons dire, sans crainte d'être contredit par des juges expérimentés, que l'abaissement, abandonné depuis longtemps comme méthode générale, ne mérite plus d'être conservé comme pro cédé exceptionnel, puisqu'il peut être remplacé, même dans les cas particuliers où l'extraction à lambeau n'est pas praticable, par le procédé de Graefe.

On avait inventé autrefois un très-grand nombre de procédés pour le déplacement de la cataracte. Celui qui en dernier lieu avait été le plus employé était la réclimnson, ayant pour but de renverser le cristallin eu même temps qu'on l'abaissait, de telle sorte que son bord supérieur était poussé en arrière dans l'humeur vitrée, que la face antérieure devenait supérieure, et la face postérieure était dirigée en bas (flg. 129). L'instrument dont on se servait était une aiguille à cataracte, en lorme de fer de

(1) Ceux qui désirent étudier les détails des diiïérentes causes qui, après rubaissenicnt inêuic réussi de la catnractc, peuvent amener plus turd la perte de l'œil, liront avec fruit l'introduction de M. de Gracrè à sa Clinique ophtha/molof/iqua (édition IVan(;aise publiée p.".r Éd Meyer, chez MM. liaillièro cl F ils. Paris, 1868).

OPÉKATIUiN UE LA CATARACTE.

lauce, légèrement courbée (fig. 130). L'opération se pratique de la manière suivante s après avoir dilaté la pupille par l'atropine et l'ait écarter les paupières par un aideexpérimeaté ou par un instrument ad hoc, l'opérateur applique les pinces à li.xalion, tenues de la main gauche, sur la conjonctive, aii bord interne de la cornée. De la main droite il pratique la ponction qui doit être faite dans

FlG. 12'J. — Réclinaison de la cataracte.

la sclérotique, à environ 3 millimètres du bord temporal de la cornée et un peu au-dessous de son diamètre transversal. Lorsqu'on se sert pour cette ponction d'une aiguille courbe, sa convexité doit regarder eu haut et sa coacavité en bas ; atin que sa pointe puisse être appliquée perpendiculairement a l endroit de la ponction, il est nécessaire d'abaisser le manche, que l on

FlU. 130. - Aiguille à cataracte

ramène cependant vers l'horl/onlale a mesure que aigui le pénètre dans l'œil. La ponction doit se faire ^^V'^:;^ cufoucant résolument l'aiguille vers le feutre de que le fer de lance disparaisse. Le premier tcinp. "t*^; «l'f Ateur imprime à l'aiguille une légère ^''^'''"^^^^''^^ ' convexité regarde en avant, en même cmp ^ > ^ / f ^ manche en arrière vers la l^mpc du nualadc et ,ri^ 1^^^ lance le long de la surface poslenoure de l .r.^ ' ^ jf ^ ^ ^ cn lin. On voit alors l'aiguille, ayant ^""<; ^^/;;\";\'io,s avant et l'autre appuyée contre le cristal .n (>^^8 • \f . . ^^^^^^^^ diriger le tranchant de l'aig.iille ^'^'^ capsule et ouvrir celle dernière par une que l'on pratique en retirant un peu 1 instrument hoi^ de

Kl

CATARACTE SECONPÀiRÈi

plaie. Cette discision de la capsule faite, l'opérateur applique la concavité de la lance contre la lentille un peu au-dessus du diamètre transversal, et amenant doucement en avant le manche de l'instrument, il pousse en arrière la partie supérieure du cristallin. Lorsque celle-ci a cédé à cette pression, on maintient toujours la lance appliquée contre la surface de la cataracte, et l'on continue à l'abaisser en h^s, en arrière et en dehors par un mouvement du manche de l'instrument en haut, en avant et en dedans. Après avoir pendant un instant maintenu l'instrument sur la cataracte, pour en prévenir la réascension, on fait exécuter quelques petits mouvements de rotation à l'aiguille, afin de la

dégager s'il y a lieu ; puis l'opérateur ramène lentement l'aiguille dans le champ de la pupille et se tient prêt à abaisser de nouveau la cataracte, si par hasard elle remontait. Si elle reste abaissée, on retire l'aiguille par le même chemin que l'on a pris pour pénétrer, et en ayant soin de tourner ses surfaces dans la môme position que lors de son introduction.

OPÉRATIOiS UK LA CITARACTE ^ISCOJSOAinii:

On comprend sous le nom de cataracte secondaire les opacités de difTérente nature qui se forment dans le champ de la pupille après l'opération de la cataracte, et qui empêchent le rétablissement complet de la vision.

Lorsqu'on examine attentivement et en se servant de l'éclairage oblique, les ^eux opérés de la cataracte et dont la force visuelle est restée au-dessous de ce qu'elle doit être, en faisant la part de l'âge du malade, et après avoir corrige, selon les règles établies, l'anomalie de la réfraction, on reconnaît !;oUventcomme cause de la faiblesse visuelle; l'existence

Fie. 131. — Présentation de l'aiguille devant la cataracte.

Ul^lÏKATlON, Dli I.A rATAllACTK.

truiie opacilé excessivemenl Icgèro, tendue comme une loile d'araignée derj'ici'e la pupille. C'est là une première variété de cataracte secondaire, constituée par un tissu de nouvelle formation qui a son point de départ dans la prolifération des cellules épithélialcs de la capsule antérieure, dont l'ouverture, faite par le cystitome et élargie par le passage du ci istàllin, est ainsi fermée de nouveau.

D'autres fois, la capsule même s'épaissit, en même temps que son ouverture se referme, et forme de cette manière une opacité jjIus dense et dont l'existence' derrière la pupille se révèle à la simple inspection. EnGn, dans un autre nomljre de cas, l'iris prend une cei'taine part à ce travail inflammatoire, et l'exsudation irienne vient alors s'ajouter à l'opacité capsulaire, à des degrés qui varient entre des synécliics simples plus ou moins nomijreuses et la formation de véritai)les dépôts plastiques.

Notre manière d'opérer ne peut pas être la même dans ces différentes variétés de cataracte secondaire.

En règle générale, il faut se garder de pratiquer les opérations consécutives peu de temps après l'extraction de la cataracte, et il faut attendre d'autant plus longtemps, que le travail inflammatoire supporté par l'œil a été plus long et plus sérieux. On ne doit se décider à pratiquer une seconde opération que lorsque toute trace d'irritation (gonflement des paupières, irritaljilité à la lumière, injection périkératiquc) a disparu. En agissant autrement, on s'expose à ranimer le travail inflammatoire et non-seulement à perdre le bénéfice de l'opération que l'on vient de pratiquer, mais encore à voir d'autres opacités s'ajouter à celles qui existaient déjà. Une nouvelle attente plus longue et plus pénible devient aloi"S nécessaire, avant que l'on puisse penser à atta(iuer cet œil par une opération.

Il faut une prudence toute particulière lorsqu'on se trouve en présence de membranes plastiques résultant d'une iritis. Ces membranes, habitudlement Irès-vascnlarisées, deviennent facilement le point de départ de nouvelles inflammations, loi'squ'elles sont froissées par le contact des instruments. C'est dans ces cas surtout (ju'il faut retarder quelquefois un an et plus, l'opération de la cataracte secondaire, jusqu'à ce que toute irritalion de l'œil ait cessé, que la vascularité des membranes ait disparu, et (]ue l'œ'il soit rentré dans un calmeparfait. CopiMidanl, ce lonqis d'adonle n'est pas toujours aussi

I ;ata h a ( ;t r ^iRcoNn a i ii r. .

prolongé, et clans les cas d'opacité légère nous sommes quel- ([uefois autorisé h pratiquer l'opération de la cataracte secondaire quelques mois après l'extraction du cristallin. Pour la première variété de cataracte secondaire que nous

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Fir.. •1>2. — l'iiirc cIp l.iclii oirli, ' miiiliru'C |i:ir M.-illiini.

Fin, VX:, ni 134. — Si'i'riMcllos.

avons mentionnée plus haut, il suffît toujours de faire une simple dismion pour pratiquer une ouverture centrale dans la légère opacité qui se trouve dans le champ de la pupille. Comme il n'est pas toujours facile de voir nettement ces opacités il la lumière ordinaire, il est quelquefois .plus ais('' de

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