‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 105 sur 160 · MYOPIE · texte numérisé non relu

MYOPIE

Le mot de mynpic {^r^zl-j, cligner, œil) n>sl paf-

aussi l)ien choisi' (pie celui iVhypmncIvoim' ; il mdiquouin symplôme secondaire, le dignemenl des P=»'>P'e''^^>^' JJ^'»comme nous le verrons plus tard, permet aux niyopes do d.s^^ .liMuner plus lu'Ilemeul les objets éloignés. J)om/cr.s avait pro i.nsé de le remplacer par le terme de lo-achymHropu! {'^pocyy^^^ court, ^irpo., mesure, â;^,, œil) qui i;';1in'!'^'-'^'' / ; : , ' réfraHioM ciiez le mvope. Cel état de réfrael.on est tel q u 1 ^ rayons venant de loin sont réunis en avant de la relinc,

MVOPIF.. ^83

qui rend la vision distincle impossible pour cel te dislance, la rétine étant alors atteinte par des cercles d'irradiation qui causent une image trouble et diffuse (voy. fig. 163). A mesure que l'olijet se rapproclie, le loyer, selon la loi d'optique connue, se rapproche aussi de la rétine, et il arrive ainsi un moment où il l'atteint; c'est alors que l'objet est vu nettement. C'est de cette manière que s'explique le symptôme

FiG. — OEll lilyopc.

caractél'istique de lamujpie : les objets rapprochés sont vus distinctement, tandis que les objets éloignés paraissent sous un aspect diffus.

Cet état de la réfraction explique aussi un autre phéno-

Fin. Ifli. — Fnyd- F il'iin o W luviipo r.niiriic en F', sur la rOliiip, par nu verre

mène constant de la myopie, à savoir que les rm'cs concaves amélioi'enl la vue de loin. Ces verres font en effet diverger 'es rayons parallèles, et les réunissent en arrière du poinl^où ils se croisent dans l'œil myope; si donc ces verres sont sul'fisamment forts, les rayons i)aralièles arriveront ;i former leuv foyer sur la rétine (voy. Hg. IG^i). Il est évident que

ANOMAIJI'.S m T.A lll^KIlACTION ET T)P. I.' ACCOMMODATIOX .

lorsque dans un cas de myopie faible, on choisit des verre?très-forts, ou des verres liès-faibles loi-sque la myopie est très-forte, on n'atlcindia [las le but désiré. Par conséquent, on se demande avec quel vei J'c il faut conunencer l'exanien du malade, pour reconnaître l'existence de la myopie. Nous trouvons ce vei're en recherchant à quelle distance le malade lit une écriture ordinaire. Ainsi, par exemple, nous reconnaissons que le malade lit à 6 pouces le n» 1 des échelles dei Jaeger ou de Snellen, mais pas au delà de 6 pouces; 6 pouces est donc la distance de son inimtum remotissimum. Nous com- i mençons alors l'essai des verres concaves avec le n" 6. j

Pour'déterminerle degré de la myopie, on choisira toujours le verre le plus faible avec lequel le myope voit le mieux de loin. 11 est assez difficile d'éviter chez les myopes l'erreur qui provient des efforts d'accommodation, parce que ces derniers-s rendent les objets plus nets, et c'est là une des raisons quiV font que les myopes aiment à choisir des verres Ij-op foris. tout en employant leur accommodation. Ceci est surtout vrai des myopes jeunes; lorsqu'ils vieillissent, la force d'acconimodation diminuant, ils s'aperçoivent que ces efforts les fatiguent. Les dangers sérieux qui résultent pour le myope de l'emploi d'un verre concave trop fort, dangers sur lesqudS nous reviendrons plus loin avec détails, nous invitent à la plus ■grande prudence dans le choix de ces verres, ^'ous indiquerons donc minutieusement les précautions à prendre elles moyenemployés pour reconnaître les verres appropriés.

On peut s'assurer si un verre concave est trop foi't ou trop ' faible, en l'éloignant et en l'écartant alternativement de l'œil, i Comme dans le premier cas il devient plustoible, l'amélioration de la vision qui en résulterait lums indique que nouslavons choisi trop fort, ol vice -versa . Mais cette expérience ne'donneJ» (|u'unc idée approxiuialive et ne peiit ancnneir.enl suffire. Pour assurer l'exactitude de notice exanuui, nous plaçons li> malade à peu près à 20 pieds de dislance des tables de Snellen sur lesipielles se trouvent les numéros C.C à XX dc-^ échelles typographiques. On connnence alors l'oxanien de U vision avec le verre choisi d'après la méthode indicpiée (n»6 t||i, dans l'exenqile allégué). Ces verres mis dans mu^ monture d'essai, nous engageons le malade à lire à travers les venv-^ les lettres de la table. Puis, en soulevantla monture des yeux vers le front, nous plaçons devant les yeux des verres un peu > dIus faibles, et nous ncuis informons si le malade voit encore

MYOl'IK

riissi bien ou iiu'iiie mieux. Suv sa réponse affirmalive, nous I l'ssayons des verres encore plus faibles et ainsi de suite, jus- |u';i ce que décidément les lettres de la table ne soient plus lussi Lien \ues. C'est au dei'nier verre essayé, au plus faible k qui procure encore une vue nette, que l'on doit arrêter son L choix. Pour reconnaître si le verre ainsi choisi est réellement exact, on fait placer devant les lunettes alternativement des verres convexes et concaves ti'ès-faibles (n" 60), et si le verre convexe augmente encore la netteté de la vision, les lunettes sont trop fortes. Ce n'est que lorsque cette expérience démontre que l'adjonction d'un verre convexe très-faible diminue réellement la netteté de la vision, que nous pouvons nous arrêter définitivement au dernier verre choisi. Ces précautions paraissent minutieuses, mais elles sont très-importantes, indispensables, à cause du danger des verres trop forts.

Les verres concaves choisis delà sorte corrigent en certains cas parfaitement la myopie et amènent une force visuelle normale. Cependant, il arrive fréquenmient que la myopie se complique d'un affaiblissement de la force visuelle, de sorte qu'aucun verre concave ne procure au malade une vision normale des objets très-éloignés, ce qui souventnel'empêche pas de voir très-nettement de près, parce que l'état de sa réfraction lui permet de rapprocher beaucoup les objets même les plus fins, et d'augmenter ainsi la grandeur des images rétiniennes.

Poui' les objets situés au delà du punctum rmotissiinurn, la vision des myopes est d'autant plus mauvaise que ces objets sont plus éloignés et que les pupilles sont plus larges : en effet, plus les rayons passent par les parties périphéi'iques

j (lu cristallin, plus aussi les cercles d'irradiation sont grands.

* C'est pourquoi les myopes rapprochent leui's paupières et

I «'gardent crftnmo à travers une fente ; ils clignent des yeux, 1 ce symptôme a fourni le nom pour la maladie. Nous profiii>iis d'ailleurs de cette indication que nous donne la nature pour employer des hineUcs sténoiwiques dans les cas de niyo-

' pie excessive.

I.oi'sqne les myopes travaillent beaucoup le soir sans se I l'poseï', quand ils s'aHaii)lissent par une cause quelcoiu(ue,

I ils arrivent à ressenlii' iacilcmenl des |diénomènes d'iri'ilalon. Ils ont fr('M|iu>nimenl les parties extérieures (lel'o'il, inupièrcs cl conjoiiclixes, congestionnées. Il existe souveni

U8Q ANOjrAi.ii:? m la iiiïfuaction f.t de i. accommodation-.

chez eux: une légère injection péricornéenne. Surtout quan la myopie, à une certaine période de la vie, devient rapid( ment progressive, les malades commencent à se plaindre d fatigue et de douleurs dans leurs yeux, qui deviennent mèrn i sensibles au toucher et très -irritables à la grande clarté d jour ou de l'éclairage artificiel. Le pronostic de cette amblyc pie des myopes est encore favoraijle en ce sens, que tôt ces symptômes disparaissent, si une bonne thérapeutiq^ et une hygiène rationnelle de la vue interviennent à temp pour arrêter l'état congestif de l'œil.

On reconnaît donc l'existence de la myopie à l'amélic ration produite par les verres concaves dans la vision à& objets éloignés. Nous pouvons ajouter maintenant que le degn *■ de la myopie se mesure par le numéro du verre le plus faibd avec lequel le malade voit le mieux. Ainsi nous disons qu' : existe une myopie 1/10 lorsque le verre concave numéro 1 est le verre le plus faible à l'aide duquel la vision des objeli éloignés est aussi nette que possible.

On rencontre la myopie dans tous les degi-és, depuis 1( plus faibles où le malade lui-même ne s'aperçoit pas de c défaut, jusqu'aux plus forts, où des verres concaves n" 2 < au-dessiis même sont nécessaires pour la neutraliser. Hab tuellemeut ou appelle la myopie faible, loi-sque le verre coi recteur n'est pas plus fort que 15 ou 16 (M = 1/15 ou 1/16 on l'appelle moyenne dans les cas de M=l,'15 jusqu'à 1 '6, ( forte lorsque le myope a besoin de veri-es concaves plus fori que le n" 6.

Une observation attentive a démontré que chez un mêmn individu mvope, le degré de la myopie ne reste pas tonjoun* le même pendant toute la vie, et ces variations différente 1 nous obligent à séparer les cas de myopie progressive d » ceux ou l'anomalie de réfraction reste toujours le même. . • Lors(iue la myopie s'arrête au môme degi-é ou à peu piv pendant toute la vie d'un individu, elle s'api^elle mtjo]ne sto lionnaire. l'ius souvent, la myopie augmente dans de cei^ taines périodes de la vie ou sous l'influence de dillorcnu alTections oculaires, tout eu conservant après chaque exacci bation le degré ac(iuis pendant un certain temps: "oubiap pelons n\M-9.pcnodi(incmont progressive. D'antres fois myopie augmente c.mtinnellement, elle est absolument pro^ (jrcssivc.

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