‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 106 sur 160 · MYOPIE · texte numérisé non relu

MYOPIE

Même la myopie stationnaire mhil do. Ivos-logoros variations; elleaugmentccrabordpour diminuer ensuite : à quinze ans, par exemple, elle sera de 'J/24, à vingt-cinq ans de 1/20, àsoixante ans elle redescendra à '\/2U ou môme à 1/30. Ainsi vers la lin de la vie, probablement par un changement dans l'état de ^réfringence du cristallin, la myopie diminue ; mais non pas dans le sens où on l'entendait autrefois, lorsqu'on mesurait la myopie par le point le plus rapproché de la vision distincte, qui en effet s'éloigne de l'œil avec l'âge et avec l'affaiblissement de l'accommodation. Dans ce dernier cas, c'est la presbytie qui vient s'ajouter à la myopie et non celle-ci qui diminue. — La myopie 'périodiquement progressive est cette forme de myopie dans laquelle le malade, myope par exemple de 1/12 à douze ans, deviendra myope de 1/6 à vingt-ans. Cet accroissement de la myopie a lieu pendant la puberté; puis elle reste stationnaire à 1/6 pour diminuer vers lafm de la vie. D'autres fois, cette augmentation périodique est le résultat d'une maladie de l'œil dont nous parlerons plus loin, qui allonge l'axe antéro-postérieur du globe oculaire par la formation d'un staphylùine postérieur. Cette maladie une fois arrêtée, les progrès de la myopie s'arrêtent également. — Enfin, nous observons dans les cas de myopie absolument progressive un progrès continuel tel, que si la myopie est de 1/8 à huit ans, elle devient de 1/5 cà vingt ans, puis augmente d'une façon moins rapide jusqu'tà 1/3 ou au delà ; û y a dans ces cas des moments où les progrès sont plus rapides et d'autres où ils sont plus lents.

^La myopie stationnaire n'offre pas de dangers; la myopie périodiquement progressive est dangereuse pendant Srà période d'augmentation; la myopie absolument progressive conduit en général à la perte plus ou moins complète de la Tvision. Il est souvent difficile, si le malade est dans des con- ♦ 'litions telles qu'il ne peut ménager sa vue, reposer ses yeux îi^sque complètement et se soumettre à un traitement ra- "iniel, d'arrètei' les progrès de la myopie, ou d'en prévenir I l''s complications fâcheuses, tels que les épanchcmcnts dans I I'' corps vitré ou le décollement de la rétine. ' Ce défaut de la vision se rencontre bien plus fréquemment ^ ' liez les hai)itants des villes que (huis les campagnes, chez (tjs honnnes voués aux études que chez les ouvriers,' enfin' •'lie est d'autant plus fréquente dans une nation nuo l'in- J^lmction y est plus répandue {Doiukrs),

Z|88 ANOMALIIOS m I.A UKI-RACTION F.T HK 1.' ACCOMMOPATION.

Cependant, bien dos personnes étudient toute leur vi sans devenir myopes; ce fait semble indiquer à priori qu'i faut supposer une prédisposition particulière au développe ment de la myopie. En effet, celte prédisposition existe, ( plus, elle est kérédilaire et mujéuilule. IJans ce cas, le déve> loppement de la myopie et ses progrès ultérieurs dépen dent de la manière de vivre de ceux qui en sont atteints. ï pendant la jeunesse, surtout au moment de la puberté, l'ii dividu ne soumet pas ses yeux à un travail fatigant, s'il lit c écrit peu, la myopie ne se développera pas, ou du moins ell n'arriverapasàun degré très-prononcé. Au contraire, ollesui vraune marche progressive lorsque les yeux seront applique de bonne heure à des travaux fins avec des efforts prolongé, d'accommodation.-

La cause fondamentale de la myopie, la l)ase anatomiqi^ de cette affection, est la forme particulière de l'œil myope^ cet œil est trop long pour qu'avec une réfraction normala le foyer des rayons parallèles se fasse sur la rétine. Bonders examiné et mesuré avec soin à plusieurs reprises 250 yeux de myopes : de ces recherches, qui d'ailleurs n'ont fai que confirmer les observations antérieures à'Arlt, il résulb que dans les yeux myopes l'axe antéro-postérieur de l'œil e.'( allongé jusqu'à 33 millimètres de 25 à 26 qu'il a dans l'cla! normal.

Cet allongement du globe oculaire {staphylùmc posténeurf ainsi que les altérations de la sclérotique et de la choroidi qui s'y rattachent, a été exposé en détail parmi les affection de ces membranes (vny. sr.léro-choroklitc postérieure, p. 241

Si l'allongement de l'axe optique de l'œil, sous forme d staphylôme postérieur, c'est-à-dire le développement ult« rieur d'une disposition congénitale constitue de beaucoup !• plus grand noud)re des myopies, il y a cependant aussi dej cas de myopie acquise. Ainsi on ol)serve la myopie à la suiti de changements dans la courbure de la cornée. Cette den nière devient plus convexe et produit alors la myopie, loij <iu'àla suite de processus nicératifs la pression interne dl'œil n'y rencontre plus la résistance normale. La meni» chose a lieu sous l'influence de troui)les nutritifs i\ni. san altérer la transparence delà cornée, amènent une il>st'j"^"J" (luelquefois très-cousidéral)le, de cette membrane (Acr<uo-. .jlohus et kcratimmis ou staphyl.'nne peilucide /'^ Ces changeMumls dans la forme de la cornée produisent lou

MYni>lE.

jours, cil doliors de la myopie, un degré plus ou moins proloncë d'astigmatisme (voy. plus loin). — Une cause de la uyopie acquise réside souvent dans le ci'istallin. Que sa puisiauce réfringente augmente (comme au début de certaines "ormes de cataracte) ou qu'à la suite de lésions de son liganent suspenseur (zonule de Zinn), il se déplace en avant, il m résultera toujours un déplacement de son loyer principal jui, en réunissant alors les rayons lumineux en avant de la •éime, a,mènera la myopie. — Enfin une myopie apparente )eut être produite d'une manière passagère par le spasme de 'accommodation. Le muscle de l'accoaimodation peut être itteint de spasme tonique aussi bien que tout autre muscle de 'économie. Le cristallin acquiert alors une courbure trèsjrande, sa force de réfraction augmente naturellement et es objets éloignés ne sont plus distingués nettement. Les ferl'es concaves améliorent également dans ces cas la vision, nais d'autre part les instillations d'atropine, qui n'ont lucune action sur la myopie, guérissent le spasme de l'aciommodatiou et font disparaître les ti'oubles fonctionnels, cl nous n'avons donc pas affaire à une myopie réelle, mais

Il une affection de l'acconnuodation, affection assez rare du este, tout à l'ait subite et d'ailleurs passagère.

Une complication fréquente de la myopie, L'iiisuffisame des nuscles droits internes [asthénopie masculairc) et ses rapports .\ec \e strabisme divergent seront exposés dans le chapitre des iffections musculaires de l'œil.

Traitement. — Un traitement rationnel de la myopie doit rélondie aux quatre indications suivantes :

1' Empêcher les progrès de la myo|)ie et ses complications ;

; 2° Neutraliser l'anomalie de la réfraction par des verres >;onvenablcs ;

i 3° S'opposer à l'asthénopie musculaire ; Traiter les complications.

1° Enqièclier les progrès et les complications de la myopie. ■ Mius avons vu(|u'élaut donné chez un individu la prédisposition la myopie, son développement ultérieur dépend surtout de manière de vivre, de sou gcni'e d'occupation. Sous ce rapit, nous devons accuser surtout les congestions vers les

^|90 ANOMALIES DE LA IIÉKIIACTJOM ET DE l' ACCOMMODATION,

\eu.v el les efforts d'accommodiilioii comme parliculièremei: imisibles aux myopes, parce qu'ils lavoriseiit la Ibnuatioi du staphylôme postérieur. Nous devons nous borner à raji peler ici que les deux circonstances qui accompagner presque toujours les elTorls d'accommodation, à savo:» la position inclinée de la tête et la forte convergence des yeux augmentent encore l'effet de l'accommodation qui agit sun tout par l'augmentation de la pression intra-oculaire. Ce considérations nous amènent à formuler la prescription d combattre la tendence des myopes à pencher leur tête su* leur travail, et à faire des efforts exagérés de convergence, e rapprochant plus qu'il n'est nécessaire les objets qu'ils re gardent. Avant tout, il importe, pour éviter la forte convei gence, de choisir au myope une manière de vivre qui l'oblig à regarder plutôt de loin, et comme nous ne pouvons em pêcher absolument la vue des objets rapprochés, il est ulili de le mettre, par le choix de lunettes convenables, en étîi de pouvoir placer les objets à la distance de 15 à 16 pouceif distance pour laquelle la convergence des yeux ne doit ps inspirer de crainte. Cependant, certaines conditions que noi; aurons soin d'indiquer plus loin avec les détails nécessaire» sont indispensables pour que l'on puisse donner des verre concaves aux myopes pour la vision de près. Avec ces verres le myope est exposé à un grand danger, c'est de rapproche» les objets pour avoir des images rétiniennes plus grandes : I est alors obligé en même temps de faire des otForts d'acconi s modation pour ramener sur la rétine les rayons que le verri' réunit en arrière, dès que l'objet est rapproché. Pour eiupê>|, cher ce rapprochement et ces efforts d'acxouunodation, ili faut avertir le myope (ju'il ne doit jamais travailler avec seA lunettes à une distance [dus courte que celle de Ui oulî» pouces, et qu'il doit, pour ainsi dire, immobiliser sa tète e|â son livre à la distance voulue par un m^iyen mécanique (pn'l conque. Il faut, en outre, conseiller d'interrompre fréqueiu . ment le travail par ([uelques minutes de repos. I Ondoitaussi démonirer aumyopeles dangers qu'il court cr( travaillantla tête i)aissée, le faire lire le livre à la main, écrirt sur un pupitre. Généralement, on fait écrire les myopes de-» l)out, ce <|ui a peut-être (luelque importance à cause dc^ stases viscérales qui se produisent facilement dans la station' assise et ([ui amènent des congestions vers la tète. Quoi qui> en soi!, le pupitre dont se sert le myope sera établi de ma-»

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iiière à ce que le papier sur lequel il écrit se trouve toujours à la hauteur des ycu\.

Les myopes doivent éviter toutes les autres causes qui amènent vers la tète uu afflux sanguin exagéré, tout ce qui augmente l'action du cœur, les excès de table, l'usage excessif du tabac, tout travail prolongé. 11 faut leur conseiller, dès que la myopie paraît progressive, des interruptions fréquentes pendant qu'ils lisent ou écrivent ; ils ne devraient jamais travailler pendant plusieurs heures consécutives sans se reposer; après un travail d'une demi-heure, ils s'arrêteront pendant cinq ou dix minutes pour reprendre ensuite et se reposer de nouveau une demi-heure après. Les intervalles ie travail seront d'autant plus courts et plus espacés que la myopie sera plus forte et que le travail sera plus attachant m exécuté sur des ouvrages plus fins. 11 faut pour la Diêmc raison remédier au froid des extrémités et à la constipation, deux symptômes que l'on observe fréquemment chez les myopes.

2° La seconde indication que nous avons à remplir dans le traitement de la myopie, est de neutrahser l'anomalie de réfraction par des verres convenables. C'est là un des points les plu^ difficiles de la pratique ophthalmologique. Il n'existe pour le choix de ces verres aucune loi absolue, mais seu- •'ement des indications que nous allons grouper.

Il y a d'abord des cas où l'on peut neutrahser complétenent la myopie, lorsque le myope ne se servira de ses verres que pour regai'der de loin, à une distance oh son accommo- Jation est complètement au l'epos. Il faut seulement l'avertir in même temps du danger qu'il court, s'il fait usage de ces fen-es pour voir de plus près, quand l'accommodation internent. On peut encore neutraliser complètement la myopie sar le verre concave correcteur toutes les fois que le défaut le réfraction est relativement faible, l'accommodaUon normale et l'œil sain. Dans ces cas, il n'y a pas le moindre danîev à craindre, même si le myope s'en sert continuencment. Dohders est d'avis que l'usage des verres est, dans ces conditions, un des moyens les plus sûrs d'empêcher la myopie de iaire des progrès; il conseille de les faire poi'ter même pour lire et écrire, pai'cc qu'ils rendent emmétrope l'œil myo[)e. ûn agira par exenqile de la sorte lorsqu'on aura constaté une iccommodation i/U, nue myopie 1/16, et une acuité de vi- Hon absolument nornuilc. Dans ce cas, le verre concave n° 16

/i92 ANUJiALiiis iiK i„v.uki-iiai;tion kt w. l'accom.mouatio.v.

permettra au myope de voir de loin, et son acconniiodalioi lui donnera la faculté de voir jusqu'à Zi pouces; il sera dan^ les conditions d'un emmétrope. Ces mêmes verres peuveii servir jusqu'al'iÀge où l'accommodalion laihlit d'une manière. sensible; vers quarante ou cinquante ans, on fera changeiJ ces verres contre d'autres plus fail)les; à un âge plus avance i encore, le myope travaillera sans lunettes, et ce n'est qm S: pour voir de loin qu'il fera encore usage des vei'res concave; I correspondants au degré de sa myopie.

Au moment delà puberté, à une époque où la- plupart de; j myopes ont les yeux irritables, tout en laissant lesverresappro (■ priéspourlcl vuedeprèscommepourcelledeloin, onferaobser ■■ ver au myope toutes les règles hygiéniques que nous avon s tracées. Si malgré cela la myopie fait des progrès, s'il exist.- i des causes de congestion vers la tête que l'hygiene est im puissante à combattre, ou si par exemple le myope ne peu . vaincre, malgré l'emploi des verres, sa tendance à rai^pro ; chéries objets plus qu'il n'est nécessaire, ou à pencher s.^ tête sur le 'travail, on supprimera les verres pour la vue d

près. . ,. • .1

Abstraction faite des cas que nous avons indiques, et daa^ lesquels on peut neutrahser complètement la myijiue, ; savoir quand l'œil est sain, la myopie faible et l'accommodai tion forte, le choix des verres pour les myopes dépend suri tout du degré de la myopie, de la force d'accommodation, d. l'acuité visuelle et de l'occupation du malade.

Dans les cas de myopie faible (l -'uS — 1 18), le besoin d porter des verres ne se fait pas sentir; dans les degrés moyens; si la force visuelle est normale, on agira d'après les reg en .|ue nous venons d'indiquer; enlin, aux personnes atteinte de myopie forte, on peut donner des verres forts pour les laim ^oir de loin, mais il faut bien se garder de leur en donne, pour lire. Ces verres forts rapetissent beaucoup l >"'«f objets, des lettres par exemple, et le myope, pour les d.sbn guer nettement, sei-ait obligé de rapprocher le livre tres-prc de ses yeux, ce qu'il ne peu! faire sans enorls «oessif sd.. convergence et d'accommodation. Qne faire ^^^^'^^ Lorsque l'acuité delà vision a dé.,a consideniblemenl o«0 IVrI, comme cela arrive i>resque toujours dans leseas d. myo pi,, forte et progressive avec staphylôme P«^'^•'•"-^"'■• '\ ii..f,.u,h e l'usage des verres pour la vue de près, et, de Plu" loule application à la lecture et auv travaux sur des objet*

lias. Ceci csl souvent indispensable si l'on veut éviter les pi'omcs et les complications pernicieuses de la myopie et de I ;unblyopie qui l'accompagne; tout au plus, peut-on adoucir liu peu cette défense rigoureuse dans les cas où l'insuffisance lies muscles droits internes est telle que le myope ne travaille (ue d'un œil. On peut lui permettre alors de lire un peu sans lunettes et avec les précautions ordinaires, parce que les flbr.ls de convergence, du moins, ne sonlalorspas à craindre.

j Lorsque dans les cas de myopie forte, l'acuité de vision est ■iicore normale et qu'il n'existe pas d'altérations au fond de œil, Dûnclers conseille de donner à ces myopes des verres oncaves qui leur permettent de travailler à 12, \U ou 16 "luces. Cette distance dépend de la grandeur des objets sur ■;quels ils travaillent. Les verres, dans ce cas, sont donc nau ellement beaucoup plus faibles que ceux nécessaires pour

i icutraliser complètement la myopie. On calcule ce veri'e acilement en déduisant du chiffre qui indique le degré de la iiyopie, celui de la distance. A un individu atteint de myopie 1/6, par exemple, qui aurait besoin d'un verre concave n° 6 aour voir de loin, on donnerait, si on veut le faii'e travailler i i2 pouces, un verre concave n" 12 (1/6 — 1/12 = 1/12); i'ildoit travaillera 8 pouces, on'lui indiquera le verre n" 1/6 — 1/8 = 1/24), en prenant garde qu'il ne rapproche pas e livre plus près que 12 ou 8 pouces.

On ne saurait nier ce qu'il y a d'avantageux dans cet emploi les verres qui ne corrigent qu'imparfaitement la myopie; en met, ils mettent le myope en état de s'occuper à lire et à

|^;crire à une distance, plus favorable pour la convergence de ;es yeux et pour la position de sa tète. Mais d'autre part l'em- )loi de ces verres amène un ti'ès-grand danger lorsque le nyope qui s'en sei't rapproche, en lisant, le livre ])lus près e ses yeux que la distance presci ite. Les efforts d'accommoation s'augmente alors de la nécessité de vaincre la force iispersne du verre concave, en même temps que les yeux ont obligés de converger davantage, ce que l'on voulait'jusenieiit éviter. Nous verrons en ce cas le stapliylôme se déve- ' "l'per de ptus en plus et, par conséquent, la myopie suivre ine marche progressive.

<-e (langer est surlout imminent et presque inévilai)le lorsl'ie la force visuelle est diminuée, et nous savons qu'elle l'est ' ;i'esque toujours dans les plus forts degrés de la mvopie. Si on donne, dans ces cas, des veri-es forts pour la vision des

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