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La première condition d'un succès de ce traitement repose sur la possibilité de provoquer la vision binoculaire chez It malade. Dans quelques cas (5 pour 100), cette vision existes d'emblée. Dans un plus grand nombre de cas, nous pouvons gg la provoquer (15 pour 100). Dans d'autres cas (25 pour 100)J j[. on ne peut l'obtenir qu'après l'opération. La présence delà vision binoculaire se révèle par la diplopie que le malada accuse ou que nous pouvons faire naître par différentti je moyens. Nous découvrons facilement son existence par l'em-a pu ploi d'un prisme. Après avoir examiné séparément chaqu( œil, noté sa manière de fixer un objet (avec fixation cen' traie ou. excentrique), son acuité visuelle, son état de réfrac tion et d'accommodation, nous engageons le malade à re-: garder avec ses deux yeux la flamme d'une bougie placée t la distance de 6 ou 8 pieds. Il arrive i-arement que le malad( accuse immédiatement de la diplopie (signe irrécusable d'um. vision binoculaire). .Dans d'autres cas, nous réussissons î rendre visibles au malade les deux images venant de ses deuii yeux, en plaçant devant l'œil dent il se sert habituellemen! un verre coloré (violet), et en usant de prismes. Si d'aucunt manière nous pouvons obtenir la perception des images doubles, la vision binoculaire fait défaut.
Les exercices dont nous faisons usage pour la reproduire portent, en partie sur l'œil strabique, en partie sur !« deux yeux. 11 s'agit, avant tout, d'exercer à part l'œil dévié, pour obvier à l'affaiblissement visuel qui résulte de ce que le strabique ne se sert pas habituellement de cet œil. Pour cela, nous faisons recouvrir l'œil normal avec un bandeau que le malade doit porter une ou plusieurs heures par jour. En second lieu, on lui fait lire avec l'œil qui louclie habiluelle- ■ ment de gros caractères qu'il puisse bien distinguer. S d ne les voit pas bien, on emploie une loupe. Ces exercices doivent être faits pendant quelques minutes et répétés plusieurs fois^ par jour. Peu à peu, ù mesure que la vision s'améliore, on passe à des caractères plus petits et à des verres convexes plus faibles, et en même temps on prolonge la durée d*» exercices. , m
Lorsque l'acuité do l'œil dévié a suffisamment gagne, u
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s'agit de provoquer la vision simultanée avec les deux yeux, c'est-à-dire la diplopie. Souvent cette dernière, si le strabisme n'a pas trop d'étendue, s'établit spontanément; sinon, nous la provoquons à l'aide d'exercices particuliers faits avec le stéréoscope {.Taval), ou avec les verres prismatiques. En se servant des prismes, on fait bien de placer, au moment des exercices^ un verre coloré (violet) devant l'œil normal; puis on choisit la flamme d'une bongie, à la distance de 6 à 8 pieds, comme objet de fixation. Par l'emploi d'un verre prismatique à réfraction verticale^ placé devant l'œil dévié, on réussit à rendre visible au malade les deux images dilTéremment colorées venant de ces deux yeux ; surtout si l'on cache par moment un des yeux, et qu'on le découvre subitement. Après avoir répété cette expérience pendant quelque temps, le malade finit par se rendre compte de sa diplopie, même sans l'interposition -des verres.
Ceci obtenu, on choisit le verre prismatique apte ù réunii' dans une seule les deux images. Si ce prisme était plus fort que 12 degrés, il faudrait abandonner l'idée de traitement par les prismes, parce que le malade ne pourrait pas s'en servir d'une façon constante (à cause de son poids et de l'aberration des couleurs qu'il produit); il faudrait avoir recours au stéréoscope.
Si le prisme correcteur a moins de 12 degrés, on en prescrit au malade l'usage constant de la façon suivante : On divise l'effet entre les deux yeux, en plaçant devant chaque oeil un prisme de 6 degrés, la base en dehors pour le strabisme convergent, en dedans pour le strabisme divergent. Au bout de quelque temps (quinze jours a trois semaines), on pourra changer ces verres contre d'autres d'un degré moifis fort, et ainsi de suite, jusqu'à ce que la déviation soit corrigée. Cet effet résulte de la contraction isolée que le prisme provoque de la part de l'antagoniste du muscle auquel la déviation est due (voy. p. 661).
Ce traitement demande autant de circonspection et d'attention du côté du médecin, que de patience du côté du malade.
L'emploi du stéréoscope dans le traitement du strabisme, iproposé d'abord par M. du Bois-Beymond [Traitement ortho- \pédiqtie du strabisme dans Archiv -fur Anatomie riiid Vhysiohrjie, 1852, page 5/il), a été smiout développé par M. Jaml. On place dans chaque champ du stéréoscope un carton au centre
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MUSCLES IJE L llilL.
duqucl.se trouve un pain à cacheter noir de 2 centimètres de diamètre. Sur la même horizontale, d'un côté au-dessus du pain à cacheter, de l'autre au-dessous, sont des points plus petits, l'un rouge et l'autre vert. 11 s'agit d'obtenir un fusionnement des deux champs visuels, de façon que le malade perçoive trois pains à cacheter situés dans une verticale. Suivant que le sujet à exercer est atteint de strabisme convergent l ou divergent, l'écartement des pains à cacheter noirs variera entre 3 et 12 centimètres. Lorsque le fusionnement a été obtenu pour une distance déterminée, on modiGe progressivement cette distance, jusqu'à ce que le parallélisme soit t rétabli. On continue ces exercices d'abord à l'aide des pains > à' cacheter, et puis avec des objets de plus en plus difficUes à i fusionner (des lettres et des mots).