‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 125 sur 160 · STRABOTOMIE PAR DÉPLACEMENT DU TENDON EN AVANT · texte numérisé non relu

STRABOTOMIE PAR DÉPLACEMENT DU TENDON EN AVANT

àiiiaintenir l'œil dans l'extrême adduction. Si, pi'ndant ce temps, la sensation de la position forcée du globe oculaire met obstacle au repos du malade, on peut, de temps à autre, appliquer des compresses froides dont il ne faudrait cependant pas pi'olonger l'emploi. L'expérience a prouvé, en effet, qu'en général l'application continuelle des compresses froides après les opérations oculaires augmente l'irritation, et dispose à une mauvaise qualité de la sécrétion. De plus, dans le cas particulier qui nous

FlG. 190. — Fixation do l'œil dans l'adduclidn forcée par lo fil

occupe, nous avons encore à craindre pour la solidité de l'appareil; car si celui-ci venait à céder dans les douze premières heures, l'effet pourrait être compromis, et il faudrait le fixer de nouveau. Après vingt ou vingt-quatre heures, le muscle s'est généralement raltaché à la sclérotique. Néanmoins, si l'opéré n'éprouve ni douleur, ni réaction, on peut laisser l'appareil un jour de plus, jusqu'au surlendemain.

L'effet primitif de l'opération doit dépasser sensiblement la limite qu'on désiierait lui assigner déflnitivemeut, car le tissu cellulaire qui attache le muscle à la scléroliquc est très-extensible, et la couche musculaire finit par se retirer peu fi peu de quelques millimètres. Immédiatement après l'enlèvement du fil, que l'on pratique aisément en attirant l'anse et en la coupant avec la portion du tendon qu'elle renferme, l'œil doit se trouver dans l'angle interne de l'orbite. Cette cxti'ème convergence n'est pas définitive, car le muscle, greffé sur le bord de la cornée, se

MUSCI.ES DE l'œil.

retire peu à peu, à mesure que son antagoniste reprend la forée de ses contraclions. Cependant, le résultat peut dépasser parfois l'elTet désiré, et l'on est obligé alors d'y remédier plus tard par une ténotomie du droit interne du côté sain.

L'exécution de cette opération exige un opérateur exercé, et une certaine énergie de la part du malade condamné à vingt-quatre heures d'immoljilité avec le ûl dans l'œil. Un plus grand inconvénient de cette méthode consiste dans l'impossibilité de modifier l'effet selon les particularités de chaque cas. Nous sommes obligé chaque fois de placer la cornée tout à fait dans l'angle de" la fente palpébrale et de provoquer ainsi un déplacement définitif qui peut dépasser l'effet désiré .

11 était donc utile de trouver un procédé opératoire d'un effet moindre sur le déplacement du tendon, et qui permît de doser avec plus de précision le degré de ce déplacement. Ce procédé a été trouvé dans le déplacement du muscle en avant par une simple suture, sans emploi du fil de traction. M. Critchett (1) a recommandé et érigé en méthode, d'une manière générale, ce nouveau procédé qui a été ensuite avantageusement modifié en quelques points par de Gracfe (2).

Voici en quoi il consiste (3) :

Premier temps : Sectiox ru muscle. — S'il s'agit par exemple d'avancer le muscle droit interne, on détache très-exactemout la conjonctive du bord interne de la cornée par une incision d'une longuem- de 1 centimètre à peu près ; puis on dégage, soigncuseiuent jusqu'à la caroncule la conjonclivc du tissu sous-jacenl. Cela fait, on coupe l'insertion du muscle tout près de la sclérotique, après y avoir introduit un crochet selon le.< règles indiquées pour ïa lénotomie, et on dégage le tissi cellulaire de façon à pouvoir attirer le muscle facilement en avant.

(1) Rapport du congres do Hoidolbcrg, 1862.

(2) Archiv fiœr Ophthabr.ologw, 1863, IX, 2, p. 48.

(3) Nous .((lopterions voloiiliors pour celte opcratioii le nom dcjà proposé (le pror/ip/a', pour évilor la longueur do la pltrasc suivante : déplaccmcnl en avant du mn^clppnr la suture.

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