‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 132 sur 160 · PIILEGJION DES PAUPIÈRES, ABCÈS · texte numérisé non relu

PIILEGJION DES PAUPIÈRES, ABCÈS

Diagnostic. — La paupière est rouge et tuméfiée, et sa température considérablement augmentée; la conjonctive est généralement injectée, et fréquemment il existe un chémosis notable. Au toucher, on découvre dans la paupière un point dnr qui s'agrandit progressivement, se ramollit et donne alors la sensation de la fluctuation, en même temps que son sommet prend une coloration jaunâtre. La douleur est généralement très-forte, empêche le sommeil et s'accompagne, chez des personnes délicates, de céphalalgie et de fièvre. Enfln l'abcès s'ouvi'e, le pus s'échappe et la paupière se dégonfle.

Lorsqu'un abcès siège vei's l'angle interne (anchilops), il n'est pas toujours facile de le distinguer d'une inflammation aiguë du sac lacrymal.

Étiologie. — Les causes les [plus fréquentes du phlegmon des paupières sont des contusions ou des traumatismcs analogues.

Traitement. — Tout au début, on peut tenter d'ai'i'êler l'inllammation par l'appHcation du froid. Aussitôt l'induration reconnue, il est préférable d'employer des cataplasmes chauds et d'ouvrir l'abcès, le plus tôt possible, par une large incision parallèle au l)ord libre de la paupière. 11 faut continuer aloi's les compresses chaudes et appliquer un bandage coniprcssif pour éviter le décollement étendu de la peau.

Le furoncle ci Y anthrax des |)au|iièj'es se présentent avec tous les symptômes du phlegmon et se dislingiu^nt de celui-ci par la gangrène du tissu sous-cutané et de la peau. La peau est livide et son épidémie soulevé en vésicules, les |)ar(ics allectées forment une masse pultacée, et il résulte de cette destruction gangreneuse des pertes de substance considérables. — L'antbrax s'observe principalement sur des; j

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âges, épuisés par la misère. — Le tvuitemcnt consiste daiis une incision en l'orme de croix, pour débi'ider largement les parties atteintes, et dans l'emploi de cataplasmes chauds pour favoriser l'expulsion des matières gangrenées. Un régime ibrliflant et une médication tonique sont indispensables pour soutenir les forces du nfaladc.

La pustule maligne résulte du contact des paupières avec des matières animales en décomposition, le virus du farcin ou de la morve. On l'a observé chez des coiToyeurs, des tanneurs, des bouchers, etc. Sur la paupière gonflée et légèrement enflammée, se lève une pustule rempUede sérosité, qui s'ouvi'e rapidement et devient le siège d'une gangrène disposée à s'étendre sur les parties environnantes. Les souffi-anccs sont très-vives, le malade est pris de fièvre, frissons, nausées. Bientôt survient une grande prostration des forces el le malade succombe. Dans les cas où le malade ne meurt pas, la gangrène peut s'arrêter, el il résulte de la maladie une destruction de la paupière, souvent de l'œil et d'une partie de la face.

En même temps qu'un traitement général apte à soutenir les forces du malade, on a conseillé des incisions profonde? suivies de l'application du cautère actuel {Mackcnsic).

ECZIlMA des paupières. IIEUPÉS ZOSTEU FROOTAl.IS OU OPIITUALMICITS. AFI'ECTIOXS SYPUILrriQUES DES PALUMÉRES.

!<• L'c(;;«nfl se propage sur les paupières dans les casd'ec-. zénia généralde la face, ou il est pro\oqné par le contacl des sécrétions morbidesde la conjonclive, qui irritent la peau tinede la paupière inférieure. Si cette alVecfion dure quelque temps, la peau se rétracte et produit réversion du i)ord palpébral. Le point lacrymal étant alors dévié de sa direction normale, le larmoiement s'ajoute encore aux causes d'irritations déjà existantes.

Le Imilrment de l'eczéma consiste d'al)0i-d dans l'emploi de poudi e d'amidon que l'on peut mélanger avec une petite (|uaiililé d'dxydo de /inc. V.w saupoudrant les paupières avec

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oelle poudi'o, il faut prescrire des soins de proprélé pour éviter la formation de croûtes sur le hordpalpébral. Une fois parjour, on étend sur la peau de la paupière malade une faible solution astringente (sulfate de zinc-, acétate de plomb on nitrate d'argent, 1 gramme pour 300 grammes d'eau). L'éversion du point lacrymal, si elle persiste, demande à être <'oml)attue par une petite incision du conduit lacrymal (voy. plus loin).

'2° Le zona opIiVialmiquc débute généralement par une névralgie violente sur le parcours des nerfs frontal et nasofiliairc; après quelques jours, la peau rougit et se tuméfie : on y constate une éruption de vésicules herpétiques e^n groupes qui se réunissent, se couvi'ent de croûtes adhérentes et produisent des cicatrices profondes dont on retrouve les'traces pendant toute la vie. La région alFectée, atteinte pour longtemps d'anesthésie, reste cependant le siège de névralgies très-intenses. L'affection décrite ne dépasse jamais la ligne médiane de la face. Elle se complique souvent d'ulcérations de la cornée {EiUchinson, Boiuman) et d'iritis {Ilurncr). — Le traitement de l'atrection oculaire est celui de la kératite et de l'ii'itis. Contre les névralgies violentes qui persistent après la guérison du zona, Bowman a proposé et exécuté la névrotoniie suus-culanée.

.3" Les ulcérations S!jpli.ilitiques des paupières se rencontrent comme symptôme primaire aussi bien que comme symptôme secondaire. Ces ulcérations ont une tendance prononcée à s'étendre en largeur et surtout en profondeur, de sorte que leur siège au bord palpébral menace la paupièi'c d'une déformation ou même de la destruction plus ou moins complète. Les ulcérations syphilitiques peuvent ainsi gagner la conjonctive, mais il est rare qu'elles y débutent primitivement.'

Le traitement de ces ulcérations exige d'abord l'emploi énergique et prolongé de la médication anlisypliiliti(pu\ localement des cautérisations avec le nitrale d'argent, et un pansenuml soit avec du calonu^l à la vapeui', soit avec une légère solution de sublimé (,')0 centigrannnes pour 300 grammes d'eau distillée). Lorsfiuc les ulcères conmiencent à se cicah'iser, on enq)loie avec avantage une ponnnade au pré- <-'ipilé rouge (5 ceutigrammes pour 8 grannnes d'axonge).

MALADIES DES PAUPIÈRES

SÉBORRHÉE DES PAUPIÈRES. ÉPIIIDUOSE ET CHROMIDKOSE.

a. On appelle séborrhée m\Q. augmentation de la sécrétioa sébacée qui couvre alors la peau des paupières (ei en même temps les sillons naso-labiaux et les commissures des lèvres) d'une couche huileuse ou de petites pellicules jaunâtres. Cette affeclion. devient facilement le point de départ d'une inflammation des bords palpébraux. 11 importe donc d'enlever soigneusement toutes les masses sébacées par des lotions avec de l'eau de savon chaude, après avoir appliqué sur les croûtes jaunâtres un peu de glycérine ou d'huile. Après ces soins de propreté, on prescrit des douches ou des lotions avec de l'eau fraîche et quelques gouttes d'eau de Cologne.

b. Véphiclrose consiste dans une hypersécrétion des glandes sudorifiques, qui recouvre les paupières d'une couche de sueur qui, aussitôt enlevée, reparait toujours de nouveau. Il s'ensuit une excoriation des angles et des bords de la fente palpébralc, et enfln une conjonctivite catarrhale. Cette anomalie se rencontre rarement, et de i)référencc, chez les personnes sujettes aux transpirations. Comme traitement locni, il faut soigner les excoriations à l'aide d'une solution de nitrate d'argent (50 centigrammes pour 100 grammes d eaii), et combattre la prédisposition générale par l'hydrothérapie ot par un régime tonifiant.

c. Dans la chromidrosc, on observe une coloration bleu fonce' ou brunàire des paupières que l'on enlève facilement avec de l'huile ou de la glycérine, mais qui résiste à 1 eau pure. Le pigment enlevé reparaît au bout d'un temps plus ou moins long. Celte aiïeclion curieuse a élé observée presque toujoin-s che/.desfemmesdonlleplusgrandnombreélaient hystériques. Souvent on a pu se convaincre qu'il s'agissait d'une co oralinn arlificielle; cependant, dans d'autres cas, 1» i'.^;'»"/^; ^ l'alTec tiou paraît liors de doute. La maladie disparaît d ciiemème ; les traitements se sont montrés toujours ineflicaccs.

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