TUMEURS DES PAUPIÈRES
rieure et peuvent rester statioiinaii'es, ou s'accroître et envahùsuccessivement toute la paupière et passer clans l'orbite, ou s'étendre sur le front ou sur la joue. Elles peuvent être opére'es de difîérentes manières.
Lorsqu'elles sont d'un très-petit volume, elles disparaissent quelquefois après de simples cautérisations avec le nitrate d'argent, avec les acides nitrique ou chlorhydrique appliqués à l'aide d'une petite tige de verre. On a vu aussi des résultats heureux de l'inoculation du virus vaccin dans les petits nœvi materni des jeunes enfants. L'injection du perclilorure de fer, après la publication des cas on cette injection a été suivie d'une terminaison funeste, ne sera plus essayée, je crois, contre les tumeurs érectiles des paupières. Le séton et la ligature ne sont applicables qu'aux tumeurs de moyenne grandeur. La ligature peut être circulaire, elle étrangle alors la tumeur au-dessous d'une ou 'deux aiguilles que l'on a enfoncées préalablement à sa base. On peut aussi comprendre dans la ligature une portion de latumem- seulement, et répéter l'opération à plusieurs reprises. Un moyen excellent, et qui s'est montré souvent très-eflicace, consiste en l'application de l'électrolyse et dans celle delà galvanocaustique pratiquée soit avec un fil de platine, soit avec des aiguilles que l'on enfonce dans la tumeur sur plusieurs points. Les grands avanlages de 1 electrolyse sont l'absence de douleur, de tout danger, et de difformités cicatricielles considérables.
Pour des tumeurs érectiles d'un volume trop considérable pour être attaquées directement, on a tenté la compressiun et même la ligature de la carotide du côté malade.
7" On a encore rencontré sur les paupières, quoique bien rarement, des fibromes et des sarcomes. Ces tumeurs ne peuvent être distinguées l'une de l'autre que par l'examen microscopique, tellement elles se ressemblent dans leur apparence. Le seul signe difierentiel consiste dans la rapidité de développement et d'extension propre au sarcome {Virchow).
Llles proéminent tantôt vers la peau, tantôt elles forment Klans la profondeur de la paupière des tumeurs circonscrites et résistantes. Quelquefois les fibromes se présentent sous forme d'une plaque de consistance cartilagineuse el même osseuse.
Les fibnmies ne peuvent devenir rol)jet d'un traitement ique lorsqu'ils provoquent une gène inlol(M-;ibl,' |M.nr le ma'
(328 MALADIES DES PAUPiÈllliS.
ladc. Le sarcome, au contraire, exige une opéralioa imraé- H itliale. Ira
On a encore signalé quelques cas i-ares de lifomes des* paupières. C'étaient des tumeurs circonscrites, légèrement mobiles, donnant une sensation molle et élastique, et présentant de pelites bosseluros. Lorsque celte tumeur devient gênante |3ar ses dimensions, il est aisé de l'enlever par enuclea-^ tion, à travers une incision cutanée.
8° Èpithcliome. — Il déijute ordinairement par le bord ciliaire des paupières, notamment de la paupière intérieure dans sa moitié interne. On y aperçoit d abord un petit tu^ hercule, comme une petite verrue, presque transparent^ e) d'une teinte grisâtre; au toucher, il est bosselé et compose d( plusieurs petits boutons. Il augmente vite d'étendue et entra J dans la période d'ulcération. ,
L'ulcère est uni, son fond induré, ses bords sontirregulieB. Il est couvert d'une sécrétion sanieuse qui se dessèche a U périphérie et y forme des croûtes. L'ulcération gagne de plus en plus sur les parties voisines indurées: elle peu sBi^ rèter pour quelque temps, pui. reprendre sa marche, ou bieu cesser sur un point, pendant qu'elle continue ^^-^i ' ; distingue cette ulcération de l'ulcerat.on ^^f^^^^V^' ^ , tionnée plus haut, par lalentem de sa uiarche, 1 ^^^^f^ ouments cnvironuanls, et surtout par l'étude des anlec eduit
du malade. ^ , , .i/.rindt,
L'épithéliomc se manifeste rarement f^^^»* V;^^'. moyenne de la vie : il marche d'abord lentement, mai. bic.
plus vile lorsqu'il atteint la conjonctive.
Lcpro.o,sac de celle aiïeclion est grave; "^^^d'opéra| r,on, les rechutes sont d'autant plus a f^^^'"^^^^^^^^^^^^^ <lcslruction a été moins complète etn a pas ele poilcc jusqu dans les parties saines de la peau.
Le <mten< consiste dans l'exlirpalion par ^'^^^ dans la destruction par les caustiques. Lorsque ^^]^'^^^:^ .l'une étendue modérée et noilement lin u ee de f, o^^^^^ l'on puisse espérer de l'enlever dans sa ''^'^^ ^ ^/j « est indiquée. Il faut avoir soin de pratiquer les inc.Mon. .
BLÉPHAKOSPASME.
!os pal lies saines de la peau, et après avoir enlevé la lumeui-, • il donne à la perte de substance une forme favorable à la li ansplaiilalion d'un lambeau de la peau circonvoisine. (Voy. plus loin, l'aiiidc Blépharoplastie). D'autres chirurgiens préfèrent abandonner la plaie à la cicatrisation par granulation.
Comme caustique, on emploie souvent la potasse, la pâte au chlorure de zinc et l'acide nitrique.
-M. Bergeron a employé avec un succès i-emarquable du chlorate de potasse localement et comme traitement interne ;Voy. BuUelin de thérapeutique, t. XLVI, p. 12). Il applique .sur la tumeur des plumasseaus de chai'pie imprégnée de la •solution suivante : Eau distillée 115 grammes; chlorate de potasse 19 grammes; à l'intérieur, il le donne à la dose de 2 grammes par jour.
Le docteur Broaclbent (1) a recommandé l'acide acétique, une portion pour quatre portions d'eau, en injections et en badigeonnage, et l'on a fait des tentatives analogues avec le nitrate d'argent, le chlorure de zinc, etc.
BLÉPriAROSI'ASME.
Les états spasmodiques du muscle orbiculairc des paupières se présentent sous des formes très-diflérentes. On rencontre ainsi des contractions de courte durée dans quelques fibres du muscle, qui surviennent sans cause connue, et disparaissent sans trac^î. Les malades disent habituellement, dans ces cas, qu'ils sentent ([uclquc chose sauter dans leur paupière. D'autres fois, on observe des clignements fréquents des paupières, souvent plus désagréables pour ceux qui les voient que pour ceux qui en sont atteints. Ces clignements ont parfois pour première cause une iiTitalion (ie la conjonctive, ou une excilalion des fibres sensitives qui appailiennent aux téguments de l'œil; mais ils peuvent persister maigre la cessation de la première cause.
Généralement, on comprend sous le' nom de blépharo-
(I) Poircr, On Diseuses of thc Eijc.
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630 MALADIES ms PAUPIÉHES.
Spasme l'occlusion spasmodique de la fente palpébvale, soit qu'elle apparaisse seulement d'une façon intermittente, ou qu'elle s'établisse d'une manière continue.
Ce blépharospasme survient par différentes causes. 11 est dû tantôt à la pénétration d'un corps étranger dans le sac conjonctival; tantôt il coïncide avec certaines inflammations de i la conjonctive et de la cornée [blépharospasme scrofuleux) ; tantôt il n'est qu'un symptôme d'une névrose réflexe de lad cinquième paire.
11 faut encore citer la présence de vers intestinaux dans lef tube digestif et l'hystérie comme cause du blépharospasme. Quelle qu'en soit d'ailleurs la cause, les contractions forcées des paupières persistent souvent après la guérison de la maladie qui les a provoquées.
Souvent, le blépharospasme n'est d'abord qu'intermittent; puis il devient continu dans un œil, s'étend à l'autre, et même à des muscles voisins et éloignés. Cette dernière complication survient surtout dans le blépharoï-pasme dû à une névrose générale. C'est aussi dans ces cas que Ton a remarqué qu'U existait dans les parties innervées par la cinquième paire uni point précis où la compression du nerf contre l'os suffisait' pour faire cesser le blépharospasme.
Pronostic. —Le pronostic est grave, si l'on exceptelcscas où le blépharospasme est occasionné par un traumatisme, ou paru a une conjonctivite ou une kératite. Pour les autres cas, W guérison- est incertaine, et la contraction prolongée des pau-, pières peut avoir des suites fâcheuses pour l'œil, lîn ouh-e/ le moral et la santé générale de ces malades sounrent del'impossibilité dans laquelle ils se trouvent de se servn- de leurs yeux.
Traitement. — Dans le traitement de cette affection, il im porte avant tout d'en déterminer exact'nnent la cause, bi^ l'examen du sac conjonctival et de l'œil malade est mdispensable, on sera souvent obligé d'employer le chloroforme pour vaincre la résistance du spasme nuisculàu-e. Koconnait-on alors la présence d'un corps étranger ou unealU^ction de la cornée qui peuvent expliquer le blépharospasme, on j dirigera le traitement contre ces causes. :
Si lo blépharospasme persiste morne après la disparition des accidents inllammatoircs, ou s'il s'oppose a la guerisou
BLÉPHAIIOSPASME.
do la maladie de la cornée, ou enfin s'il est déterminé par mie néwose d'une branche de la cinquième paire, il lau! examiner si la compression exercée sur le trajet d'un de ces nerfs ne réussit pas à faire cesser ou à modérer les contractions spasmodiques. Le nerf sous-orbitaire est celui qui contribue le pins à la sensibilité du muscle orbiculaire, et c'est par lui que nous commençons nos essais de compression; mais l'expérience a prouvé qu'il ne faut pas s'arrêter là, et tenter également l'effet de la compression sur le sous-orbitaire, la branche temporale du malaire, le nerf dentaire inférieur, etc.
Quand on a ainsi déterminé le point oii la compression du nerf agit favorablement sur les contractions, on essaye généralement des injections sous-cutanées de morphine, pratiquées à ces mêmes endroits.
Il ne faudra pas oublier que le résultat dépend souvent de ce que la solution doit être portée exactement sur ce point et injectée dans la direction centrifuge du nerf. Des exemples frappants m'ont prouvé que les insuccès doivent être souvent attribués à des erreurs commises à cet égard.
Tantôt les injections de morphine suffisamment répétées produisent une guérison complète; tantôt elles ne sont suivies que d'une amélioration passagère ; d'autres fois, enfin, elles ne se montrent efficaces que comme moyens palliatifs et indiquent la nécessité d'autres essais thérapeutiques dirigés sur le point où la compression du nerf et l'injection de la solution calmante ont fait cesser passagèrement, ou du moins ont modéré les contractions spasmodiques. C'est alors que nous sommes autorisé à avoir recours à la névrotomie.
Le choix du nerf à sectionner dépend naturellement de la recherche préalable des points sur lesquels la compression de certaines l)r;inchcs de la cinquième paire réussit à arrêter le blepharospasme. Parmi ces branches nous devons citer en commençant par les moins fréquentes : le nerf dentaire mfeneur (1), qu'on sectionne dans la bouche, en dirigeant le nevrotome contre la branche montante de l'os ma\ill;.ire mtcrieur; la branche temporale du filet malaire qnc l'on atteint dans la fossette temporale même; entin le nerfsous-
(1) .^'"J;/- ^/-''rte/-^ dans le Compte rcmlu des travaux delà ^rvi-nisS' ' ' '^^ ''^■■'^^^"'""•c 1863 et cl„
632 MALADIES DES PAUPIIÏ lîF.S.
oi'bitairc, dont la section a été pratiquée déjà un lrès-grau( nombre de fois avec des résultats ditl'érents, selon la caust^fc qu'il fallait attribuer au blépharospasme (1).
L'exécution exacte de cette opération exige l'emploi di chloroforme, surtout pour les enfants. L'opérateur placé ei face du malade ou derrière lui, relève fortement de la niaii gauche le sourcil, en tendant la peau en haut et en dehors puis il enfonce le ténotome de dehors en dedans sous 1. peau, et le fait glisser le long du bord de l'arcade oi'bilaire Arrivé à 25 millimètres environ en dehors de la racine di nez, un peu en dedans de l'union du tiers interne avec ledeux tiers externes du rebord orhitaire supérieur, il lourm le trancliant de l'instrument vers l'os et y pratique une incision, en pénétrant jusque dans le périoste. Si l'on examine la sensibilité cutanée immédiatement après l'opération, oi ne trouve parfois qu'une anesthésie assez imparfaite et trèsrestreiutc, même lorsque la section du nerf a été complète mais celte anesthésie augmente dans le courant de la journcL ou du lendemain qui suit l'opération.
Il est utile d'appliquer un bandeau compressif serre pouii empêcher la formation d'ecchymoses sous-cutanées, f.enera-a" lement, les malades peuvent quitter la chambi-e quelque: jours après l'opération. La sensibilité de la peau, détruite pa:.. "la section du nerf sus-orbitaire, ne revient que très-lenlemeutii mais cette anesthésie partielle gène fort peu les malades.
SY.UliLliPlIARON ET ANIi.VLOI!!.ÉI'llAUOX. llLÉPHAHonUMOSlS.
r Vunki/hblrpharon, c'est-à-direl'adhérenee des paupière S'unc à l'autre par leurs ])ords libres, peut occuper um étendue plus ou moins grande de la fenle palpebrale. Ui l'observe, soit comme vice congénital, soit a la snile dm. lésion traumatique, surtout des brûlures, soit enlm coium- '.sultat d'une vive inflammalion de la muqueuse et du i)Oi«
re
cilHuri
(1) Voy. .1. de Grnrfr, 01)scrvalions .le section du 'H^'-f ^"^-"Î'J''tailc .aveJ rcmanines Lv les résultats obtenus par celte opc^fon Jrchiu /ucr Qplithuliiiolofjic, IS.oS, IV, 2, p. 18j.
SYMBLÉPnARON ET ANKYLOBLÉPIIARON. 633
Tmitemcnl. — L'opération consiste à séparer l'adhérence avec le l^istouri, ou, ce qui vaut mieux, d'un coup de ciseaux. 11 est prudent de passer une sonde cannelée derrière la partie oij les bcrJs de la paupière sont adhérents.
Les adhérences divisées, toute l'attention de l'opérateur îdoit se porter sur les moyens d'empêcher la réunion nou-
ivelle des bords palpébraux. Dans ce but, on a proposé un grand nombre de moyens tendant à combattre la difficullé que l'on éprouve à empêcher les adhérences de se reproitluire. Ainsi, on a cherché à maintenir les paupières écartées, en les fixant, soit au moyen de bandelettes agglutinatives, soit à l'aide d'un fil passé à travers la peau de chaque paupière et maintenu sur le front et la joue. On a auss' qu'oposé d'interposer entre les bords palpébraux des corps létrangers, de recouvrir les lèvres de la plaie de couches de coUodion souvent renouvelées, ou enfin, la cautérisation d'un des bords seulement avec le nitrate d'argent. Une ressource précieuse et facilement applicable est la suture de la conjonctive palpébrale, disséquée et renversée en dehors, avec la peau de la paupière inférieure [de Ammon). Au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures, on enlève les sutures devenues inutiles.
Cette réunion de la muqueuse et des lèvres de la plaie cutanée est tout à fait indispensable si l'on a affaire à des bi'ides cicatricielles siégeant vers les angles de l'œil ; car, sans cela, les angles de la plaie se réuniraient toujours et raccourciraient la fente palpébrale. 11 est donc nécessaire, après avoiiincisé la bride cicatricielle, ou après l'avoir excisée si elle est large, de pratiquer la seconde partie de l'opération du blépharophimosis ou une véritable cantoplastie (voy. plus loin la description de ces opérations).
L'ankyloblépharon se complique fréquemment d'adhérences :lelapaupière au globe, et il est important de connaître l'éten- :lue de cette adhérence, avant d'entreprendre une opération [ui serait inutile si la conjonctive palpébrale était adhérente à loutcla surface de la cornée. On en juge surtout par la mobilité de l'œil derrière les paupières, en engageant le malade i renuicr le globe et à essayer d'ouvrir et de fei^ner WvW. f)n peut encore, dans le même l)ut, passeï- un slylet dans l'ouverture de l'angle interne ou externe, s'il en existe une, et examiner si l'instrument peut, ou non, se mouvoir librement 3n haui et en l)as, dans l'espace oculo-palpébral.
MALADIES DES PAUPIÈRES
2° Le symblépharon, c'esl-à-dire l'adhérence entre la conjonctive de la paupière et celle du globe oculaire peut èti'u, partielle ou totale. Dans le premier cas, il s'agit d'une In-idiplus ou moins large qui unit la conjonctive palpébrale au l)ulbe et laisse le cul-de-sac libre; dans l'autre forme, celui-ci participe à la réunion anormale.
Lorsque le symblépharon se présente sous la forme d'une couche épaisse, il porte le nom de symblépharon sarcoraafeux; si la conjonctive est en même temps atrophiée ou dé-îruite, le symblépharon est membraneux ou fibreux. Cet étatii survient à la suite de brûlures ou d'ulcérations de la conjonctive bulbaire et palpébi'ale.
Le pronostic du symblépharon est d'autant plus grave qu'il est plus étendu, que le cul-de-sac conjouctival y participen davantage, et que le tissu s'est transformé sur une plusr grande surface en tissu cicatriciel.
Traitement. — Le symblépharon devient l'objet d'une opé-j ration lorsque son étendue et sa position empêchent les mou-", vemenls de l'œil ou des paupières, ou dans les cas où il recouvre une partie de la cornée, et occasionne des (roubles de la vue. Le procédé opératoire à employer contre le symblé-î pharon, ainsi que le succès de cette opération, dépendentJ en grande partie, du siège et de l'étendue de la portion intermédiaire qui réunit la paupière au globe de l'œil. Ainsi, i lorsqu'une simple bride est étendue de la paupière à la con-!l Jonctive bulbaire, il est facile d'en obtenir la séparation àl l'aide d'une ligature dans laquelle on serre étroilement la iii ide cicatricielle. S'il arrivait que la bride lût plus largo, on • pourrait réussir à l'aide du même moyen, en employant deu\ 'igatures, dont chacune embrassei-ait la moitié de la partie membraneuse qui s'étend de la paupière sur le globe de l'œil. Une fois la séparation obtenue, on enlève la partie de la bride qui adhère à la cornée ou à la conjonctive bulbaire, dont on peut réunir la i)laie par quelques points de sr.lure. <;e n'est que lorsque cette plaie est complètement cicatrisée qu'il faut enlever la portion de la bride qui adhère à la conjonctive palpébrale.
On a employé un procédé analogue même pour les syi 1 Itinharous com[)lets. Cln traverse le fond du syinbléphan
SYMBLÉPHARON ET ANKYLOBLÉPHARON.
avec une aiguille-lance, dans la direction de la gouttière palpëbrale et aussi profondément que possible. Puis, on engage dans la plaie ainsi faite un (il de plomb dont les deux bouts peuvent être recourbés aux angles de la fente palpëbrale dont ils émergent. D'autres opérateurs réunissent les bouts du fd et, de temps en temps, serrent le nœud un peu plus fortement (voy. fig. 195). On doit laisser le fil en place
FiG. 19ô. — Oiic'ralioii dû symblépharon pai- l'inlroduclion d'un fil do plomb,
jusqu'à ce que son trajet soit cicatrisé, et l'on coupe alors l'adhérence comme nous l'avons décrit plus haut pour le ■ symblépharon incomplet.
Ln autre procédé plus rapide, mais peut-être moins sur, employé contre le symblépharon complet, est le suivant, indiqué pax Arlt : Pendant qu'un aide sépare la pauiùèrc du .globe, de façon que la portion interuiédiaire soit fortement tendue, l'opérateur passe un fil de soie assez fort à travers la portion du sym])lépliaron qui est la plus pi'oclic de la cornée; il l'attire, la coupe aussi près que possilde de la cornée, et dissèque avec un bistouri ou avec des ciseaux la surface bulbaire jusqu'au fond du cul-de-sac coiijonctival. Ceci fait et l'écoulement du sang bien arrêté, on iiiiiiiit les exti'émités du fil d'uue aiguille que l'on l'ait passer, de dedans en dehors, à ti-avers la paupière près de son bord orbitaire. On attire 1 ;s deux extrémités du 01 au dehors et l'on lient ainsi l(>s adiiérencps abattues sur la face inlerue de la pau-
MALADIES DES PAUPlÈUES.
pière, de manière que la face cutisée du lambeau soit en >j contact avec la plaie conjonctivalc. Cette dernière est réunie (, par deux ou trois points de suture (voy. fig. 196). Lorsque
Fie. 196. — Opéraliou cUi syniblqiliaron (mélliode d'Arll).
la plaie conjonctivale est cicatrisée, on peut exciser le lam- ' beau laissé sur la paupière. I
Une opération bien ingénieuse du symblépharon est celle • I
de la transplantation, dont nous faisons suivre la description- !
telle qu'elle a été donnée par l'auteur lui-même, M. Tectle. '
Après avoir fait une incision à travers la paupière adhérente, dans une ligne correspondant au bord de la cornée • i
(voy. A, fip. 197), on dissèque la paupière du globe jusju. ce que ce doriiier soit aussi libre dans ses mouvements que .s'i n'y avait jamais eu d'adhérence. Ainsi, le sommet du symblé
XilU-Uj/
SYiIBLÉPHARON ET ANKYLOlSLÉPIIAnON. 637
pharon forme par la peau palpébrale reste adhèrent à la cornée.
Ceci fait, on dissèque deux lambeaux de la conjonctive bulbaire, de la forme et de la grandeur des lambeaux B et C, représentes dans la figure 198. On détache pour ces lambeaux la conjonctive seule, sans le tissu sous-conjonctival, et il faut avoir soin de les détacher suffisamment pour ' pouvoir, sans peine et sans tension, les étendre sur l'ancien emplacement du symblépharon. Les deux lambeaux ainsi préparés sont placés dans leur nouvelle situation de la manière suivante (voy. fig- 198) : Le lambeau interne B est étendu sur la surface dénudée de la paupière, ayant son sommet réuni à la conjonctive saine, vei-s l'angle externe de la plaie. Le lambeau externe C doit cti-e attaché sur la surface dénudée du globe de l'œil et avoir son .sommet réuni à la conjonctive, près de la base du lambeau interne. Si les lambeaux ainsi altachésprésentcnt une tension exagérée, il faut y obvier par de petites incisions de la conjonctive près de leur base.
En dernier lieu, on réunit la conjonctive au-dessus dos endroits on l'on a pris les lambeaux (D, E, fig. 199) et l'on applique avantageusement quelques points de suture aux Loi'ds de la conjonctive transplantée, pour empêcher leur enroulement. La portion du symblépharon (A) laissée sur l,i cornée s'atrophie et finit par disparaiire.
Lorsqu'un large symblépharon embrasse une grande portion de la conjonctive et recouvi-e presque entièrement la cornée, quel que soit le procédé que l'on emploie, on aurait tort d espérer un succès complet et définitif. 11 ne faut pa'^ non plus, se livrer trop, tôt à de vaines espérances, car le résultat est souvent moins satisfaisant <[uclque temps après 1 opération. Par conséquent, le symblépharon doit être con^ .sidere jus({u ici comme une des lésions auxquelles il est le plus dilticile de remédier.
f î^c bUpharor^ImnuHh consiste dans un rétrécissement de la lente palpel.rale qui a aior. diminué de longueur, les anmi:yi:ii.
Fig. -ira.— DépliiccnionI du Innibeaii de l.i conjonctive fiir l;i siu'f.icc dénudée du synddé|ili.':roii et applicalioii des sulnrrs.
(;38 MALADIiiS DILS PAUPIÈRES.
gles de l'œil s' étant rapproches. On le combat par une opéra- Uon désignée généralement sous le nom de cantophutie.
Cette opération trouve aussi son application dans certains cas d'ankyloblépharon (voy. plus liaut), ou de rétrécissement cicatriciel de la fente palpébraie , dans quelques formes d'ectropion avec raccourcissement du bord libre de la paupière et, enfin, lorsqu'on veut diminuer la pression des paupières sur le globe de l'œil, à cause de la présence de granulations palpébralos.
L'opération est exécutée de la manière suivante : On pratique une section de la commissure externe dans toute son épaisseur et dans le prolongement direct de la fente palpébraie. Cette section peut être faite à l'aide d'un ])istouri, dont on fait glisser la pointe entre le' globe de l'œil et la commissure externe. On traverse alors, avec la pointe de l'instrument, toute répaisseurdes téguments de dedans en deliors et, poussant le bistouri en avant, on divise facilement toute la commissure. Cette section se fait peut-être plus facilement encore U'aide de ciseaux droits, dont on introduit une des bran h s derrière la commissure; toujours est-.l que la 1^ /^^^ peau doit avoir une étendue de quelques m.lUmeli e. do plus
^^7a 'rr'Jommissnre ainsi .liie. on mit exercer
par un ad une traction modérée en haut et en bas smbj ds de la plaie, de sorte que la seclion ^l^or.zontale es^ '^lïslbrmée en une section verticale. l'fP -l^':,^^:;;^^^^ la conj.mctive au centre de la secl.on, la ^^^^'^^^^^^ guille''très-nne munie d'un tilde soie, ^^''^^ j.;^ 'et ?ea,i exierne également au centre de la ;^^cl,on a a^u ^ lot endroit avec l'aiguille et, en fermant ]^ ^^u^^^Ur burds correspondants delà muqueuse et de la peau. P
FiG. 200. — Caiiloplasiic.
TARSOnRHAPHIE. 639
plique encore deux sutures de la même manière vers Ics^ angles de la plaie (voy. fig. 200).
M. Cusco pratique la cantoplastie de la façon suivante : Il taille, à l'aide de deux incisions qui divergent à partir de la commissure palpébrale externe, un petit lambeau cutané triangulaire, à base tournée en dehors, à sommet interne. Ces deux incisions ont chacune 1 centimètre 1/2 à 2 centimètres de longueur. On dissèque ce lambeau jusqu'à sa base, puis on sectionne avec un bistouri boutonné le cul-de-sac externe de la conjonctive de dedans en dehors. Enfin, on fixe par un seul point de suture le sommet du lambeau au fond de la plaie, en prenant avec lui le cul-de-sac conjonctival.