‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 141 sur 160 · N0MALLES DES POINTS ET DES CONDUITS LACRYMAUX · texte numérisé non relu

N0MALLES DES POINTS ET DES CONDUITS LACRYMAUX

emploi exige, cependant, la plus grande précaution, pour éviter la déchirure de la muqueuse dont la cicatrisation ne tarderait pas à rétrécir davantage le passage. On peut alors produire la dilatation successivc;, en employant des stylets de plus en plus gros ou un petit instrument à valves mobiles (dilatatorium de Bouman ou de 'Desmarres) (fig. 252), construit dans ce but.

Lorsque le conduit a été converti en une gouttière permanente, si les larmes coulent encore sur la joue, c'est une preuve qu'il existe une obstruction dans un point plus éloigné des voies lacvymaies. Le siège de cette obstruction est parfois près de l'origine interne du conduit lacrymal, à l'endroit où ce dernier s'ouvre dans le sac. On peut s'en

Fie. 252.

assurer en poussant une pclile sonde à itout olivaire dans le conduit et en la dirigeant vers le sac, c'est-à-dire en dedans ot légèrement en liaul. Dès que l'on arrive sur le rétrécis-

M.VLAlilKS DES VOIES L.VCUY.MALES.

.sèment, on sent une résistance élastique, et à mesure que l'on pousse la sonde, on voit les téguments evleriies de la paupière qui avoisinent ce point se mouvoir avec la sonde.

En cas d'obstruction du conduit inférieur, on peut explorer le conduit supérieur, le fendre (voyez plus loin) et s'il suffit à l'écouleinent des larmes, s'en tenir là. Si l'on ne peut faii-e pénétrer une sonde mince dans le sac par aucun des deux canaux, et si le malade est trop gêné par le larmoiement, pour qu'onlaisse les choses dans cet état, je me sers du procédé suivant: J'introduis dans le conduit lacrymal, aussi loin que possible, une petite sonde creuse renfermant un trocart (voy. fig. 253). Dès que j'arrive sur lè rétrécissement, je fais saillir la pointe du trocart, et tout en exerçant une forte tension sur la paupière à l'aide des doigts de la main gauche, je pénètre dans le sac. Ayant ainsi franchi l'obstacle, je retire le trocart, et j'empêche l'occlusion de l'ouvei'ture en y introduisant tous les jours une sonde.

Si celte introduction, pratiquée avec soin et persévérance rencontre trop de difficultés, j'agrandis l'ouverture à l'aide <run bistouri, et souvent je réussis ainsi à éfablir une communication défmitive entre la conjonctive elle sac lacrymal.

r\T.ilUIIlK nu SAC LACllVMAL ET CA\AL XASAI,. nACUYOCYSTOULEi\".\( >iUUM' E.

Celte afreclioli se développe dans la majorité des cas trèslentement et d'une façon insidieuse. Les nuilades s'aperçoivent d'aboi'd d'un larmoiement plus ou moins prononcé, <[\ù augmente Iors(|u'ils s'exposent au froid ou à riiumidité, ou sous l'inlluence d'une cause irritante pour les yeux, nientôt, la région du sac lacrymal gonlle périodifiuemcnt, et sur une légère pression on voit jaillir des points lacrymaux un liquide nuuiueux ou une sérosité ressemblant au blanc d'anif. D'autres fois, ce licpiide passe par le nez, lorsqu'on exerce une pression sur le sac laci'vmal. Dans le premier cas, le contact du ( iil-de-sac conjonctival avec ces matières devient une ^"urcc iMMpétuelle de conjonctivites ou de blépharrtes.

!.a i|ii;inli((' (le vo\l{> s(''crélion anormale (]ne l'on doitallri-

CATAllRHE DU SAC I.ACllYJIAL ET DU CANAL NASAL. 689

Imer à un gonnement catarrhal de la muqueuse du sac lacrymal est proporlioiince au degré d'irritation et à son étendue.

Les produits sécrétés amènent petit à petit une distension du sac lacrymal, qui peut devenir assez considérable pour établir une tumeur Irès-gêiiante pour le malade [hernie du sac lacrymal). Tant que la distension du sac n'est pas très-notahle, le catarrhe des voies lacrymales peut guérir spontanément. Celte distension survenue, la guérison spontanée peut encore s'établir à la suite d'une complication avec un pblegmou aigu : voy. plus loin).

Étiologic. — Le catarrhe du sac lacrymal résulte souvent d'une inflammation, soit de la muqueuse du nez, soit de la conjonctive palpébrale; d'autres fois, il survient après dos rétrécissements du canal nasal ou des conduits lacrymaux. Enfin, dans bien des cas où il parait exister à l'état idiopathique, il peut être attribué à une étroitesse naturelle des voies lacrymales, qui coïncide tantôt avec un aplatissement prononcé du dos du nez, tantôt avec une forte saillie des os propres du nez.

Traitement. — La première indication de ce traitement est de combattre l'état catarrhal de la muqueuse du nez ou des paupières, lorsqu'il est la cause de la maladie.

Il suffit, dans beaucoup de cas, d'employer des injections d'eau dans les narines, ou de faire aspirer par les narines, pendant un certain temps, de l'eau salée ou de l'eau chlo rurée, et de prescrii'e en même temps un traitement iiènéral apte à faire disparaître chez ces malade» une disposition générale au catarriie des muqueuses.

Cependant, il ne tant pas ôublier que le larmoiement seul peut avoir provoqué l'irritation de la conjonctive et empêche sa guérison. De là résulte une autre indication non nioins importante, celle de réialdir la perméabilité des \oies lacrymales, et de prévenir la stagnation des liquides.

Dans ce but, il s'agit d'obtenir un accès dans le sac lacrymal qui permette d'abord l'expulsion facile des matières qu'il ( ontieiit, et ([ni permette aussi l'introduction d'uiu< sonde (l'un volume modéré, pour examiner l'état du canal nasal et pour le dilater en cas de rétrécissement. M. Ihwman

triomphé de celte difficulté par un procédé qu'il a exposé dans les Ophthalmic Eospital reports à' oclohre 1857 (1).

Ce procédé est le suivant; on commence par ouvrir le conduit lacrymal inférieur, comme 'nous l'avons décrit plus haut, page 68^ ; la communication que l'on établit ainsi avec le sac lacrvmal permet de le vider facilement par une pres-^ sion exercée extérieurement, et d'empêcher ainsi l'accumu-' lation des matières.

Pour examiner l'état du canal nasal, on choisit une des plus fines sondes de Bowman, dont la série comprend •six numéros. Ces sondes faites d'argent malléable ont leur <;aUbre gradué, de telle sorte que le numéro 1 présente les •dimensions d'un crin très-fort, tandis que le numéro 6 a un peu plus d'un millimètre de diamètre. Je me sers de préférence des sondes à bout olivaire, qui me paraissent pénétrer plus facilement, etquisont peut-être moins sujettes a déchirer la muqueuse et à faire fausse route. On donne à la sonde .dont on veut se servir la courbure jugée utile pour pénétrer à travers la continuité des voies lacrymales.

L'introduction de cette sonde par le conduit lacrymal intérieur se fait de la manière suivante : de la main gauche on tire le bord palpébral en dehors, puis on introduit la sonde dans le canal du conduit fendu dans lequel on la fait glisser doucement vers le sac, en dirigeant son extrémité en dedans ■ et un peu en haut. On s'avance ainsi, sans secousses, jusqu â ,ce que la sonde rencontre une partie ferme et résistante. La sonde a pénétré alors dans le sac, et il est temps d en changer .complètement la direction. Son extrémité restant dans le sac, ■on imprime à la sonde un mouvement circulaire, jusqu a ce qu'elle se trouve en ligne droite avec la direction du canal nasal. En même temps, on ne quitte pas la paroi posterieuie du sac le long de laquelle la. sonde doit glisser dans le

On cherche alors l'orifice supérieur de ce canal, et dans la plupart des cas, si l'on a l)ien suivi les règles que nous venons d'iildiquer, on n'aura pas de diiricullé a y pénétrer Ctp dant, lorsque la muqueuse est foriement S')""^;^' J .'égare parfois entre les plis qui entourent cet orifice. U L " bien se garder d'employer la force pour y pénétrer. Toutes les fois que l'on sent un obstacle, il faut retirer un peu la

* (1) Voy. aussi Antinles d'oculisUquc. l. XXXIX, p. 78.

Page 1