‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 144 sur 160 · PHLEGMON DU SAC LACRYMAL · texte numérisé non relu

PHLEGMON DU SAC LACRYMAL

et l'on éloigne les lèvres de l'ouverture extérieure au moyen d'érignes ou de petits râteaux d'acier à pointes mousses, r.ette^méthode, qui n'est pas sans effrayer le malade, détermine facilement une lésion du périoste ou des os. Elle donne, en outre, naissance à une cicatrice enfoncée, qui imprime aogrand angle de l'œil une déviation disgracieuse':

L'emploi du fer rouge a été donc presque complètement abandonné pour celui de la galvanocaustique. On se sertcVun I fil de platine recourbé sur lui-même, et enveloppé d'un manche de bois. Ce fil porte à son extrémité libre une petite boule que l'on introduit dans le sac. Les deux rhéophores communiquent à l'autre extrémité du manchon de bois, et l'on peut interrompre à volonté le courant électrique au moyen d'un ressort métallique établi au miheu du manche, et muni d'un bouton mobile.

De toutes manières, il faut opérer avec soin sur les orifices I internes des conduits lacrymaux, et promener légèrement le cautère sur le reste de la muqueuse. Cette cautérisation n'excite presque aucune douleur, et ne donne pas lieu à une réaction excessive que l'on pourrait toujours prévenir d'ailleurs, en appUquant des compresses froides et un bandeau compressif.

Lorsqu'on veut se servir, pour la destruction du sac, des caustiques solides, on peut employer avec avantage le porte-caustique de M. Delgaclo (1). Les valves mobiles de cet instrument fournissent un écartement considci'able des lèvres de l'ouverture, et permettent de porter directement le caustique sur l'embouchure des conduits. Au bout de quarantehuit heures, il faut enlever l'eschare épaisse qui recouvre la muqueuse, et appliquer un bandage assez serré pour rapprocher les surfaces du sac.

L'insuccès de la cautérisation dépend quelquefois de l'altération de la muqueuse épa'issie sur laquelle le causlifiuc agit difficilement. Il peut devenir nécessaire alors fie faire précéder la cautérisation de l'excision de la membrane qui tapisse le sac.

M. Berlin, de Stuligarl , a publié un certain nombre de cas dans lesquels il avnlL ()i)[cnu l'olilitératioii du sac par l'excision de la muqueuse seule, qu'il a enlevée tantôt dans sa

(1) Voy. Annales d'ocuUslique, l. LV, p. 23G.

lolalité, taiilôt par petits lambeaux et en plusieurs séaiioes (1).

Quant aux méthodes instituées pour établir artificiellement

un canal de communication entre le sac lacrymal et les fosses 1, asales, par la perforation de l'os unguis, méthodes (|ui ont été reprises p!lr MM. Feltz et Giraud-Tmhm , leur eflicacité n'a jamais été démontrée, et il ne paraît pas utile d'insister longuement sur ces essais qai, d'après nos connaissances actuelles de l'anatomie liistologique et pathologique des os, ne promettent pas de résultais satisfaisants.

INFLAMM.' riON DE LA GLANDE LACRYMALE (dARCYOADÉNITe) . HYPER- TROPHIE ET TUMEURS DE LA GLANDE LACRYMALE.

i" V inflammation de la glande lacrymale, d'ailleurs excessivement rare, produit un gonflement plus ou moins co'.isidérable au bord supérieur et externe de ror])ite. La paupière supérieure est tumétiée et hypéréniiée, la conjonctive injectée avec chéniosis. Si le gonflenu^nl est considérable, le globe de l'œil peut être déplacé enl)as et en dedans, et ses mouvements sont gênés lorsque le malade veut le diriger en haut et en dehors.

L'inflanniiation de la glande lacrymale est rarement aiguë. IJans ce cas, le toucher de la région indiquée est exccssi- Yement douloureux, le gonflement considéralde : ony perçoil de la fluctuation; la peau perce et le pus s'échnj>pe de cette ouverture. Celle-ci peut se fermer au bout de quelque temps, ou persister, et une fistvh do ht (jhnnlc Iitcrj/malc s"étal)lit, à travers de laquelle les larmes s'écliappenl. La même terminaison peut aussi survenir dans l'inflanmiation chronique de la glaiule lacrymale.

CeHe-ci, que l'on a vne plusieurs fois survenir des deux côtés en même tein|)s, est due surtout à des Iraumalisnies ou à des refroidisseinenis. A l'état cbroni(i\ie, elle a été ol)servée sur des sujets qui avaient longlemps souffert de

(t) \ ny. Compte voulu des sénnecs de la Société ophthalmologique de lleidciherg (session de 18G8). Dans les Annales d'oculisttqiie do janvier-février t.SfiO, p. C3.

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