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ULCÈRES DE LA CORNÉE

aqueuse qui s'amasse derrière la cicatrice, la distend de plus en plus et forme une ectasie cicatricielle qui a reçu le nom de staphylôme total (fig. 34). Le cristallin, dans ce cas, peut avoir été expulsé au moment de la perforation, mais le plus souvent il est retenu dans l'œil.

La distension de ce staphylôme se fait quelquefois d'une manière irrégulière, soit que l'iris ait contracté des adliéreuces avec la surface de la cristalloïde qui le retienne par places, soit que le tissu cicatriciel qui recouvre l'iris ne cède pas partout avec la même facilité à la pression de l'humeur aqueuse. En ce cas, le staphyh'îme paraît bosselé et a reçu

FlG. 35. — Staphylôme en grappe : A, A', bosselures de la surface; B, B', liiuile (le la cornée; C, filament celluleux.

le nom de staphylôme en grappe {stapfiyloma rucemosum) (flg. 35).

En résumé,, la kératite suppurative peut se terminer : 1° par une guérison sans opacité de la' cornée ; 2° avec opacité susceptible ou non de s'éclaircir (taie et leucoma); 3° U peut en résulter une kératocèle avec altération de courbure de la membrane; k" une perforation avec toutes ses conséquences.

Pronostic. — Si les ulcères sont petits, superficiels, grisâtres, les symptômes inflammatoires assez prononcés, ' et' si l'individu atteint est jeune, le pronostic est assez favorable. Les ulcères atoniques donnent un pronostic l)ien plus mauvais, ' ^^.^"^5 '''"clanfc à s'agrandir, et à cause de l'impos-

isibilité dans laquelle nous nous trouvons souvent, de pré- ■ venir une destruction étendue. Les troubles visuels que nous 'avons à prévoir dépendent de l'étendue et du siège de llopacitéqui restera après la guérison. Les leucomasadhérenls

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I);ii1iciijeiil, on outre à Ions les dangers qu'occasioiment les synéchies, soit directement par le tii'aillenicnt de l'iris, soit indirectement par le déplacement du cristallin. (Voyez plus loin iritis et glaucome.)

Enfin, lorsqu'il y a cicatrice staphylômateuse, le pronostic est toujours fâcheux, à cause des altérations de la courbure même des parties saines de la cornée, et à cause des complications qui peuvent encore, api'ès des années, amenei' la perte de la vision. .

Les perforations très-étendues peuvent conduire à la cécité par l'atrophie du glol)e ou par la formation d'un staphylôme total.

Ètioldgie. — Elle est la même que celle des abcès de la cornée. * 'fî

Traitement. — L'objet du traitement local est de diminuer' les symptômes inflammatoires, d'arrêter les progrès de l'ulcération et d'activer le travail i-éparateur. En cas de forte in jection sous-conjonctivale, de chaleur, de photophobie et di douleurs intenses, on peut appliquer quelques sangsues chez les individus dont l'état général n'est pas affail)li, instiller de l'atropine, faire des frictions sur le front avec la pommade belladonée, apphquer le bandeau compressif et faire au besoin des iujections sous-cutanées de morphine. Il faut s'abstenir l'igoureusement de tout collyre astringent ou caustique. En cas d'ulcère atonique, le moyen principal consiste dans l'emploi des compresses chaïules.Èn même temps, on instille de l'atropine, et, dans l'intervalle des applications des compresses, on emploie le bandeau compressif pour éviter le coup des paupières qui empêche la régénération de 1 épithélium, et pour servii- d'appui à la cornée amincie contre la pression intra-oculaire. Cette pression est une des causes principales qui s'opposent à la nulrilion normale et au travail^ réi)arateur du tissu cornéen. Elle nécessite souvent l'intervention chirurgicale pai- des paracentèses répétées de la chambre antérieure.

Lors(iuc la perforation de l'ulcère menace, il est urgent de la prévenir par une paracentèse pratiquée à la partu' la plus mince de l'ulcération, et d'enq)êcher ainsi la déchn'ure irrégvdière et les conséquences funestes (pii résidlent d une perforation spontanée de la cornée. En cas d'hypopum. sur-

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tout lorsque celui-ci est considérable, on s'efforce d'évacuer les masses purulentes, en pratiquant avec un petit couteau lancéolaire une incision au .iord inférieur de la cornée, tout près de la sclérotique. Le pus se reproduit souvent et nécessite, soit la réouverture de la plaie (à l'aide d'un stylet boutonné), soit une nouvelle paracentèse.

Dans ce cas, on a conseillé aussi de pratiquer une iridectomie, qui d'ailleurs devient souvent nécessaire plus tard, pour établir une pupille artificielle, à cause des opacités centrales de la cornée, consécutives à la maladie. (Voy. iridectomie.)

M. Saemtsch a conseillé dernièrement, dans les cas d'ulcères atoniques avec grande tendance destructive, de pratiquer une incision transversale avec le couteau linéaire de Graefe, à travers toute l'épaisseur de la cornée, d'un bord de l'ulcère à l'autre, et de rouvrir la plaie à plusieurs reprises, même pendant quelques semaines.

En face d'un ulcère stationnaire dont la guérison commencée s'arrête complètement, il devient nécessaire d'avoir recours à une stimulation dii'ecte, en enlevant avec une curette les matières qui en recouvrent le fond, et en touchant celui-ci légèrement avec un crayon mitigé très-pointu. Cette petite opération exige de la part du médecin beaucoup de prudence et de savoir-faire. Dans les cas d'ulcères statiounaires vascularisés, l'on a employé avec avantage la section des vaisseaux près de la cornée, ou môme une syndectomie partielle. Enfin, on a vanté pour ces cas et pour ceux où les ulcères récidivent fréquemment, les bons effets d'un petit séton formé d'un double fil de soie appliqué à l'aide d'une aiguille ordinaire à la région temporale sous les cheveux. (Critchett.)

Pendant toute la durée de la maladie, il faut continuer le bandeau compressif et l'atropine. Celui-ci n'est contre-indiqué que lorsque la cornée est menacée d'une perforation vers sa périphérie. Dans ce cas, il devrait être remplacé par l'extrait deCalabar, pour éloigner le bord pupillaire de l'endroit de la perforation.

Lorsqu'à la suite d'une petite perforation il se produit une adhérence de l'iris à la coi'née, on emploie avec avantage 1 atropine et le calabar alternativement, pour forcer l'action des muscles de l'iris, tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre On essayera encore, par les nuMues movens, de iV>(hiire h's

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prolapsus récouls de l'iris ; mais lorsque le prolapsus est-déjà distendu, il faut employer les ponctions répétées de la partie heruiée, et si cela ne suffit pas, la diviser avec le couteau linéaire de Graefe et l'exciser soigneusement avec des ciseaux courbes. La cautérisation du prolapsus irien avec le nitrate d'argent, dans le but de le faire disparaître, doit être rejetée, parce qu'elle est dangereuse et ne remplit pas son but. Elle ne peut servir que lorsque le prolapsus commence déjà à se vasculariser et à s'épaissir, pour activer ce processus et la formation de la cicatrice.

Lorsque le cristallin a suivi le prolapsus de l'iris, on ne peut penser k le conserver, et dans l'intérêt même de la cicatrisation, il vaut mieux, lorsqu'on le voit dans l'ouverture, le faire sortir de l'œil, en ouvrant sa capsuk.

En cas d'adhérences solides entre l'iris et la cicatrice staphylômateuse de la cornée, il faut pratiquer une iridectomie, soit parce que la pupille centrale ne peut plus servir à la vision, soit et surtout parce que, dans- ces cas, l'augmentation progressive de la pression intra-oculaire menace l'œil d'une cécité ultérieure (de Graefe).

Les fistules persistantes de la cornée, qui ne se ferment périodiquement que pom- s'ouvrir de nouveau, sont d une guérison très-difficile. Il faut essayer d'abœ-d l'usage de l'atropine, du Calabar et un bandeau compressif , puis la caul énsation de latistule, parl'introduction dansl'ouvertnre fisluleuse d'une aiguille trempée dans le nitrate d'argent. Ce moyen est assez dangereux, parce qu'on peut blesser la capsule, et qu'il doit produire en outre une opacité petite, mais persistante.

Le traitement des staphylômes sera exposé dans le chapitre des anomalies de courbure de la cornée.

Avant de terminer ce chapitre, nous insistons encore une fois sur le rôle important du bandeau compressif pendant toute la durée de l'ulcération, pendant la période de régénération, et enfin, pour prévenir la perforation ou en arrêter les suites si elle a eu lieu.

Le traitement général est le même que celui que nous avons indiqué h propos des abcès de la cornée.

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