‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 31 sur 160 · S(a|ibylôiiio pclliielde. ,î · texte numérisé non relu

S(a|ibylôiiio pclliielde. ,î

a. Cornée conique, kémtoconiis (flg. 36). — Lorsque cette ma- • ladie est arrivée à un certain degré de développement, on i

FlG. 3U. — Kéraloconus.

constate facilement la distension conique de la cornée, dont t la pointe mousse et an-ondic, formée généralement par le ■ centre de la cornée, plus rarement par une partie périphérique, s'élève à une certaine hauteur et présente dans un i certain nombre de cas une légère opacité.

Cette altéiation dans la forme de la cornée s'accompagne • detroui)h's visuels considérables, dont la cause l'éside d une

ST.U'IIVI.ÙM]' l'KLI.LCIliK DE LA OOllNÉK. l/j3

)art dans rallongement extraordinaire de l'axe antëi;o-poste-. ■ieur du globe oculaire, et. d'autre^ part dans l'irrégularité le la réfraction, qui est beaucoup plus puissante au sommet lue dans la partie déclive du cône (Astygmatisme irrégulier). )e là, une myopie excessive, de lapolyopie et une amblyopie si ;onsidérabIe, que l'acuité de la vision descend jusqu'à 1/30 )u l'/50 de la force normale. Les malades qui s'aperçoivent )ientùt qu'ils améliorent sensiblement leur vision, en rétrécissant leur fente palpé])ralepour exclure une portion des rayons umineux, contractent l'habitude de cligner des paupières.

Si l'affection ainsi développée est facile à reconnaître à prenière vue, il n'en est pas ainsi au début de la maladie. Les naïades accusent alors un trouble de la vue, survenu inseniblementet accompagné de myopie, qui ne peut être corrigé [ue très-imparfaitement par des verres concaves; maislechan- ;ement de couj;l)ure de la cornée est si peu prononcé, que .our s'en rendre compte, il faut comparer la grandeur des eflefs cornéens avec celle des reflets que présente un œil lormal. (Voy. p. 6.)

Un moyen très-précis consiste à projeter obliquement [es rayons lumineux sur la coi-née, à l'aide du miroir réiecteur de l'ophthalmoscope. Il se pi'oduit aloi's une ombre res-visd3le, sur le côté opposé de l'ectasie, et cette ombre tiange de place si nous varions la direction dans laquelle le aisceau lumineux tombe sur la cornée.

Marche et terminaison, — L'ectasie se développe "énéraleiient insensiblement, mais on rapporte aussi des faits où e serait survenue subitement. Arrivée à un certain de-ré lie peut rester stalionnaire pour toujours ou augmenter enore au bout de quelque temps, sans qu'il se produise jamais ine perforation spontanée. La maladie attaque très-souvent am^ yeux successivement, et ne guéi-it jamais spontané-

Pronostic. - Les moyens cm.ployés jusqu'il v a quelques ■nnecs, soit pour améliorer la vision, soit pour arrêter la aarche progressive de l'ectasie, produisaient des résultats si mparlaits, qu au point de vue de la vision, le pronostic des •eratoconus était certainement mauvais. De Gi'aefe a proposé 1867 une nouvefle méthode opératoire, ayant po "r ^ ni ■aplatn- la co-.iée, dont les excellents résuuL

COHNÉE ET SCLÉROTIQUE.

définitifs, de sorte que depuis ce temps, le pronostic de cette affection est devenu bien plus favorable. ,

Étiologie.—La cause de cette afi'ection repose certainement! dans un trouble survenu dans l'équilibre entre la pression i intra-oculaire, et la résistance de la cornée qui est considérablement amincie. Cet équilibre paraît être rompu, non pas , par une augmentation de la tension oculaire, mais par une processus atrophique des parties centrales de la cornée.

Traitement. — Les lunettes sténopéiques, l'iridectomie,qui ouvre aux rayons lumineux un passage à un endroit de. la cornée où les conditions de réfraction sont le moins mau-r vaises, la transformation de la pupiUe, en une fente trèsétroite par une double iindésis (Bowman), tous ces moyensd n'améliorent la vision que d'une façon très-imparfaite. Les; parencentèses répétées de la chambre antérieure, ou 1 mdectomie pratiquée dans le but de diminuer la pression intraoculaire, n'ont réussi ni à enrayer sûrement la marche pro-< gressive de l'ectasie, ni à l'aplatir.

Des résultats bien plus favorables ont été obtenus par le^ procédé de de Graefe, qui a pour but de provoquer sur la^ cornée un petit ulcère et une infiltration circonscrite donti la cicatrisation amène la rétraction du tissu environnant, etî indirectement l'aplatissement de l'ectasie. ^ oilà en quoi con-i siste ce procédé : A l'aide d'un couteau lancéolaire ou d uaei

FiG. 37. — Aiguille de Meyer pour l'opération du kéraloconus.

ai<-uille particulière (fig. 37), on enlève h la surface de la cor-r née un peu en dehors du sommet du cône, un petit morceau» de là substance cornéenne à peu près d'une longueur de 3 mil.,en faisant attention de ne pas pénétrer dans la chambre antérieure. Le surlendemain de cette petite opération on coni-. mence à cautériser la plaie avec un crayon pointu de nitrate.; d'argent mitigé, et l'on répète cet attouchement tous les IroiM jours pendant quinze jours ou trois semaines. Ayant ainsi pro-»

Bi indien

STAl'dVLOME PliLLUClni' JilC LA CulINlib;.

liait une petite infiltration limitée, on pratique au fond de l'ulcère une paracentèse que l'on renouvelle tous les jours ou tous les deux jours pendant une semaine.

On abandonne alors la cicatrisation à elle-même, et sous l'influence de la rétraction du tissu cicatriciel, on voit la cornée s'aplatir petit à petit, et le staphylôme disparaître. Pendant toute la durée du traitement, il faut appliquer le bandeau compressif et instiller de l'atropine.

b. Cornée globuleuse, kémtocjlobas , hydropisie de la chambre antérieure (fig. 38). — Cette affection est caractérisée par une

Fie. 38. — Ilyilropisie do la cliambrc anlcrieiirc.

distension générale, sphériquede la cornée dans tous ses diamètres. Souvent cette distension ne s'arrête pas à la cornée • la sclérotique à son point de jonction avec la cornée est également distendue, mince et d'une teinte bleuâtre. Toute la moitié antérieure du globe oculaire, enfin, peut ainsi augmenter de développement, et cela parfois d'une façon si considérais e que la cornée est projetée dans la fente palpébrale dont elle empêche 1 occlusion (buphthalmie).

La cornée, dans ces cas, peut être transparente ou plus ou moins opaque, la chambre antérieure est très-profonde l'humeur aqueuse généralement claire. '

Quant à l'iris, il paraît terne, élargi par la distension de son insertion chaire et quelquefois tremblante, lorsque 1 appui direct sur le cristallin lui fait défaut; celui-ci peut être en efTet déplacé après la déchirure de son ligament suspenseur produite par la distension du globe. ' '

La pupille est nu peu dilatée, presque immobile et ur.'' ' sente quelquefois des adhérences isolées avec la capsule '

Le globe de l'œil ainsi distendu est gène dans 'es mouve-

MEYEll. g

COllNKIC 1;T SCUiliOTlQUll.

mcnts. Quant à la vision, elle baisse considérablement, selon le degré de développement de la maladie et des coniplieatioiis^dans les parties profondes de l'œil. Ainsi, tandis que dans un cas, le malade peut encore distinguer les caractères d'imprii];ierie d'une certaine grandeur, la vision est réduite chez d'autres à la distinction du jour et de la nuit, ou même complètement abolie.

Les verres concaves et sténopéiques se montrent presciue

sans influence.

Marche et terminaison. — La maladie, abstraction faite de son origine congénitale ([ue nous traiterons a part, se développe lentement, peut rester stationnaire a chacun de ses degrés ou atteindre l'extrême développement de la buphthalmie. Dans sa marche progressive, elle est souvent compluiuee d'affections de l'iris et de la choroïde, ou de l'excavation glaucomateuse de la papille du nerf optique. La perforation spontanée n'a pas été observée. Dans certains cas, par exemp e lorsque l'affection résulte d'une kératite panneuse, et que la ■ distension est peu prononcée, la cornée peut revenir a son état normal. Mais dans la majorité de ces cas, la distension persiste après la guérison de la kératite et augmente memc^.

Pronostic. - 11 est très-défavorable, parce que même danS^ les cas stationnaires, la vision est imparfaite et que dans son | développement progressif, la maladie contre laquelle tout traitement est peu efficace amène la perte presque complète de la vision.

Étiolocjie. - La maladie est due à une diminution de résistance de la cornée, comme elle résulte par ox^n^l^' J^ inflammations étendues de la membrane, dans vasculaires et paniieuses. La sécrétion d ""^^ 1»J f ••X^ quantité d'humeur a.jueuse, que l'on ^^^"^^^^ la cause de la maladie (bydrop.s.e de la ^, est consécutive à l'agrandissement de la chambu ..utc

""on'diserve enfin la maladie à l'état congénital et souvent luênio sur les deux yeux, à des degrés ditlerents.

Traitement. - La thérapeutique n offre pas de grandes ressources contre cette maladie. U faut, des le début, com

ÏAI'U Y [.ÔM l'.S Ol'AU UES .

battre rallVclion inllaiiimatoiiT do la cornée qui cause l'ectasie, augmenter la résistance de la membrane par un bandeau compressif, et diminuer la pression intra-oculaire par des ponctions répétées ou une large iridectomie. La ponction du corps vitré et la section du muscle ciliaire ont été également tentées sans que des résultats satisfaisants soient connus." Il arrive même dans les degrés développés de cette maladie, qu'une mauvaise cicati'isation suit ces essais opératoires et amène l'atrophie du globe.

Lorsque l'ectasie de la coi'uée est devenue telle qu'elle gène les mouvements des paupières, qu'elle expose l'œil à une irritation permanente, et produit une difl'ormy^ telle que le malade désire en être débarrassé, il faudrait avQir recours à un des procédés opératoires que nous employons contre les staphylùmes, et que nous allons déci'ire plus loin.

(t. Staphijlônw partiel (flg. 39). — L'ectasie cicatricielle qui n'occupe qu'une partie de la cornée, peut siéger au centre de la membrane ou vers sa périphérie. Sa coloration varie du

blanc au bleu foncé j souvent on y distingue des taches noirâtres, qui provieiment du pigment de l'iris, lorsque celui-ci fait pai'tie de l'ectasie. Loi'sque le staphylôme est Irès-proéniinent, et exposé au frottement des paupièi'es, on le voit souvent irrité et couvert de vaisseaux.

La vue est troublée en proportion du degré d'altération de la i)U|)i]lc et des parties centrales de la cornée. Il faut en attribuer souvent la plus grande i)art à la courbure irré-

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