GLAUCOME CONSÉCUTIF OU SECONDAIRE
répétée. Les émijsions sanguines, les traitements médicamenteux sont complètement inefficaces. Les injections souscutanées de morphine ne sont employées que pour calmer momentanément les douleurs, et pour procurer du repos au malade^ jusqu'au moment de l'opération.
Quant au procédé opératoire de l'iridectomie, nous renvoyons à ce chapitre (page 196). Pour produire l'effet voulu, Q faut que l'iridectomie soit périphérique et que l'on excise une assez large portion de l'iris. Selon les règles que nous avons exposées au chapitre de l'iridectomie, le meilleur emplacement pour cette excision est en haut et en bas. Il importe, pendant l'opération, de rendre l'écoulement de l'humeur aqueuse aussi lent que possible , pour éviter une liminution trop brusque de la tension de l'œil, ainsi que les iiémorrhagies rétiniennes ou choroïdiennes que l'on a observées à la suite de l'iridectomie pratiquée contre le glau- ;ome.
Après l'opération, il faut porter son attention sur la consiitance du globe oculaire, sur la formation de la chambre an- ° ;érieure et sur la cicatrisation.
. Il n'est pas rare de voir reparaître, le lendemain de l'opé- ■ation, un certain degré de tension qui ne disparaît que lenement dans le cours de quelques jours. C'est aussi alors que a chambre antérieure ne se reconstitue que lentement, de ■orte que l'iris se trouve très-rapproché de la cornée. L'ap- )lication du bandage compressif et le repos absolu sont le toute nécessité, jusqu'à ce que la pression interne de 'œil se soit abaissée au degré où elle se trouve habiuellement après une iridectomie, et jusqu'au rétablissenent de la chambre antérieure. Lorsque le globe ocuau-e conserve une dureté notable, même immédiatement .près l'opération, il paraît plus avantageux de renoncer à l'application de ce bandage compressif, et de fermer les pau- 'ières simplement par des bandelettes de taffetas d'Anglejerre (de Grae/'e).
1 En cas de douleurs, môme peu intenses, il faut faire usage ^es injections sous-cutanées de morpliine à la tempe, ou du hloral à l'intérieur. Si le lendemain de l'opération, nous ne onstatons pas de diminution dans la pression inlra-oculaire, faudrait essayer l'application péi-iodique de compresses lèdes, l'usage interne du calomcl, et si l'état général le jermet, une saignée au bras. L'atropine ne fait pas de bien
dans ces cas, du moins pendant les premiers jours (de Graefe).
De Graefe a été le premier à parler d'une forme particulière de cicatrisation que l'on rencontre quelquefois après l'iridectomie pratiquée contre le glaucome. On voit, en effet, ! parfois la cicatrice se lever au-dessus du niveau de la conjonctive, et prendre l'aspect d'une vésicule allongée dans le sens de l'incision et remplie d'un liquide blanchâtre [cicatrisatvjn cystoîde). Il est permis de supposer, dans ces cas, que la plaie conjonctivale s'étant fermée avant la plaie sclerolicale qui continue à donner issue à l'humeur aqueuse, cette dernière s'infiltre sous la conjonctive qu'eUe soulevé en fornii
d'ampoule. . ,
Habituellement, cette forme de cicatrice ne presenlt pas d'inconvénient ; mais en présence des cas exceptionnels où, après des années d'innocuité, elle est devenue le point de départ d'inflammations dangereuses pour l'exis tence de l'œil, notre attention doit se porter sur les moyen; d'ésiter cette cicatrisation irrégulière ou d'arrêter ses progrès Dans ce dernier but, nous n'avons pas d'autre conseil ; donner que celui de prolonger l'application du bandage corn pressif, ou de tenter, après un laps de temps assez gi-am pour être sûr de la cicatrisation complète de la plaie sclero ticale, une ablation de la vésicule. j , •
Quant auv moyens d'empêcher la formation de la cica irisation cystoîde, nous n'en connaissons qu'un seul: savoir, l'exécution méthodique de l'iridectomie. U est en effet, rationnel de croire que l'enclavement des ex trémités du lambeau irien dans la plaie scléroticalc eni pêche cette dernière de se fermer vite et régulièrement L'humeur aquciise, surtout lorsqu'il y a un ceilain degrde tension de l'œil, continuera alors à s écouler cl a station; uer sous la conjonctive, dont la petite plaie se forme en pe;' de temps. De là résulte riiidicatiou absolue d exciser 1 .n aussi soigneusement que possil)le jusque dans les angles d l'incision sclérolicale, et d'employer les riianœuvres decr. pins haut, pour aUre rentrer les bords de la pupd o a fi cielle (le sphincter de l'iris) dans la chambre anteiuuu Avouons cependant qu'en dépit de toutes les precaul.o, possibles, la cicatrisation cystoîde survient parfois aussi dai^ les cas où l'opération ne laisse rien ii désirer.