DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE
sous-rétinien. En même temps, le malade devait éviter tout ce qui pouvait congestionner la tête ou les yeux, éviter les efforts d'accommodation et l'influence d'un jour trop vif.
Depuis quelqu«s années on a tenté sérieusement le traitement chirurgical du décollement rétinien. Ce traitement consiste à provoquer l'écoulement du liquide, soit au dehors, soit dans le corjis vitré. On doit en restreindre l'emploi : 1° aux cas récents de décollement; 2° lorsque le malade se considère comme définitivement aveugle et réclame une dernière tentative.
Cette opération, imaginée d'abord par Sicliel, qui évacuait le liquide directement au dehors par une ponction /dans la sclérotique faite à l'endroit du décollement, a été avantageusement modifiée par de Graefe, dont nous donnons le procédé opératoire.
Après avoir dilaté la pupille, on introduit perpendiculairement dans la sclérotique, à 10 millimètres du bord temporal de la cornée, une aiguille cà double tranchant, munie d'un aiTèt à 18 millimètres de sa pointe, et dont le col bouche continuellement l'ouverture et empêche la sortie des liquides. On pénètre ainsi derrière le crislalhn et à travers le corps vitré jusqu'à une profondeur d'environ 13 millimètres, puis on dirige le tranchant de l'aiguille vers la rétine décollée, on l'appuie sur la membrane, et l'on incline la pointe de l'instrument vers le fond de l'œil, afin de couper la rétine flottante en retirant l'instrument. Le liquide sous-rétinien peut alors s'épancher dans l'humeur vitrée, et la rétine se réapplique à la choroïde.
D'autres procédés ont été proposés pour cette opération. M. Bowman opère avec deux aiguilles au moyeu des(iuelles lil transperce la rétine et la déchire sur une assez grande » étendue. M. Wcckcr se sei-t d'une aiguille perforée, formant lun petit aspirateur, avec laquelle il se propose à la fois d'évacuer le liquide sous-rétinien et d'établir une communication entre la poche et le corps vitré. '
Les divers procédés que nous venons d'indiquer paraissent dans le plus grand noml)i-e de cas dépourvus de toute conséquence fâcheuse. Les améliorations obtenues n'ont pas toujours été de longue daréc, mais le peu de ressources que nous pouvons o|)poscr à cette maladie nous engage néanmoins à y recourir dans les conditions indiquées plus haut.
306 JIALADIES DE LX UIÏTINH.