‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 69 sur 160 · TUMEURS DE LA RÉTIXE · texte numérisé non relu

TUMEURS DE LA RÉTIXE

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Les recherches histologiques tendent à prouver que lestumeurs de la rétine, décrites sous le nom de fongus hema-- tocle cancer médullaire ou encépharoîde, sonl complètement! identiques avec la néoplasie de la rétine à laquelle \trchow a donné le nom de cjlioma. A côté de cette néoplasie dejai décrite par Bo6m (dans Viconocjraphie deSichel, planche LM, fie \U) et par Schiveigger {Archiv fur Ophthalmologie, M, 2, p. 324), on rencontre des cas bien plus rares de gliosarcoines-

Le rjliome de la rétine peut être comparé aux tumeurs analogues du cerveau; de même que celles-ci preunen naissance, dans les éléments cellulaires (névroghe) de la substance cérébrale le eliome débute dans les couclies granulaires externes'^ (Robin, Schweigger), ou dans le tissu cellulaire de la couche des^. fibres nerveuses {rwano/T). La tumeur se compose d amas consl-i« dérables de granulations et de iioY^"^ .^'-a^'^/'^'^^^ "° ^f.f ''^^ briUaire à mailles serrées, et d'un petit nombre de flbiilles et de< cellules pourvues de prolongements filiformes. ,,=^,p,„^, Le tissu néoplasique renferme un certain nombre de ^ais.eaux d'un assez gros calibre, et cette vascularisalion augmente consi-. dérablemenl lorsque la tumeur, après avoir perfore 1 œil, se de veloppe au deliors.

Diagnostic. - 11 est rare qu'on observe le gliomo à soir déimt, parce qu'il n'atteint en général que les jeunes enfan . qui n'indiquent pas le lroul)lc visuel, et les parents no s en aperçoivent que lorsque les progrès de la ma ad.e soul dcja avancés. C'est qu'au début l'aspect extérieur de 1 œ.l malade ne présente rien d'anormal, les douleurs et les symptômes innamnuiloires font ^lièrcment défaut. Lorsqu on a 1 occasion de pratiquer à cette époque l'examen ophthalmoscopique, on rencontre sur la rétine de nombreuses plaque^ blanches de grandeur variable dont les unes ^^nt encoie situées derrière les vaisseaux rétiniens, tandis que d aulrc^ occupent toutel'épaissenr de la memliraue cl proéminent d -tiiictemenlsur son niveau. Bientôt il survient un docoltemcii de la réline : celte membrane est poussée en avant pai ui

epanchemeiil liquide, et la néoplasie qu'elle renferme devient I alors plus visible. Elle se présente sous forme de proéminences bosselées d'un blanc nacré quimonti'ent par place un réseau vasculaire fin et serré. Ce reflet particulier, venant du fond d'un œil dépourvu de sa force visuelle, lui a fait donner autrefois le nom à'œil de chat ammirotique . [Béer.) Bien que ce reflet puisse se produire toutes les fois que des masses blanchâtres (matière purulente, rétine décollée atteinte d'altérations consécutives) se trouvent immédiatement derrière le cristallin, il n'est jamais aussi prononcé que dans le gliome, à cause de l'absence de toute pigmentation et de, la transparence complète du corps vitré dans cette affection.

La vision de l'œil est, dans le cas de gliome, séi'ieusement atteinte dès le début de l'affection, et bientôt entièrement abolie.

Marcheet terminaison. — Le développement de cette tumeur est continuellement progressif [de Graefe). A mesure qu'elle s'avance dans l'intérieur du globe de l'œil, la pression intraoculaire augmente, l'œil présente les caractères de l'œil glaucomateux : insensibilité et trouble diffus de la cornée, dilatation et immobilité de la pupille, hypérémie des veines conjonctivales et sous-conjonctivales. Il se forme une cataracte. Quelquefois, pendant le développement progressif de la tumeur, une inflammation oculaire suppurative se déclare jet se termine par l'atrophie du globe ; mais celle-ci n'empêche ,pas l'accroissement de la tumeur. Le gliome se propage habituellement en dehors de l'œil par le nerf optique qui peu! être envahi par la néoplasie peu de temps après son début dans la rétine, longtemps avant qu'elle remplisse tout l'intérieur du globe oculaire.

Lorsqu'enfln la tumeur a envahi le globe tout entier, elle se fait jour au dehors par une perforation, soit au bord delà i( ornée, soit à travers celle-ci même, plus rarement à travers la sclérotique. Lorsqu'elle arrive au contact de l'air, elle Fend une coloration rouge foncé, saigne facilement, sécrète lieaucoup et s'accroit rapidement.

Loi'sque la maladie a fait quelques progrès dans le nerf "phqne, on constate une légère exopiitludmie , quelque loidcur dans ions les mouvemenls du gIol)e, une certaine i cs^slance quand on presse celui-ci vers Je fond de l'orbite, et ' eliacement de la cavité normale entre l'orbite et le globe

de l'œil. Tous ces symptômes sont bien plus prononcés lorsque le tissu orbitaire est envahi parla néoplasie qui s'y in-ésente nar des foyers multiples, se réunissant rapidement pour former des tumeurs considérables. Les parois osseuses con- .erventlongtemps leur intégrité; mais le long du neri optique la dégénérescence se propage vers le cerveau ou par un développement continuel, ou seulement par places. On a obsei-vc enfin des tumeurs gliomateuses dans le diploe dos os de la. boîte crânienne, dans le foie et les ovaires. [Kmpp. J'e ^ntra^ oc. Geschvùlste. 1868, p. 5. Schiess-Gemusius, dans T'îrc/ioio s irchiv Bd XLVI, 3. Heyman iind Fiedier, dans Archiv fur Ophthcdmologie, XV, 2, p. 173). Le malade succombe aloi^ avec les symptômes particuliers de l'une ou de 1 autre de ces complications.

Étiologie. — Le giiome delà rétine atteint presque exclu-; vivement les enfants en bas âge. Quelquefois il a paru congé-' nital. L'influence de l'hérédité ne peut être niee, en ce sens^' qu'on rencontre souvent celte affection chez plusieurs enfanlsl de la môme famille.

Pronostic. — Lorsqu'on enlève le globe dès le débub de l'alTection, et lorsque celle-ci est encore rigoureusementi circonscrite à l'intérieur du globe, on peut espcrer que a maladie n'aura pas de récidive rapprochée Elle est au coi -: traire inévitable et dans un assez bref delà, f ^l ^^ optique est envahi par la dégénérescence, et surtou si le tissu, périirbitaire en porte des traces. Le ghome est cortame nen . une tumeur maligne, et le pronostic en est par consequen de. plus graves. — Souvent les deux yeux sont atteints successivement.

Traitemevt. - Une fois le gliomc reconnu, il est urgenj de pratiquer aussi vite que possible 1 onuclealion de œ. (voY. n. 15/1), et comme on ne peut toujours prévoir si le nei opti.ine est iléjà envahi, il importe de le couper aussi loin q" possible du globe de l'œil. l>e Gracfe propose dans ce bu d commencer l'opération par la section préalable du neii (vov. p. 236). Si l'on craint la présence de foyers morbidi. daiis le tissu orl.itaire, il tant enlever tout le tissu suspect., après l'énucléation du glol)e oculaire.

ANOJLaiES CONGÉNITALES DE LA RÉTIN'E. 309

La présence de kystes de lu rétine a été observée en examinant des yeux énucléés (Iwanoff, Klinische Monats -blattev , 186^, p. h\l; Ycrnon, London ophthalm. Hosi). Reports, VI, 3). Tantôt il n'en existe qu'un seul, tantôt ils sont multiples, de grandeur variant entre celle d'un pois et celle d'une noisette, et situés de préférence à la face externe de la réline. Us ont l'apparence de vésicules transparentes et se forment probablement à la suite d'un développement de matières colloïdes qui constituent le contenu du kyste, et d'une hypertrophie des fibres radiées. Ces dernières formeraient, les parois latérales et externes du kyste, tandis que la paroi interne ou inférieure serait représentée par les autres couches de lu rétine {Twanoff).

ARTICLE Mil.

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