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ANOMALIES CONGÉNITALES DE LA RÉTINE

En traitant de l'histologie de la rétine, nous avons indiqué que les fibres nerveuses du nerf optique perdent leui- enveloppe myéline près de la membrane fenêtrée, au delà de laquelle ces fibres sont transparentes et ne présentent qu'un seul contour.

11 arrive quelquefois qu'une partie des fibres nerveuses :onservent cette enveloppe jusque sur la réline et restent Dpaques. Cette anomalie congétinale se présente à l'ophthalaioscope sous l'aspect d'une tâche blanchâtre tout à fait voisine de la papille, pourvue à sa périphérie de dentelures m forme de stries.

Les vaisseaux rétiniens qui passent à l'endroit de la plaque ;ont tantôt légèrement masqués, tantôt coniplétemeiil •ecouverts. En général, il existe plusieui's plaques blanchâtres lui entourent la papille comme des pyramides dont le somuet s'avance dans la rétine sur une étendue vai'ial)le, mais lui dépasse rarement le diamètre de la papille optique. Plus l'arerncnt cesplaqucs blanchâtres se rencontrent à une assez grande dislance de la papille, et dans ces cas les filires neriouses avaient perdu connue d'iuihilude leur enveloppe de aiycline à la membrane criblée, et en avaient re[)ris une iiouvcUe plus loin ( Virchow).

310 MALADIES nu NEUF OPTIQUE. I

Quel que soit d'ailleurs reiii|)lacemenl de ces taches T blanches, elles sont entourées d'un tissu rétinien absolument normal, et les vaisseaux ne présentent aucune altération. Comme, d'autre part les fibres nerveuses à double contour n'ont rien perdu de leur conductibilité, les fonctions visuelles sont tout à fait intactes, abstraction faite d'un léger agrandissement de la tache aveugle.

Cette anomalie congénitale que l'on découvre le plus souvent accidentellement à l'examen ophthalmoscopique, . puisqu'ellene donne lieu presqu'à aucun symptôme, se trouve tantôt dans les deux yeux, tantôt dans un seul œil.

niALADIKS OU XEUF OPTIQUE ,!

ARTICLE PREMIER

INFLAiMMATION DU NERF OPTIQUE. NEVRITE OPTIQUE. NEVRO-RETIMTE. ,

L'inflammation du nerf optique est caractérisée par deS' symptômes ophthalmoscopiqucs limités sur la papille et sun la région de la rétine qui l'avoisiiie immédiatement.

Au début, on y constate un certain degré d'hypérémie et d'œdème qui parfois n'atteint d'abord qu'une partie do la papille. Bientôt celle-ci tout entière est envahie, présentant alors une coloration rouge, grisâtre ou violacée, qui se répand I sur toutes les parties altérées. Celles-ci perdent leur transparence accoutumée et voilent ainsi en partie ou entièrement la membrane fenêtrée, les contours de la papille et les vais-" seaux qui s'y trouvent.

Le nerf opti(iue et la partie voisine de la réfine sont oonsi- | dérablement tuméfiés, mais à dos degrés différents. Rarement la fuuu'faclion de la réiino dépasse celle du nerf optique; généralement c'est la papille qui proémino cousi- . dérablement et avec des bords escarpés, sur le niveau de la | membrane (|ui l'entoure.

A la suriace de ces parties on reconnaît des opacités striées ipii rayonnent jusqu'à la limite des tissus envahis; d'autres , lois, on aperçoit sur la pai)ille des plaques jaunâtres qui s é-

NÉVRO-RÉTINIÏE. 311

tendent au delà des bords du nerf optique, dans la rétine. 11 n'est pas rare d'y rencontrer de petites hémorriragies de grandeur et de forme variables.

Les vaisseaux de cette membrane sont notablement altérés : les artères amincies et quelquefois à peine visibles, les veines distendues, élargies et flexueuses ; ces vaisseaux disparaissent sur quelques points en arrière des opacités signalées.

De Graefe distingue deux variétés principales de névrite optique :

1° L'engorgement de la papille optique {papille étranglée, Stauungspapille). — Les altérations sont caractérisées à l'ophthalmoscope par la plus grande proéminence de la papille lont les bords sont alors assez escarpés, par l'intensité de sa :oloration rouge, l'aspect très-flexueux et foncé des veines et Dar la fréquence des ecchymoses. L'infiltration des tissus est imitée au voisinage immédiat de la papille, et toutes les alté- .•ations paraissent concentrées sur la terminaison intra-ocuaire du nerf optique ; elles ne dépassent pas la membrane "enêtrée.

Celte variété paraît dépendre de troubles de circulation uivis d'infiltration séreuse dans le tissu de la papille optique, L. partir de l'endroit où l'anneau résistant de la sclérotique 'oppose cà tout gonflement du nerf optique qui s'y trouve tour ainsi dire étranglé.

2° La névrite ou la névro-rétinite descendante, qui a son origine vers le centre nerveux et se propage le long du nerf )ptique jusque dans l'œil. — La .papille y est moins gonflée !t moins rouge, l'opacité du tissu bien plus prononcée et de :oloration grisâtre. L'infiltration se propage un peu plus loin lans la rétine, surtout le long des vaisseaux. On y l'encontre ussi de petites taches blanchâtres dues à la sclérose on à la iiodification graisseuse des fibres nerveuses, et quel([uefois nême les altérations du voisinage de la tache jaune (iue l'on 'bserve habituellement dans la réfinite néphrétique.

Dans un cefi'tain nombre de cas, les signes ophthalmoscoiiques de l'une et l'autre de ces formes de névrite optique i'>iU lellcmeut mélangés qu'ils l'ciident la distinction entre |a papille éti'anglée et la névrite descendante très-difficile.

Les troubles fonctionnels sont généralement considérables, la force visuelle très-aliaissée et le champ visuel irrégulièrement défectueux. Mais il n'existe aucune proportion, même approximative, entre l'état oplithalmoscopique et celui delà

vision. , , 1 1

Dans quelques cas on a observe les altérations les plus pro- noncéesdu fond de l'œil, et en même temps la vision était à peu près normale {Mauthner, Schioeigger). 11 est seulement à remarquer que les malades accusent des obscurcissement^ complets et momentanés de leur vision, qui disparaissent aussi vite qu'ils surviennent. D'autres fois, la vision baisseconsidérablement dans le courant de la maladie, sans que lesjsignes ophthalmoscopiques varient.

Vasped extérieur de l'œil n'est pas changé. Les malade* ne se plaignent pas de douleur dans l'œil malade, maisil^ accusent quelquefois des névralgies dans le voisinage.

Marche et terminaison. - Le mode de développement ^ cette maladie présente des différences notables. Tantôt, 1^ troubles fonctionnels et anatomiques augmentenl succès^ vement dans le courant de plusieurs mois; tantôt, 1 affection atteint dans quelques jours son plus haut degré ; quelque, fois, la vision a été perdue au bout de quelques heur^ (de Graefe, Hutchinson). Dans la plupart des cas, 1 aggravation est plus rapide dans les premiers jours et dans les premières semaines ; plus tard elle devient de moins en moins sensible.

Dans les névrites qui accompagnent les tumeurs cérébrales, le développement se fait ordinairement d une inauière plus lente et plus régulièrement graduée ; la maladie condu t généralement à l'abolition a peu près coiup et?, les fonctions, suivie d'atrophie de la papille. On voit alotj à rophthalmoscope la papille s alTaisser les ^'-^J^;^^;^ uiinuer de calibre, les ecchymoses et les plaques Wam l alreî disparailre, el enfin survenir les signes de l atrophie du ner

''''cependant cette atrophie après névrite a des particularité faciles à reconnaître : les gros vaisseaux veineux ic^eu longtemps tortueux, leurs contours et ceux fle la apiU du ^lerf optique restent voilés par le trouble .5^ ' J la rétine, et la papille ne présente ni l'aspect an^s, londmcm •lu'elle otlre dans les cas d'atrophie ordinaire, m Icxcayn

NÉVRO-RÉTIMTE.

tion de sa surface. Cependant, ces différences peuvent disparaître au bout de plusieurs années.

Dans les névrites symptôniatiques d'encéphalite ou de méningite, le développement présente les plus grandes variations. L'affection peut s'arrèler à tous les degrés ou se terminer également par l'atrophie du nerf.

Enfin, dans un certain nombre de cas de névro-rétinite, à la suite de troubles de la menstruation ou d'affections de l'orbite, la maladie se développe généralement très-rapidement et acquiert vite sa plus grande intensité; elle est dans ces cas susceptible de guérison complète.

Pronostic. — Le pronostic de la névro-rétinite et de la névrite optique est en général très-fàcheux; d'abord parce que les causes éloignées (infra-cràniennes) de l'affection laissent souvent peu d'espoir de guérison ; puis il arrive que la névrite se termine par k cécité complète et l'atrophie de la papille, bien que la cause primitive n'ait eu qu'une durée limitée (méningite, etc.). Il faut se garder de fixer le pronostic avant d'avoir, \mv une observation prolongée, étudié le cas à fond.

En général, la maladie preffd une meilleure tournure lorsque le mal arrive rapidement à sa plus grande intensité, que lorsqu'il s'accroît successivement et sans discontinue]- {de Gmefi-). Voilà pourquoi les cas de tuuieurs cérébrales, à peu d'exceptions près, donnent un pronostic absolument défavoral)le, tandis que ceux de névrite consécutive à des troubles de la menslruatioM, par. exemple, guérissent pour la plus grande partie, soit complètement, soit partiellement.

Étiologie. — La névrite optique se rencontre quoique rarement, à l'état idiopathiqiœ ; dans ces cas il est parfois impossible d'en retrouver la cause. Quelquefois on peut accuserdes contusions, soit des parois oi'bitaires, soit du globe de l'œil mcnie ; phis souvent des Irouldes de cij'culation dans des organes éloignés, la dysménorrhée par exemple, ou des causes constitutionnelles telles que la syphilis.

Dans le plus grand nondn-e des cas, l'affecliou doit être attril)uéc à une cause (soit oi'ganique, soit quehiuelbis siniplenienl circulatoire) qui agit direclement ou indireclemeni sur le nerf o;ili(|ue, soii dans l,i partie inlra-crcàniennc, soit dans la poi tioii inli'a-oi i)itaii-e.

MEYEIt, • A à

;31f^ MALADIES DU NEHK Ol'TIQUE.

10 Tanlùl. l'inflammation a son point de départ à l'origine ^parente des nerfs optiques (encéphalite), dans un foyer mor- Kéoeant près de leur parcours inlra-cramen, ou dans e enXn>es ^ ^ràne (encephalo-

nén n^^ ou méningite). V^^^^^^^T^^lV^'aoUle eUa rïets-e propager le long du nerf jusque dans la papille et la le

^^TÏÏ;f:ir~^te dans la papille du nerf optique

de ltbite^^^^^^^^^ clu tissu g.-aisseux de lorhde,

^'^Slîo^^séU^g^Ï^^^

augmentent la pression intra-orlntarre

Celle-ci agissant sur le smus .'^seaux

la circulation du sang vemeux De 1^, d a a^^^ S dcrniei-s

et infiltration des faisceaux du nerf fJZ^^^^^^^^^^^^

^ "ato^n"-

ses vaisseaux décrits plus haut.

ces explications, que nous di^vons kcle Graf^^;i:^Z vent contredites par des cas de tume ms ou ^ ^^^^^^^^ rapides dans la cavité crânienne, ^^"f ^^^^^'^l.^.vatioas dinévrite optique- et, ytùi^n^e.^^ ,m cette an'cction du nerf existait sans q n f f^j^j,,^

tion de la pression in^^'^^-'^'-^^^'^^^.,^,'^" ,ecl îrchesanade Graefe n'était pas en <:Or^covd^n<^ ^oc\^^^^^ lomiques de Seseman. D'après ceku-c , l;^^;^'"*^ | nerf optique communique argement pai foi e^ « niosesSivec la veine 0V^^^^^^^-^'' ?\^^X^^,^ du .,uelquofois .lirectement, de \5^".\.^^^,i',"'eiusidéral,les sinus caverneux ne peut produn-ç les ^,,.,,te de

du nerf optique qu'on '^^'^"^'^''''''î'^^Vn. f oiti me (^^^ l'espace situé entre les deux gaines du ne. f optique ,

NÉVnO-RÉTINITE.

outre-vaginal)., el qui communique avec l'espace arachnoïdien cérébral {Scinvalbe), a fourni une raison anatomique simple pour expliquer la production de la névrite optique. Le liquide arachnoïdien est poussé par toute augmentation de la pression intra-crànienne dans cet espace entre-vaginal, jusque dans la membrane fenêtrée (Schmiclt), et produit ainsi directement la compression, l'étranglement du nerf optique à cet endroit. Le fait que ce phénomène ne se produit pas dans tous les cas où la pression intra-crânienne est augmentée trouverait peut-être son explication dans l'interruption de la communication entre l'espace arachnoïdien cérébral et l'espace entrevaginal, interruption que l'excès même de la pression cérébral occasi-onnerait à l'endroit du trou optique.

Traitement. — Si c'est possible, il faut tenir compte descauses de la névrite, soit en combattant les troubles de circulation (dysménorrhée, inteiTuption du flux hémorrhoïdal, etc.) par des moyens appropriés, soit en ouvrant les abcès orbîtaires, ou en enlevant des néoplasies qui compriment le nerf" dans son parcours intra-orbitaire.

Les affections intra-crâniennes exigent le plus souvent un traitement dérivatif : émissions sanguines aux tempes, vésicatoires permanents ou sétons k la nuque, usage intérieur de petites doses de sublimé ou d'iodure de potassium, frictions mercurielles méthodiques, transpiration, etc.

Si le malade est anémique, il faut s'abstenir de tout traitement débilitant, employer des ventouses sèches, des pédiluvcs sinapisés, et administrer des préparations de fer et de quinquina.

Dans tous les cas il est nécessaire d'interdire au maladetoute espèce d'occupation de l'organe malade et de préserver les yeuv du jour vif, au moyen de lunettes bleuâtres ou fumée.

Les découvertes de Schwalbe ont inspiré à M. Weckev lidée de faire une incision de la gaine du nerf optique,, pour donner issue au liquide accumulé dans l'espace entrevaginal.

.^g M.aADTES T»U N'EUF OPTIQUE.

NÉVRITE RKTRo-BULiîAmE [de Graefe).

X la suite de maladies générales de différentes espèces, .o4^r^stntes, a;.gines ^-^u.Iois ~ tion notable de la santé, «J^J^ ^^^^^^^^^^^^ .^cité devenir

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comme cause fondamentale des accidents. — Il faut ajouter que dans un certain nombre des cas la vision se rétablit sans aucun traitement particulier de la maladie locale.

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