‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 7 sur 160 · EXAMEN DE L'ÉTAT DE T.A VISION · texte numérisé non relu

EXAMEN DE L'ÉTAT DE T.A VISION

L'examen fonctionnel des yeux doit dél)uter par l'étude de l'acuité visuelle. Autrefois le médecin devait se borner à déterminer si le malade était encore en état de lire ou s'il

CUNSlDliUATlUiNS (ililSÉUALIiS.

tiii distinguait plus que des objets ti-ès-gros, ou enfin si sa force visuelle était réduite à la perception du jour.

Aujourd'hui, nos moyens d'examen sont arrivés, sous ce rapport , à une précision bien plus grande, et nous nous trouvons dans la position heureuse de pouvoir contrôler exactement les dires des malades, parmi lesquels il y en a toujours un "certain nombre qui sont disposés à se faire illusion sur leur état dans un sens ou dans l'autre.

L'étude fonctionnelle doit débuter par l'examen de chaque œil à 'part. Nousy devons rechercher : 1° la force de la vision directe ou centrale ; 2° l'état du champ visuel ; 3° la sensibilité rétinienne en général; h° la faculté de distinguer les couleurs.

Ceci fait, il nous reste à étudier l'action commune des deux yeux, la vision binoculaire.

i" Examen de la force visuelle centrale, — Nous possédons une série de types d'imprimerie de grandem- déterminée pour la distance k laquelle ils doivent être lus par un œil doué d'une vue normale. Ces types, calculés d'après un angle visuel fixe, et dont la justesse a été vérifiée par l'expérience, varient entre des caractères qui doivent être vus à 200 pieds de distance jusqu'à ceux qui doivent être reconnus à 1 pied. Ils ont reçu le nom d'échelles et remplacent avantageusement les livres d'essais de Jœger qui ne remplissent ce but qu'approximativement. Nous nous servons des échelles de Giraud-Teulon ou de Snellen, de ces dernières de préférence, parce qu'elles ne se composent que de lettres placées les unes à côté des autres, sans former des mots qu'un malade intelligent devine pai-fois sans même les voir exactement.

Ces échelles étant placées à une distance connue (on les suspend ordinairement à un mur faisant face à la fenêtre à laquelle le malade tourne le dos pendant l'examen), et le malade ayant fermé un de ses yeux, on l'engage à lire la série des lettres en commençant par les plus grosses jusqu'à ce qu'il arrive à celles qu'il ne peut plus distinguer. Les dernières qu'il lit encore facilement nous indiquent par un calcul très-facile le degré de sa force visuelle. Supposons, par exemple, que cette dernière série soit celle qu'un œil normal doit distinguer à la distance de 10 pieds, et que l'œil d»nt nous voulons étudier la force visuelle les lise à cette

liE l'kXI'LOIIATIUiN DK L UilL ES VUE DU WAGiNOSTR;. "l'A

istance même, nous recoiinaitrons que sa force visuelle est ormale. Par contre, s'il est obligé de se rapprocher à inq pieds pour les lire, sa force -visuelle serait égale à 5/10, est-à-dire serait réduite à la moitié.

On comprend facilement de quelle manière on peut mulplier ces épreuves et les contrôler l'une par l'autre. Si le lalade ne voit réellement le n" 10 des échelles (celles qu'un ;il normal distingue à 10 pieds) qu'en se rapprochant à pieds, il ne verra le n° 20 qu'à la dislance de 10 pieds, le " 30 à la distance de 15 pieds, etc

Il ne nous reste plus qu'à déterminer si cette diminution e la force visuelle n'est peut-être qu'apparente et sous la déendance d'une anomalie du pouvoir réfringent de l'œil, ans ce but, nous plaçons devant l'œil du malade alternavement un verre convexe ou concave (n° 30 environ) pour ous rendre compte si ces verres amènent une amélioration î sa vue. Si le résultat reste négatif, il faut en conclure qu'il agit réellement d'une diminution de l'acuité visuelle. Si, au mtraire, la vision s'améliore sous l'influence d'un verre, il ut tenir compte de l'anomalie de la réfraction avant de iger l'état réel de la force visuelle.

Pour les malades qui ne savent pas lire, on a remplace ■s échelles typographiques par une série de raies ou de )ints de dimensions graduées d'après le principe qui a servi i base à ces échelles. (Échelles géométriques de Boettchcr, . échelles internationales de Burchardt.)

L'acuité de la vision ainsi constatée dans chaque œil, nous )uvons immédiatement examiner la puissance accommoda- /e dont le malade peut disposer. Dans ce but, nous avons déterminer les points, le plus éloigné et le plus rapproché, ! sa vision distincte. On présente au malade les 2 ou 3 is échelles typographiques en les éloignant à la plus grande stance où l'œil les perçoit encore nettement, puis on les )proche progressivement jusqu'au point où le malade cesse : les distinguer. L'espace compris entre ces deux limites ous donne, pour l'examen habituel des nuUades, des indica- »ns suffisantes sur l'état du pouvoir accommodalif.

1 2° Examen de la vision périphérique. — Nous appelons champ suel d'un reil tout l'espace que la vision embrasse, tout en stant fixée sur un môme point.

Pour en déterminer l'étendue, on place le malade devant

CONSIDÉHATIONS (iliNKKALKS,

un tableau noir et à une petite distance de ce tai)leau, à un pied par exemple. On trace sur ce tableau à la craie une petite croix Idanche, sur laquelle le malade doit toujoui's . fixer l'œil que l'on veut examiner, après avoir fermé l'auti c avec la main. Dès que les choses seront Lien disposées de la sorte, on promène la craie sur le tableau dans toutes les j directions, en partant de la petite croix blanche comme d'un | centre. On note les points où le malade ne distingue plus | que confusément et ceux où il ne voit plus du tout le crayon blanc que conduit la main. On dessine ainsi très-complétement le champ visuel de l'œil que l'on veut examiner. Cette expérience peut se faire d'une manière analogue avec un crayon noir sur du papier blanc. Pour la pratique habituelle, et lorsque l'on connaît déjà par expérience les limites ordinaires d'un champ visuel normal, il suffit même de faire fixer par l'œil du malade les extrémités des doigts d'une main, et de promener les doigts de l'autre dans toutes les directions pour examiner jusqu'à quelle distance du point fixé le ma- . lade compte encore les doigts, et jusqu'où il en distingue seulement les mouvements. Il importe souvent de faire cet examen non-seulement au jour ordinaire, mais encore dan? une chambre obscurcie,- à la clarté d'une lampe qui nous permet, par les variations de l'éclairage, de déterminer l'in- j fluence de l'intensité de la lumière sur l'étendue du champ visuel, influence variable suivant que la rétine jouit d'une sensibilité normale ou d'un certain degré d'anesthésie. En explorant ainsi de l'une ou de l'autre manière le champ visuel, on le trouve ou normal dans toute sa continuité et ) dans ses limites, ou bien rétréci par des défectuosités plus ou moins irrégulières à sa périphérie, ou enfin interrompu par des lacunes fixes centrales ou périphériques qu'on désigne sous le nom de scotomes.

3» Examen de la sensibilité rétinienne en (jénéral — Daiis un certain nombre de cas, par exemple lorsque la pénétration de la lumière sur la rétine est empêchée par l'opacincalion du cristallin, l'examen de la sensibilité rétinienne ne peut se faire par le moyen que nous venons d'nidiquer. Et cependant cet examen est dans ces cas d'une nécessité absolue.

Autrefois on cherchait ces rensoignenienls sur 1 elal de la réline dans la réaction de la pupille à la lumière, réaction

ni', l'kXI'LUHATIU.N iili 1,'(K1L EN VUK UU DiAUlN'OriUt:. '25

plus lente ou nulle lorsque la sensibilité de la rétine est émonssée ou anéantie.

Un antre mode d'examen consistait dans la recherche des apparitions lumineuses provoquées par une pression mélliodique sur les parties externcs'du glolie oculnire.

FiG, 15. — Phosphène temporal.

Ces apparitions, qui ont été désignées sous le nom de ohosphénes par M. Serres, d'Uzès, peuvent être provoquées issez facilement lorsqu'on exerce avec la pulpe du petit

l' ic. 16. — Pliospliène nasal.

loigt OU avec l'extrémité ai-condie d'un crayon ou d'un »orte-plume, un fi'ottcmcnt léger sur un des points du glohe iculaire et à travcis les paupières.

Pendant ce ti'otlement, on engagera le iiuilade à porter on regard du côté opposé à la pression. M. Serres a distin-

MF.YKR. n

CONSIDIÎHÀTIONS GÉNÊKAMiS.

é quatre phosphènes, et les a dénommés d'après le point

FlO. 17. — Phosphène frontal.

ù s'exerce la pression qui les produit. Les figures ci-jointcs

FiG. 18. — Phosphène.jugal.

indiquent les phosphènes frontal, jugal, nasal et temporal (fig. 15, 16, 17 et 18).

DE l'exploration DE l'œIL EN VUE DU ' DL\GNÙSTIC, 27

Chez certains individus peu intelligents, il faut renouveler à différentes reprises l'expérience pour parvenir à taire distinguer les anneaux lumineux, tandis que d'autres, se faisant illusion, affirment des sensations lumineuses qu'ils ne perçoivent pas. — Il ne faut cependant pas oublier que la recherche des phosphènes ne nous renseigne que sur la

'-sensibilité de la rétine à la pression et non à la lumière. D'autre part, elle ne nous dit rien sur le degré de sensibilité conservée par la rétine. Cet examen, qui conserve néanmoins son importance dans certains cas sur lesquels nous aurons cà revenir, a été avantageusement remplacé par l'exa-

i men direct du fonctionnement de la rétine au moyen d'une lampe.

Le malade étant placé dans une chambre obscure, on recherche jusqu'à quelle distance l'œil examiné peut distinguer la clarté d'une lampe ordinaire.

Pour un œil atteint de cataracte, par exemple, mais du n'este normal, nous savons par expérience que cette distance I est de 4 ou 5 mètres. Si le malade ne distingue la lampe iqu'à 2 mètres, on en conclura que sa rétine n'a conservé iqu\m quart de sensibilité normale, d'après la loi optique I qui enseigne que l'éclairage diminue en raison inverse du I carré des distances.

Dans les mêmes conditions on explore la périphérie du champ visuel en faisant fixer avec l'œil une lampe placée len face et à quelques pieds de distance du malacle, tandis qu'on promène une autre lampe dans toutes les directions

(■jusqu'aux limites du champ visuel. Le malade doit nous indiquer à chaque moment où se trouve la seconde lampe. De cette manière, nous serons à même de constater l'afiaiblissement de la vision excentrique ou les défectuosités du champ visuel, résultant des diverses affections du fond de I l'œil dont la recherche directe nous est interdite par le I trouble des milieux de l'œil.

W Examen de la faculté de distinguer les couleurs. — :Pour compléter l'étude fonctionnelle de l'œil, il nous reste (à examiner la faculté de distinguer normalement les coulleurs, faculté troublée dans certaines affections ou affectée Ipar un état congénital ([ui a reçu le nom do daltonisme.

Nous ne possédons pas d'autre moyen pour celte recherche qu'une série de papiers diversement colorés que nous

28 • CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALKS.

engageons le malade à ranger par nuances; ou des verres colorés que nous plaçons devant ses yeux, ou enfin des caractères imprimés en diverses couleurs, comme ceux qui accompagnent les échelles typographiques de M. Snelleu,

Examen de la vinion binoculaire.

L'examen fonctionnel de chaque œil doit être suivi de l'étude de la vision binoculaire. A l'état normal, nos yeux en fixant un objet dirigent leur axe visuel de façon à les faire converger sur cet objet, dont l'image se forme alors dans chaque œil sur des points correspondants de la rétme a l'endroit de la foveu centralis. Dans l'examen de l'action commune des deux yeux, on commence par constater si la vision binoculaire existe, ou si par hasard le malade ne se sert que d'un seul œil, même sans le savon-. Dans ce but, on l'engage à fixer un objet, la flamme d'une bougie par exemple, placée à la distance de 8 à 10 pieds, et Ion cache alternativement chaque œil, en inlerposant la mani entre lui et l'objet. ^

Si les deux yeux sont normalement diriges, ils restent immobiles au moment où on les décoim-e. Par contre, lorsqu'un œil, au moment où l'on couvre son congénère, lait un mouvement pour placer son axe optique dans la direction de l'objet fixé, nous pouvons en conclure qu'il était auparavant dévié et que la vision binoculaire n'existait pas. Cette expérience n'est nécessaire que lorsque nous ne constatons à la première inspection aucune déviation d'un des yeux. L'existence de cette dernière exclut de pruuc-abord une vision binoculaire simple. Eu efiet, lorsque les axes optiques ne iouissent plus du parallélisme nécessaire pour la vision noimale des deux yeux, l'existence de la vision bmoculairo nous est révélée immédiatement par la diplopic, symptomi que le malade ne manquera pas d'indiquer le premier.

Ce symptôme, la diplopie, exige une étude parl.culiLU de la part du médecin qui doit ix^l^ei^her en premuM- .eu la position des deux images, puis laquo le des deux appailient à chacun des deux yeux. Le meilleur moyen pour faciliter cette expérience consiste encore a se servn- de a anime d'une bougie éloignée de 8 à 10 pieds du malmh ,.„„ „„n,il d'un verre colore (v.olel). <.o ^elu^ qu.

SUll LE TRAITEMENT DES OPHTHALMIES. 29

doit être placé devant l'œil dont il se sert de préférence, a un double avantage : il diminue légèrement la netteté de l'image qui se produit dans le meilleur œil, et par cela même la dilTérence qui existe entre les deux sensations dont le malade est toujouis disposé à supprimer la plus faible. D'autre part, la coloration différente des deux images nous permet de distinguer celle qui appartient à chaque œil. ÎCeci fait, nous n'avons plus qu'à rechercher si l'image ; qui se trouve à la droite du malade correspond ou non à son œil droit, si les deux images sont placées à la même !ha"uleur, quelle est la distance qui les sépare, si elles sont iparallèles, ou si elles convergent l'une vers l'autre par leurs extrémités.

COXSIDÉHATIO.XS GÉXÉKALES SUR LE TRAITEMENT DES OPHTH.VLMIEP ( 1 ) .

La tliéj-apeutique des aflections inflammatoires de l'œil a essentiellement pour but de favoriser le retour des parties malades à l'équililu-e de la nutrition normale. Dans ce sens, elle doit remplir : 1° l'indication cmisale, qui consiste sui'tout à écarter tout ce qui peut contribuer à l'irritation de l'organe affecté; 2° l'indication morbide, qui consiste à arrêter le processus pathologique et à ramener l'état normal,

iNDiamox f:;.vusALE.

Les causes d'irritation de l'œil sont mécaniques, chimiques, physiques ou organiques.

1° Parmi les circonstances mécaniques nous rencontrons en premier lieu l'attouchement ou le frottement exercé sur

(1) Par CCS considérations générales sur le traitement des oplillial- Imies, nous avons voulu éviter des redites fréquentes lorsque nous

aurons à traiter de la thérapeutique des diverses alTections oculaires. 'Nous avons suivi , sous ce rapport, les indications fournies par

M. Stellwfig de Carion, dans son excellent Traité des maladies dex

i/eii.T (Vo). ce livre, p. 1).

oQ C.ONSinÈRATIONS GÉNÉKALES.^

Ls paupières h la suite des sensations de démangeaisons ou le Sves, ou même la manie des enfants de cacher eu.-^ veuravecks mains ouïes bras lorsqu'ils sont attemts de ohotoîhobie. Chez les ' adultes, une simple recommanda- Mnn suffit généralement pour leur faire abandonner cette . Dume, tfndis que chez les enfants le médecm est obhge d'employer des moyens qui les mettent dans impossibilité de se nuire à eux-mêmes. ,

La meilleure méthode consiste dans l'apphcation d un bandeau Ztecteur. On recouvre l'œil d'une petite comoresse de Lie, et l'on place au-dessus de cette compresse uelque bour'donuets de charpie, de façon à faire disparaie les irrégularités de la cavité orbitaire autour du globe de •œil et à obtenir ainsi une surface p ane ^^jf ^i^"^^?". nliaùe un bandage formé d'une bande tricotée de cen iSes de longueur et de 5 centimètres de largeur, mume

h sps extrémités de rubans. .

Tour l'apphquer, on prend la bande entre ses deux mams, ou la place su? la chai-pie de manière à lui faire couvrir l œi obhqu ment en remontant de l'angle de la mâchoire nfôrieure\ers le front du côté opposé, puis ^on croise les rubans derrière l'occiput et on les noue sur le front.

Ta voussile est uie autre cause d'irritation qu il fau .^IterTaXt plus soigneusement que les -oyen«^-^ „ous pouvons disposer ^-^iT ^(tS ^es Im ttes qui

l^e^^étallique ent«t „ a V 1^ u e^e.hent

SUR LE THAITEMENT DES OPETHALMIES.

lasmes, etc.; de même les vésicaloires appliqués sm* le Iront !>u sur les tempes, et dont la dessiccation produit des ci-oùtes t une démangeaison qui dispose les enfants à y porter leurs jnains. Le tabac à priser devient facilement une cause d'iritation, surtout pour les personnes qui n'en ont pas l'halitude; chez celles-ci, en effet, on voit même, lorsque les eux sont dans leur état normal, survenir une rougeur de a conjonctive et du larmoiement. Il est plutôt permis de oncéder, même dans le cours d'une affection inflammatoire l'usage du tabac cà priser à ceux qui en ont une longue iiabitude et qui ne pourraient que difficilement s'en passer, le qu'il faut^surtout éviter chez les personnes atteintes d'une phthalmie extei'ue, c'est le séjour dans un air vicié par la amée de tabac, l'encombrement par des poussières et les xhalaisons liées à certaines professions (cardeurs, égouiers, etc.).

L'air pur étant essentiel pour la guérison de ces maladies, l faut prescrire aux malades des promenades fréquentes, et 3s prémunir contre le danger qui résulte du séjour dans cafés, les salles de théâtre, de concert, de bals, en un lot, tous les endroits où toutes ces causes nuisibles sont oncentrées en même temps qu'un éclairage éblouissant.

La fumée de tabac nuit considérablement aux yeux irritaibles, il faut donc leur interdire absolument l'usage du abac, et n'autoriser ceux auxquels cette privation est par ;'op pénible qu'à fumer en plein aii'.

■ 3" Les conditions jihysiques nuisibles aux yeux atteints l'inflammation externe sont le vent, la chaleur et la clarté xcessive. Quant au froid, il est bien mieux supporté et de lus il procui'e du soulagement dans les cas de conjonctiite. Par contre, il faut le considérer comme un danger dans '^s affections inflammatoires plus profondes, les iritis, les ilioroidites, etc. Nous avons à peine besoin d'indiquer comien il est important que ces malades se gardent des variaons brusques de température et des courants d'air, sans jutefois les étoulfer par les paravents, les couvertures ou ^s rideaux formés quand ils sont obligés de garder le lit. n malade a toujours i)esoin d'air, et il faut qu'il puisse resiirer librement. Quant à la lumière, il y a,cei'tains cas qui :ngent une obscurité complète que l'on peut obtenir, soit en fichant les feriêires sous d'éjjais rideaux, soit par des baniigcs. Mais il faut éviter d'avoir recoin's à ces niovens sans

32 ' CONSIDÉRATIONS GÉNIÏHALES.

nécessite absolue, d'abord parce qu'un séjour prolongé dans un endroit obscur n'est pas sans inconvénient pour la santé générale, et d'autre part parce qu'il e.vif^e un l'etour Ircslent et graduel à la lumière ordinaire, et auguiente ainsi la, durée du traitement. Dans la plupart des cas, un éclairage' doux et adapté à la sensibilité du malade est de beaucoup préférable; ce qu'il faut sui-tout éviter, ce sont les l)rusques transitions de ri)bscurité à la luuiièi'e, difficilement supportées même par un œil sain.

Parmi les couleurs, le vert el le bleu irrilent le monis, le jaune et l'oi-ange le plus, différence sensible par la sensation subjective, ainsi que par la réaction de la pupille.

Les moyens d'abriter les yeux contre un jour trop \il varient avec le séjour du malade à la chambre ou au dehors.

A la maison, on obtient l'obscurité nécessaire en baissant les rideaux devant toutes les fenêtres et en abritant même par une portière les portes qui donnent sur un endroit vivement

éclairé. ,

La couleur de ces rideaux sera grise ; la prédilection que l'on a habituellement pour le vert n'étant justiliee que lorsqu'il s' agit d'une surface dont nous recevons la lumière reliée Ine comme les gazons, taudis que le vert pénétré par la lumière directe devient jaunâtre. Les abaNjour ne peuvent servunue lorsqu'on peut les placer devant la source lumineuse, telles que les lampes, pour lesquelles on devrait choisir de préférence un papier gris uniforme.

Au dehors, on garantit le malade contre un excès de lumière par des voiles gris ou noirs, mais surtout par de> lunettes. Les verres verts autrefois si vantés ne mentent pas leur réputation. Les verres bleus sont bien prelerables iua.> nous considérons comme plus avantageux les verres fumes qui laissent aux objets leurs nuances naturelles el dounei. seulement un jour mitigé. En choisissant ces verres, il est important de s'assurer que la couleur fumée n est pas mélangée de violet, nuance facile à reconnaître lorsqu on place le verre sur un papier blanc.

Ce (lu il faut éviter, c'est de choisir une nuance tio,. foncée parce que le malade s'y habitue tellement qu il s eu nasse .liflicilemenl , parce qu'elle geiie la vision ' ' ;

;,bjels éloignés et nécessite des elVorIs latiguaiils de la pail

du malade. i c , .....c,.!-;!-,-»

l.,„n- des rais.uis faciles à comprendre, il faut i.resciiu

SUll LE TRAITEMENT DES OPIITIIALMIES.

es verres ronds ou en coquille qui garantissent le plus assible l'œil de tous les côtes, et choisir une monture ans laquelle la distance des verres est adaptée exactement à elle des yeux.

11 va sans dire que le malade doit se servir de ces verres xclusivement lorsqu'il sort au grand jour, et qu'il ne doit as s'en désiiabituer brusquement, mais en passant par des uances intermédiaires.

5° Parmi les causes nuisibles, il faut accorder une place nportante aux efforts des yeux pour la vision distincte.

Lorsque les yeux sont gravement atteints, les malades cesînt d'eux-mêmes tout travail, soit qu'il leur devient imposible, soit qu'ils en ressentent immédiatement les conséuences fâcheuses.

Lorsqu'ils le sont moins, le malade ne se rend pas compte e l'intluence lâcheuse de ces efforts, parce que les suites 'en sont pas aussi immédiates. En général, les malades ffligés d'une afiection inflammatoire ne doivent ni lire ni crire, et éviter tout travail qui exige des efforts d'accommoation. 11 ne faut pas oublier que la plupart des malades )nt toujours disposés à outrepasser les limites du travail u'on croit pouvoir leur accorder, ce dont il faut tenir compte ans ses prescriptions. Lorsque leur état permet le retour

leurs occupations, il est nécessaire de ne les y autoriir que graduellement.

6° Le traitement renconti-e une autre indication causale à emplir dans les troubles de la circulation locale ou générale, insi que dans l'existence de dyscrasies. Les stases veineuses euvent exister comme première cause de l'affection ou ^mme une de ses conséquences qui s'opposent à la guéri- )n; elles dépendent aussi bien d'une diminution de la force lotrice que d'une augmentation dans la résistance ou de une et l'autre. Cette distinction est d'une grande impor- '.nce, parce que la première de ces causes amenant l'hycrémie passive n'admet pas le traitement antiphlogistique, lais exige, au contraire, l'emploi des moyens aptes à mainteir ou à augmenter les forces du malade. Dans les cas d'hypé- ■mie veineuse active, nous prendrons surtout (?n considération lûtes les circonstances qui peuvent gêner la circulation en ("tour.

: Sons ce rapport, il ne faudrait pas perdre de vue, surtout uis les cas d'indanimiilion grave, que l'expiration forcée

3^ CONSinÉRATIONS GÉNÉRALES.

provoquée parles cris, les efforts de la voix, le chant, la toux, , exerce une compression sur les veines jugulaires. Pour une raison analogue, il faut éviter tout ce qui gêne la respiration, comme les cravates, les corsets, les vêtements trop serres, j ainsi que les causes de troubles dans la circulation de a veine porte, produits par la surcharge de l'estomac ou la présence trop abondante de matières fécales dans le tube

intestinal. , , „ . , , , . , .

Les malades doivent manger peu a la fois, s abstenir de i dormir après leur repas, et choisir une nourriture d une

digestion facile. , Dans les cas de congestion passive, nous combattons le défaut de tonicité des parois vasculaires par l'usage local des astringents et le bandage compressif. Directement, nous combattons l'hvpérémie par des émissions sanguines, surtout dans les cas récents, c'est-à-dire quand les parois vasculaires possèdent encore leur contractilite. De toutes façons, ce moyen n'a qu'une action passagère.

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