‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 72 sur 160 · ATROPHIE T>U NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

ATROPHIE T>U NERF OPTIQUE

I général peut être parfaitement concentrique ou irrégulier.

] Le rétrécissement partiel envahit tantôt une partie trèspetite (à peine le quart) du champ visuel, tantôt il en atteint toute une moitié (hémiopie).

Enfin, on constate des interruptions plus ou moins com-

i plètes dans la continuité du champ visuel, et qui ont reçu le

I nom de scotomes. Les scotomes peuvent être situés au centre

j ou vers la périphérie du champ de vision.

! Toutes les parties défectueuses du champ visuel sont tantôt nettement limitées, de façon qu'elles avoisinent directement les régions normales de la vision ; tantôt on constate

: une région intermédiaire dans laquelle la vision est impar-

i faite.

; Dans un certain nombre de cas d'atrophie du nerf optique, >. les malades ont perdu le faculté de distinguer nettement de ' certaines couleurs.

En dernier lieu, il nous reste à signaler l'état de l'ouverture pupillaire de l'iris comme un de ces symptômes auquel i on attachait autrefois une très-grande importance. Il est vi'ai ; que dans un certain nombre de cas l'iris réagit de moins I en moins contre l'action de la lumière, à mesure que la sen- :sibilité rétinienne diminue, de sorte que l'affaiblissement la vision s'accompagne d'une dilatation de la pupille.

Cependant ce phénomène n'est pas constant ; si l'atrophie j n'existe que d'un côté, la pupille peut se contracter lorsquela rétine de l'œil sain reçoit une impj-ession lumineuse. Môme . en cas de cécité absolue, l'action réflexe sur l'iris n'est pas toujours abolie.

Enfin lorsque l'atrophie est fiée à une affection spinale (ataxie locomotrice), les troubles visuels s'accompagnent fréiquemment d'une contraction même très-considérable des •pupilles qui présentent à peine la grandeur d'une tète d'épingle ordinaire.

Les symptômes généraux qui accompagnent l'atrophie des nerfs optiques dépendent essentiellement de la cause de la maladie. Tantôt ils font entièrement défaut etrafl'ection oculaire seule est le sujet des plaintes du malade; tantôt celle absence complète d'autres symptômes morbides n'est que temporaire. Ordinairement ces symptômes sont ceux des maladies cérébrales : vomissements fréquents, maux de tèle et ''sensibilité de la tête à la palpation, étourdisscments, syn-

copes, troubles des fouctions iutellectuelles, paraplégie, héniiplégie, paralysie des nerfs oculo-moteurs, trijumeaux ou d'autres, bourdonnements dans les oreilles, surdité, absence de l'odorat, etc. D'autres fois, lorsque l'atrophie des nerfeoptiques accompagne une affection spinale, on coustate les ■ symptômes ataxiques ordinaires (faiblesses des jambes, trou-bles de la sensibilité, paralysie des sphincters de la vessie et| de l'anus, etc.).

Marche et terminaison. — L'atrophie se produit quelquefois d'un côté seulement, plus souvent on la trouve dans les deui\ yeux qui peuvent être atteints en même temps ou successivement et à des degrés difTérenls. La marche de l'atrophiet est ordinairenjent lente; elle s'arrête rarement d'une manière définitive, mais elle parait quelquefois présenter des. temps d'arrêt prolongés. Elle se termine donc habitueUement par l'atrophie complète et par la cécité absolue d un œiL ou des deux yeux. La durée de l'affection jusqu'à cette termH naison funeste varie de quelques mois à quelques années ; le> second œil peut être atteint immédiatement après le premier, tandis que d'autres fois on a observé un intervalle de plusieurs années.

Le pronostic est toujours fort grave, lorsqu'on ne peut espérer combattre efficacement la cause première de 1 atrophie. Même dans le cas contraire, celle-ci suit souvent une marche indépendante de la cause quu 1 a. produite. Si 1 atrophie n'existe que d'un côté et doit être attribuée a une cause intra-oculaire ou intra-orbitaire, tandis que le nerf de 1 autre œil est tout à fait intacl, il n'y a pas de raisons de craindre pour cet œil.

Étiohgie. — Dans mi certain nonil)re de cas, l'af^P^H des nerfs opti-iues n'a pas de cause appréciable (atroplmt essentielle); d'autres fois elle termine certaines affec ions du. nerf ou de la rétine (tumeurs du nerf, névrite optupie névro-rétiiiite, embolie de l'arlèro centrale, névrite rotrobulbaire, rétiuite pigmentairc, choroido-reliuile).

11 faut l'attribuer aussi parfois à des maladies mlra-oibitaires qui produisent une compression du nerf optique ou sipropagcnt sur celui-ci. Parmi ces maladies nous pouvon. citer : l'inflaimnaliou du tissu cellulaire et graisseux de

ATROPHIE nu ^'ERF OPTIQUE.

l'orbite, les tumeurs de cette région (carcinomes, kystes, tumeurs graisseuses et gommeuses, pcriostites et exostoses).

D'autres causes de l'atrophie du nerf optique résident dans des altérations intra-cràniennes très-variahles (encéphalites, méningites, hémorrhagies, tumeurs, périostitcs),. ou enfin dans dos affections spinales. On a constaté aussi que l'atrophie des nerfs optiques précède ou accompagne parfois des (roubles intellectuels.

A côté de ces causes, nous devons mentionner encore diverses intoxications par l'alcoolisme et par la nicotine qui peuvent, à lalongue, présenteras symptômes caractéristiques de l'atrophie du nerf optique.

Traitement. — Le traitement de l'atrophie du nerf optitiue exige uge étude minutieuse des circonstances étiologiques et des caractères spéciaux de la maladie. En cas d'abcès ou de fumeurs intra-orbitaires, l'indication chirui'gicale doit être remplie le plus tôt possible. Une affection syphilitique exige l'usage du traitement spécifique (mercuriaux, iodui'e de potassium). Les maladies cérébrales ou spinales doivent être traitées d'après les règles thérapeutiques spéciales pour ces affections. Des révulsifs sur la peau et les intestins sont trèsusités maintenant, comme autrefois la méthode antiphlogistique.

Les traitements rigoureux et débihtants ne font le plus souvent que de hâter la terminaison funeste du mal. Aussi vaut-il mieux conserver par un régime et des moyens toniques les forces du malade, que les traitements énergiques et variés fatiguent et tourmentent. Si l'état général permet ou exige des déplétions sanguines locales, il faut en surveiller l'effet attentivement et ne les renouveler qu'avec beaucoup de circonspection.

On a ol)servé de bons effets des transpirations prolongées, du séjour temporaire dans une température élevée (bains romains). Dans les cas d'atrophie de cause spinale, on a vanté l'usage du nitrate d'argent, des préparations de zinc, idu phosphore.

Enfin, en cas d'alms d'alcool ou de tabac, il faut en interdire rigom-eusemcnt l'usage, prescrire le bi-omnre de potassium, les préparations ferrugineuses et, si l'atrophie n'est pas encore très-avancée, essayer les injections sous-cutanées de strychnine à la tempe {Nngel).

ARTICLE lY.

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