‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 74 sur 160 · AMBLYOPIES ET AMA13R0SES · texte numérisé non relu

AMBLYOPIES ET AMA13R0SES

Lc^ termes d'amblyopie et cl'amaïu'ose, pris dans le^ acception première, ne font que désigner un symptôme a; ta^4r Tafl'iblissement ou la perte de la oncUon visueUe.- Nous les employons dans leur signification la plus restie.nte eHe appliiuit à des cas d'allaiblissement delà vue dan ■ lèsauels après avoir procédé à un examen complet par lou. le mo enslnt nous disposons, nous ne trouvons, so.t ancune. lésion soit uniquement l atrophic des papilles op iques ci peut être considérée alors comme le résultai d un^ î; itrruptbn dans les fonctions de transmission du nerl^

U topm-te donc, dans le diagnostic des alTeclions aniblyo- • ^ 1 .v,.l„rP -ivec certitude les troubles de la transpa-

do 1 œil, et les a..omalics Jo h. idracl.o., el do 1 ac

lilaUcr, 18(i0, p. fil2). i,,„„„i<: i-, vision

Ku égard aux états dilTéreuts sous lesquels, la Msion

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présente à l'examen fonctionnel, do Graefe (1) a distingué trois catégories principales : -

1" La vision centrale a baissé jusqu'à un certain degré, tandis que l'état de la vision périphérique est absolument normal.

Cet état, surtout lorsque la maladie existe déjà depuis quelque temps, exclut presque entièrement l'éventualité d'une amaurose progressive.

2° La vision centrale ayant baissé, la vision périphérique présente une diminution d'un degré analogue, généralement un rétrécissement concentrique proportionnel à la décroissance de l'acuité centrale (le champ visuel est relativement normal).

M, l'état des troubles ionctionnels ne suffit pas à lui seul à faire reconnaître la gravité du mal. L'état de la papille du nerf optique, la durée et le mode de développement du mal doivent être étudiés simultanément. Ges formes se prêtent surtout à une thérapeutique rationnelle et différente selon les individus.

3" La diminution de la vision périphérique est irrégulière défectueuse (scotomes), et ne concorde pas avec l'état de là vision centrale (le champ visuel est anormal).

Dans celle variété, le pronostic est le moins favorable Cependant, si la guérison n'est presque jamais possible dans ces cas, 1 état peut rester parfois stationnaire, par exemple dans les cas d hemiopies (voy. plus loin).

Généralement, dans les cas d'amauroses dangereuses, la vision d un œil est déjà très-compromise quand la vue de 1 autre commence à baisser. Il faut, dans ce cas, étudier le mode de développement dans le second œil pour se rendre compte SI la maladie y suit la même marche. Cette élude pourra nous éclairer souvent sur l'avenir du malade

Le plus souvent c'est par le côté externe du champ visuel que 1 anomalie commence à se montrer; mais le contraire quoique moins fréquent, n'est pas excessivement rare. '

Lu dehors de ces symiilùmes fonctionnels, on a attribué aussi une cerlaine importance à d'autres, tels que par exemple les photoimes les chromopsics, les mouchrs volantes, etc cependant ces phciiomèiies ap|)artieiiiient plutôt aux ma-

(1) Voy. deGmcfa, Leçon, mr l'amblynpio et l'amnuvosp (•..liti,.,,

MIÎYF.Il.

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ladies des membranes internes de l'œil et ne sont pas propres aux affections amaurotiques (voy. plus loin livperesthcsie et anesthcsie de la rétine).

Quant aux troubles dans la faculté de distmguer les couleurs (daltonisme pathologique), l'appréciation de ce synii'toine pour le pronostic n'est jusqu'ici ni possible, ni .Ta.semblable, car ce symptôme peut disparaître sans que l'ctat de la Yision

change (Bénédid). ■ . x j - k

L'examen des pliosphènes donne certamement des resu ats moins sûrs que la constatation objective des fonctions visuel es. 11 ne conserve de la valeur que iiour quelques cas bien déterminés, où les phosphènes persistent dans des parties de la , rétine insensible à la lumière (voy. plus loin).

Apres l'examen fonctionnel, c'est celui de \ ctatde la papille du nerf optique qui décide surtout de la nature et de 1 importance de la maladie. Nous, avons décrit plus haut tous les symptômes qui se rapportent à r««rop/m> du nerf. L absence de ces symptômes, c'est-à-dire l'intégrité parfaite de la papiUe, lorsque la vue a déjà baissé depuisquelque temps, ne se rencontre que dans des cas rares et qui sont alors susceptibles de guérison. Souvent les symptômes atrophiqucs ne surviennent qu'au bout de quelque temps, ce qui nous engage au début à une grande réserve dans le pronostic.

Le mode de développement des affections amblyopiques e.t des plus variables. D'abord il arme, quoique raremenl. que l'affection survient tout d'un coup ou se développe tres-rapidement. Quelques moments, quelques heures ou quelques jours suffisent pour étabhr un rétrécissement du champ tisuel, des scotomes centraux ou même une cecte compl f . Ces affections se terminent tantôt par la guorison, tantôt la maladie persiste et l'atrophie du nerf «P'^^f,!^'™;, ; .

Le pronostic ne peut donc, en gênerai, f^J^^^^^^ pendant le coursde l'affection et après une obsçMA.i .on alteii Tv de sa marche. Tant que les ^Y-ptômes atrophjques de la papille tout défaut, le pronostic est <avo ;;"r tout si l'état fonctionnel reste stationnaire .m > amd.oie, ei

si les phosphènes persistent. . , , .^„ki^. vknels

11 est beaucoup plus fréquent de voir trouble .^^ e^^

se développer lentement. Dans «^^^ ' ' 'f;... "^^

plusieurs mois pour atteindre un degré " .'^i'^

pour se transformer dans une «uu.urose progrci^nt, s^^^^^ cause morbide persiste. (kMiéralemenf dans les loinie.

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[mmitivoment lavorables, les fonctions visuelles s'atTaiblissont siniultanéaient dans les deux yeux et d'une manière presque égale. Lorsque le mal reste ainsi longtemps stationnaii'c, et que le nerf optique conserve un aspect normal, nous pouvons même espérer un réta])lissement complet.

Parmi ces formes, il faut citer les cas d'amhlyopie produits par des excès de boissons alcooliques ou de tabac, par la constipation habituelle, par les troubles de menstruation, la suppression des hémorrhoïdes ou de sécrétions pathologiques et physiologiques, parles excès vénériens, l'irrcgulai'ité dans le sommeil, et la fatigue des yeux par les excès de travail. Ces causes agissent quelquefois isolées, plus fréquemment combinées. Plus nous réussissons dans un cas donné à préciser ces causes, et à les attaquer avec succès, plus notre pronostic gagne de précision.

Le pronostic est plus grave, lorsque nous avons lieu de supposer l'existence d'une méningite chronique (céphalalgie, lourdeur de la tête, sensibilité douloureuse du crcâne à la percussion) ; car si des révulsifs énergiques agissent souvent lavorablement, il n'est cependant pas rare de voir ces amblyopies se changer en amauroses dangereuses.

Les troubles visuels survenant après l'apparition de symptômes cérébraux aigus et violents (encéphalo-méningite) doivent être jugés différemment selon que la cause de ces troubles agit encore au moment de notre examen, ou si elle a deja cesse. Dans ces derniers cas, l'état une fois stationnaire peu se conserver, quelle que soit la forme de l'amblyopie ou 1 état de la papille optique.

Par contre, si la cause morbide existe encore, notre pronostic doit être des p us réservés. On a vu, il est vrai, des cas dececite complète a la suite d'affections cérébrales aimiës dans lesquels une |)artie de la force visuelle a été recouvrée après plusieurs semaines. Mais, en général, si la cécité après une maladie aiguc se prolonge, et si la dégénérescence de la pa])ille s y joint, les espérances sont illusoires

Le pronostic le plus funeste frappe les formes d'ainanrose ' dans lesquelles la vision d'un œil se perd leiUcmei.t, en présentant en même temps les symplmnes d'un rétiécissemoiit U'guher du champ visuel et la dégénérescence atropliique e la papille, tandis l'autre œil conmience à s'aifaib ir d ne manière analogue, généralement avant que le premier "Oit complètement perdu. l '^miti

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Après ces considéralioiis yéiiéniles sur rai)il>lyui)ic cl l'aiiuuirose (lirées en grande |)artie des leçons insti'uctives de dcGraefe), nous aurons à décrire les formes spéciales sous Icsnuelles ces affections apparaissent.

1, Aiiiblyopic eongéni«nle. OaltoniHuic congénital.

Cette amhlyo|)ie se rencontre chez des personnes dont les yeux ont une conlbrmation alisolunient normale et dans les- ([uels l'ophtlialmoscope ne révèle aucune anomalie. La diminution de la force visuelle est plus ou moins grande, mais absolument stationnaire et existe dci)uis la naissance. Le champ visuel est uormal.

L'amblyopic n'existe souvent que dans un œil et à un degré • si prononcé que les malades ne comptent les doigts qu'ài (quelques pieds de distance. On y observe aussi une fixation i excentrique. Beaucoup de ces cas d'amblyopie monoculaire' s'accompagnent d'ailleurs de strabisme.

D'autres fois, l'amblyopie existe dans les deux yeux à des degrés plus ou moins prononcés; cependant, dans ces cas, la diminution de la force visuelle n'atteint jamais le même degré (lue dans les cas d'amblyopie monoculaire.

Le daltonisme congénital consiste dans l'impossibiUté de distinguer, soit toutes les couleurs, soit certaines couleui-s seulement. Le i)lus souvent c'est la couleur rouge qui n'est pas perçue, et dans ce cas le malade se trompe |)Our toutes les miances à la formation desquelles le rouge conlrd)ue.

Ce défaut, lorsqu'il est congénital, existe avec une force visuelle absolument normale. Rarement on l'observe comme maladie acquise sans qu'il y ait en même temi-s une alloction amblyopique. Les amblyopies s'accomi.agnent irequonimenl d'une altération dans la perception des couleurs.

2. .%nil>lyoi>ie |mii- <U-fiuH «riisage. liiiiilyopic o\ ano|»^il•.

Il csl uénéi ;ilcnu-nl ailmis <pie, loi-sque pour une raison pour line iuilrc. un iril d'ailbMirs sain ne concourt pa^

AMBLYOPiE PAI! DÉFAUT D liSAOE.

vision, la sensibilité de sa rétine finit par s'émousser, et de là résulte une amblyopie plus ou moins prononcée.

Cette décroissance dans la sensibilité rétinienne paraît proportionnelle à la durée de l'inaction de l'œil. A un pi'emier degi-é, la vue centrale est plus ou moins affaiblie, mais la vue excentrique est normale.

^ Plus tard., la sensibilité particulière de la fovea ccntraJis s'éteint; l'œil ne fixe plus exactement les objets et exécute des mouvements incertains pour chercher le point de la rétine le plus favorable à la vue.

A. la fin, la fixation est définitivement excentrique, et la force visuelle peut se l'éduire à la perception de la lumière.

Souvent cette amblyopie d'un œil s'accompagne de strabisme, surtout si elle s'établit en bas âge ou chez des vieillards; d autres fois, c'est au contraire la déviation d'un œil qui amène l'atï'aibhssement progressif de la force visuelle.

On a allégué, avec plus ou moins de preuves à l'appui, d autres causes encore comme pouvant provoquer l'exclusion d'un œil de la vision binoculaire et, par conséquent, l'amblypic ex anopsie. Ces causes sont : les taies de la cornée et les cataractes survenues au bas âge ou conservées pendant de longues années.

C est pour ces raisons que l'on a conseillé de ne pas retarder l'opération des cataractes congénitales, l'établissement des pupilles artificielles, la guérison des déviations de l'œil (voy. Strabisme).

Toujours est-il que l'on obtient, dans ces cas d'amblyopie, des améliorations sensibles de la vision par des exercices méthodiques. Cette amélioration est à peu près sûre pendant la premièi'e période de l'affection et au début de la seconde. Plus tard, le résultat est négatif.

Ces exercices consistent dans l'emploi des verres grossissants, à l'aide desquels l'œil amblyopique doit distinguer de gros caractères d'imprimerie; cet exercice doit durer (luelques minutes et se réi)éter plusicnrs fois par jour. A mesure que la vision s'améliore, on passe à des caractères plus petits et a (les verres convexes plus faibles, en même temps que l'on prolonge la durée des exercices.

Ces exercices peuvent aussi s'étendre sur la vision excenimquc de la façon suivante : après avoir fermé l'n.jl sain on 'au fixer un objet de grandeur moyenne, une carte par exèm-

;53() AMBLYOWKS Kï AMAUROSES.

{Ae, et l'on promène autour de celle carte des objets que le malade doit chercher à voa- et à l'econnaître, sans cesser de fixer la carte. Les objets sont choisis d'abord très-grands, et présentes très-près de la carte fixée, de façon que l'œQ malade les reconnaisse facilement. Peu à peu on les l'approche des limites du champ visuel et l'on en dimiimc la grandeur.

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