‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 10 sur 149 · X. — Xérophthalmle · texte numérisé non relu

X. — Xérophthalmle

Quand cette affection existe la conjonctive est épaisse, sèche, d'un rouge bronzé ; sa surface épithéliale est rude et écailleuse. Si la maladie est étendue les conjonctives palpébrale et oculaire prendront un aspect sale, blanc grisâtre et deviendront rudes, sèches et cuticulaires. Cet état est dû à l'atrophie du tissu conjonctif et subconjonctif et même du cartilage qui subissent des changements cicatriciels dont la nature a déjà été expliquée à propos de l'ophthalmie granuleuse. L'appareil sécréteur delà

PTÉRYGION. 77 conjonctive est plus ou moins détruit et celte membrane prend les carac-tères du cutis. Par suite de cette perturbation dans les sécrétions de l'oeil celui-ci paraît sec et le malade éprouve une sensation ennuyeuse de cha-leur, de sécheresse et de roideur dans les yeux. Les points sont géné-ralement contractés et même oblitérés, le pli semi-lunaire est lui-même à peine apparent. 11 y a en outre toujours plus ou moins de symblépharon postérieur, de sorte que le trou de la région rétro-tarsale est oblitéré et que la conjonctive palpébrale passe tout à coup sur le globe de l'oeil ; quelquefois de petits freins existent entre la paupière et le globe. Pen-dant les mouvements de l'oeil, la conjonctive oculaire forme de petits plis concentriques autour de la cornée. Cette dernière est généralement très-opaque, en sorte que l'opacité prend le caractère du pannus et s'étend sur la plus grande partie de la cornée, parfois sur la cornée tout entière. La surface de la cornée est généralement rude et inégale, et sa sensibi-lité aussi bien que celle de la conjonctive très-altérée, en sorte que les irritants mécaniques, tels que la poussière, la saleté, les corps étrangers, sont à peine sentis et produisent peu ou point d'irritation.

La xérophthalmie est causée en général par une inflammation longue et grave de la conjonctive et surtout par l'ophthalmie granuleuse diffuse chronique qui est si apte à produire une atrophie très-étendue et des cicatrices sur la conjonctive et le cartilage tarsal. Elle peut être aussi consécutive à la conjonctivite diphthéritique ou encore produite par des blessures delà conjonctive venues d'acides forts, de chaux, etc., et de l'usage excessif et trop longtemps continué de caustiques puissants, surtout du nitrate d'argent. Dans ce dernier cas, nous trouvons les conjonctives pal-pébrale et oculaire non-seulement sèches et cuticulaires, mais elles sont aussi décolorées, d'une teinte sale, vert olive, qui est très-laide.

Il n'y a malheureusement aucun traitement très-efficace, on peut seu-lement essayer de remédier à la sécheresse de l'oeil, causée par l'arrêt des sécrétions normales, par l'emploi fréquent de quelques fluides doux comme collyre, le lait répond mieux que tout autre à ce qu'on se propose, j'en ai fait l'expérience et de Graefe l'a aussi très-vivement recommandé. On se trouve bien aussi quelquefois de l'emploi de la glycérine qui a été proposée d'abord par M. Taylor. L'effet de ces applications est d'adoucir et d'enlever les écailles épithéliales dures et parfois de diminuer d'une façon sensible l'opacité de la cornée.

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