V. — l'îslnlc du sac laci-VDxal
Sous ce titre on comprend une communication existant entre le sac la-crymal ou les passages lacrymaux et k;s téguments externes. J'ai déjà dit en parlant de l'inflammation du sac qu'après la perforation spontanée de ce dernier, une ouverlure iîstuleuse plus ou moins étendue pouvait se produire, et que celle ouverlure était très-obstruée s'il y avait un étran-glement ou une maladie de l'os. Les caries et les nécroses des cloisons osseuses du sac sont une cause fréquente de fistule. La fistule d'autre part n'est que rarement produite par un coup reçu sur le sac. La fistule peut s'ouvrir directement dans le sac, ou bien il peut y avoir une voie fistuleuse d'une longueur variable. Les bords de la fistule peuvent être d'abord en-flés, irréguliers et ulcérés en quelque sorte ; l'ulcération s'étendant par-fois à quelque distance de l'ouverture. Cependant, au bout de quelque ''temps elle se contracte, ses bords deviennent plus mous, et à la fin il ne reste qu'une très-petite ouverture qui permet à peine l'introduction d'une sonde des plus petites : alors la maladie prend le nom de fistule capillaire. Si l'orifice est rétracté et que ses bords soient recouverts d'une peau d'apparence saine, la petite ouverture peut facilement échapper; mais si l'on presse sur le sac on verra sortir une larme.
Le meilleur traitement pour la fistule lacrymale consiste à fendre les points lacrymaux, à diviser le ligament palpébral interne et à passer une sonde librement. Si le passage est libre, la fistule se ferme généralement dans l'espace de quelques jours; mais si le passage est oblitéré ou que la maladie de l'os soit étendue, il peut être nécessaire d'oblitérer le sac ou de forcer le passage. Ce dernier résultat doit être obtenu à l'aide de l'une des sondes de Bowman ou du dilatateur de Weber. Seulement il faut avoir bien soin d'agir très-délicatement, car si l'on emploie la force sans précau-tion, on est sûr de produire de grands dommages. Dans la fistule capillaire dont les bords sont couverts par une peau molle, il est quelquefois à propos de les mettre à vif et de fermer ensuite l'ouverture avec une suture, ce qui produira la réunion par première inlention.
Les polypes du sac sont très-rares ; ils ressemblent beaucoup comme structure aux polypes du nez et peuvent atteindre le volume d'une petite noix. Ils donnent lieu à une sensation toute particulière de résistance et
(1) Voyez l'article de M. Laurence : On Removal of the Lachrymal Gland as a radical cure for Lachrymal Diseasc, in Ophlhdlmic Review, u° 12. d'élasticité sous le doigt, et quoiqu'à l'aide delà pression on puisse faire evacuerunecertainequantite.de fluide glaireux ou muco-purulent, ce-pendant il esl impossible de vider le sac complètement. Si l'on incise, un peu du fluide s'échappe, et le polype, comme une masse gélatineuse, surgit dans la plaie (1). Si le sac est malade dans une grande étendue, ou qu'il y ait un rétrécissement considérable du conduit nasal, il peut être néces-saire d'oblitérer le sac après l'enlèvement du polype.
Des cas d'hémorrhagie du sac qui produisent l'imperméabilité de celui-ci sont très-rares ; deux cas de ce genre ont été rapportés par de Graefe (2). La présence de concrétions crayeuses dans les conduits ou dans le sac lacrymal est très-rarement observée.
Tandis que dans certains cas le point est absent dans une paupière, ce qui a lieu par suite d'inflammation, il peut aussi arriver qu'il y ail plus d'un point dans une paupière. Ces points supplémentaires se ren-contrent généralement dans la paupière inférieure et sont placés tout prés du véritable point (3).
(1) Voyez un cas de de Graefe, A. f. 0., I, 283.
(3) Voyez des cas de points supplémentaires rapportés parmi d'autres par de Graefe, A. f. 0., t, 1, 288. — Weber, ibid., VIII, I, 1, 352. — Ze.hender, Kl. Monatsbl., 1863, p. 394.