‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 109 sur 149 · XI. — Blessures et lésions de rorljïte · texte numérisé non relu

XI. — Blessures et lésions de rorljïte

Les plaies de l'orbite causées par des instruments tranchants et pointus doivent toujours être surveillées avec le plus grand soin, caries symptômes sérieux ne se montrent pas toujours tout de suite après la production de la plaie, mais souvent ils se manifestent un peu plus tard. L'instrument

(1) Traité des maladies des yeux. qui a causé la blessure doit être examiné^ afin que l'on soit certain qu'il ne s'est pas brisé et qu'un petit éclat n'a pas pu sauter dans l'orbite. Lors même que le globe de l'oeil lui-même et les os de l'orbite auraient échappé à une lésion directe, il est possible qu'il y ait inflammation du tissu cellu-laire de l'orbite et une formation de pus plus ou moins étendue peut très-bien exister.

Les corps étrangers, surtout si leur volumeest petit, tels que des éclatsde verre, d'acier, etc., peuvent rester pendant fort longtemps ignorés au fond de l'orbite. La pression d'un corps étranger ainsi logé dans l'orbite peut devenir dangereuse par suite d'un coup reçu directement sur le globe de l'oeil, le nerf optique ou les cloisons orbitaires pouvant être fracturés. Ou bien encore ces parcelles peuvent produire de l'inflammation du tissu cellulaire de l'orbite ou du périoste, etc.

Quelquefois de très-gros corps étrangers se sont logés dans l'orbite sans que le malade s'en soit douté. Des cas de ce genre très-extraordi-naires ont été rapportés, entre autres par Nélaton (1) et par R. B. Carter, de Stroud (2). Dans le dernier cas un éclat de 3 pouces ■— de longueur était reslé dans l'orbite pendant dix ou vingt jours, sans que le malade s'en aperçût. Cet éclat fut enlevé avec succès par M. Clarke, et le malade guérit sans éprouver aucun symptôme défavorable ; la vue et le globe de l'oeil restèrent intacts.

Les fractures des cloisons de l'orbite sont extrêmement dangereuses, surtout quand le toit ou la partie supérieure de la cloison interne est fracturée, car alors le corps étranger (souvent l'extrémité d'un instru-ment pointu, telle que le fer d'un parapluie, etc.) peut pénétrer dans le crâne, ou bien les éclats de l'os fracturé peuvent provoquer une inflam-mation considérable du cerveau ou des méninges. La gravité de la lésion et l'apparition des symptômes cérébraux peuvent n'apparaître qu'un ou deux jours après l'accident.

Si la fracture s'étend depuis l'orbite jusque dans les cellules frontales ou ethmoïdales, il y a généralement de l'emphysème de l'orbite et des paupières.

Le traitement des lésions de l'orbite doit varier suivant leur nature. Dans les cas de plaies par instrument tranchant ou piquant, on doit essayer de diminuer l'inflammation par les compresses froides, les sangsues, etc., et une évacuation du pus. Les corps étrangers devront être enlevés aussi-tôt que possible, excepté s'ils sont assez petits pour ne pouvoir être trou-vés que difficilement, et que leur enlèvement cause plus de trouble que leur présence.

(1) Zander et Geisslér, loc. cit., 225.

(2) Ophth. Rev.} n° 4, p. 337.

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