‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 116 sur 149 · IX. — Ptosis · texte numérisé non relu

IX. — Ptosis

Dans cette affection la paupière supérieure tombe, de façon que f ou-verture palpébrale soit considérablement rétrécie et la cornée plus ou moins couverte ; le malade étant incapable de relever la paupière par un simple effort de la volonté. Dans le chapitre qui traite des affections paralytiques des muscles de l'oeil, on a dit que le ptosis était un symptôme fréquent dans la paralysie du troisième nerf, parce que l'élévateur palpébral supé-rieur est nourri par ce nerf. Dans une paralysie complète du troisième nerf, on trouverai! en outre du ptosis et, en soulevant la paupière supé-rieure, que l'oeil est immobile dans toutes les direclions, excepté en dehors, et que la pupille esl dilatée et le pouvoir d'accommodation paralysé. Le ptosis peut être complet ou partiel; dansle premier cas, la paupière supé-rieure peut encore être soulevée et ne retombe pas complètement. Dans le dernier elle pend presque immobile et ne peut être relevée qu'avec l'aide du doigt. L'ouverture palpébrale peut être élargie et la paupière supérieure légèrement soulevée par le relâchement de l'orbi-culaire et la contraction du muscle frontal. Les causes de la paralysie du troisième nerf ont été déjà mentionnées à la page 589 et je ne les rappel-lerai pas ici. Il doit être ajoulé cependant que dans certains cas rares la branche de l'élévateur palpébral peut être seule intéressée, ce qui esl dû à la compression directe exercée par une exostose, une tumeur, etc., les autres branches du troisième nerf restant parfaitement intactes. Ou bien encore quelques lésions traumaliques s'allaquant au nerf ou au muscle lui-même peut causer celte affection. Le ptosis peut exister indépendam-ment de toule maladie paralytique et être dû à un manque de dévelop-pement ou à une insuffisance congénitale de l'élévateur palpébral qui coexiste quelquefois avec de l'épicanlhus. Ou bien encore êlre consécutif à une enflure considérable de la paupière et à une hypertrophie de la conjonctive accompagnée d'ophthalmie purulente ou granuleuse, l'été vateur n'étant pas assez fort pour supporter le poids. Un certain degré de ptosis est aussi quelquefois observé chez les gens âgés ; s'il y a une grande abondance de peau flasque et que l'élévateur soit faible.

Le traitement varie suivant la cause de l'affection ; si elle est para-lytique on devra adopter le traitement indiqué dans le chapitre des affections paralytiques de l'oeil (page 585). L'électricité est sou-vent très-utile. Cependant si la maladie résiste à tous les remèdes ôïi devra avoir recours à l'intervention chirurgicale. Dans les cas ou le ptosis est simplement dû à. une surabondance ou à une hypertrophie de la peau, un pli horizontal de cette dernière parallèle au bord de la pau-pière devra être relevé avec une pince et excisé. Les bords de la plaie étant réunis par des sutures fines.

Bowman et de Graefe ont essayé de porter plus en avant l'insertion de l'élévateur palpébral, afin d'augmenter sa puissance, se basant sur le même principe que celui qu'on suit quand on porte plus en avant l'in-sertion de quelques-uns des muscles oculaires, mais les résultats ne furent pas favorables. De Graefe (1) a plus récemment conseillé l'opération sui-vante : une incision transversale est faite à travers la peau à deux lignes et demie environ de son bord libre, et s'étend sur toute la longueur de la paupière, l'incision étant pratiquée de manière à exercer une traction sur les bords, et à séparer avec le couteau, le lissu cellulaire sous-cutané.

Quand on a exposé ainsi une quantité suffisante de la surface orbicu-laire, on la saisit avec des pinces et l'on excise une partie de h à 5 lignes de large en ayant soin de ne pas laisser la surface sous-jacente. L'incision esl alors réunie par des sutures qui sont portées à travei s la peau et les bords coupés de l'orbiculaire. L'effet de celle opération est un raccour-cissement de la paupière supérieure, un affaiblissement de l'action de l'orbiculaire et une aide pour l'action de l'élévateur. Quand la longueur de la paupière se trouve augmentée, de Graefe, après avoir fini l'incision transversale, en fait une seconde dont la convexité se trouve au-dessous, de sorte qu'il peut combiner un raccourcissement de la peau avec le rac-courcissement sous-cutané de la paupière.

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