‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 118 sur 149 · XI. — Klépliarosnnsmc · texte numérisé non relu

XI. — Klépliarosnnsmc

Cette affection varie beaucoup comme intensité ; à un degré peu consi-dérable, il peut n'y avoir qu'un mouvement temporaire et une légère contraction des paupières qui disparaît rapidement; dans les formes graves, au contraire, le spasme de l'orbiculaire peut-être assez fort pour que les paupières soient pressées l'une contre l'autre et qu'il soit presque impossible au malade ou au chirurgien de les entr'ouvrir. Si l'on essaie d'ouvrir l'oeil de force on produit une douleur intense et il peut même arriver que le malade tombe dans des convulsions épileptiformes. Au début, la maladie est généralement modérée, mais si les causes persistent ou si l'on n'adopte pas un traitement efficace, elle augmente, devient plus intense, et le spasme qui d'abord était seule-ment périodique devient permanent, en sorte que le malade ne peut plus ouvrir son oeil du tout. L'autre oeil peut alors devenir malade à son tour de-la même manière et les muscles de la face, du cou et même des ex-trémités peuvent subir des contractions spasmodiques (1).

La blépharospasme se rencontre souvent dans le cours des affections inflammatoires delà cornée et de la conjonctive et si un corps étranger est (1) A.f. 0., I, 1, MO. logé dans les plis de cette dernière. En pareil cas, il est évidemment dû à une névrose réflexe qui dépend de quelque irritation des branches du cin-quième nerf.Cette maladie en outre se développe dans les cas graves d'hyper-esthésie delà rétine; on l'observe aussi avec des névralgies du nerf orbir téral supérieur ou des autres branches de la cinquième paire. Le siège exact de ces affections reste parfois ignoré tant qu'on n'a pas trouvé un certain point sur lequel une pression exercée arrête le spasme immédiatement. On doit aussi mentionner que dans quelques cas une pression même, directe exercée sur le nerf facial, à sa sortie à travers leforamen stylo-mastoïde, arrête le blépharospasme (Romberg).

Le traitement de cette maladie doit varier suivant sa cause et sa durée. Ainsi le blépharospasme grave, que l'on rencontre souvent dans le cours des affections de la cornée, disparaît souvent avec elles ou bien, s'il persiste encore, cède aux toniques, aux immersions de la tête dans l'eau froide, aux bains froids, aux bains de mer et aux injections sous-cutanées de morphine. En réalité ce dernier remède est souvent très-utile dans le traitement de ces affections spasmodiques. On emploie une injection de 1 à 2 centigrammes, et l'on a soin de diriger l'injection sur le point où la pression arrête le spasme; celte opération doit être répétée plusieurs fois. Si cependant ce remède ne guérit pas le blépharospasme, et si la pression exercée sur le nerf orbital supérieur l'arrête et permet au ma-lade d'ouvrir l'oeil momentanément, ce nerf devra êlre divisé. Celte opération fut pratiquée pour la première fois par de Graefe, d'après le conseil de Romberg, dans un cas de blépharospasme intense qui s'était développé par suite de l'introduction d'un corps étranger dans les plis de la conjonclive. C'était évidemment un cas d'hyperesthésie de l'orbi-culaire causée par une contusion, et Romberg croyait à un spasme réflexe dû à l'irritation pathologique des nerfs sensitifs. Il conseilla par consé-quent la division du nerf superorbilal dont les branches récurrentes sont probablement distribuées à l'orbiculaire. L'opération réussit parfai-tement, et depuis elle a été souvent répétée par de Graefe et d'autres chirurgiens avec beaucoup de bonheur. Le nerf superorbital doit être divisé très-près de sa sortie dans le foramen superorbital, et, afin de faci-liter cette opération, le sourcil doit être tiré fortement en haut de façon que la peau soit bien tendue. Si le nerf n'est pas complètement divisé, l'effet ne sera que temporaire, el l'on sera obligé de répéter l'opération. Comme cet insuccès est dû quelquefois à la réunion des extrémités divi-sées du nerf, quelques chirurgiens ont l'habitude de couper une partie de ce dernier. Après l'opération il doit y avoir un certain degré d'anes-thésie, juste au-dessus de la partie divisée du nerf dans la paupière supé-rieure. L'opération doit être pratiquée avec l'aide du chloroforme, surtout chez les enfants. Avant l'opération le chirurgien doit essayer si la com-

TRICHIASIS ET DISCIIIASIS. 729 pression forte du nerf superorbital arrête le blépharospasme, car il n'y a qu'en pareil cas qu'on peut espérer de l'opération un bon résultat.

Nictïlation. — Ce mouvement, convulsion involontaire des paupières, se rencontre à différents degrés et est dû généralement à une névrose réflexe qui produit une contraction spasmodique de l'orbiculaire. Ces •tressa-il ements se suivent l'un l'autre rapidement. L'affection peut êlre limitée à un oeil ou envahir les deux yeux, la paupière supérieure étant plus fréquemmentalteinteque la paupière inférieure. Cet état est toujours augmenté d'une façon notable par l'agitation nerveuse de l'esprit, et on le rencontre fréquemment chez les personnes faibles, délicates elhystériques. Il peutaussi êlre causé par quelque irritation locale telle que le renver-sement des cils, une légère inflammation de la conjonctive, etc. On l'ob-serve quelquefois dans les cas d'hypermétropie lorsque le sujet ne porte pas de lunettes, et quand la cause cesse, l'effet cesse naturellement. Chez les personnes nerveuses et délicates la santé générale doit être soignée et une lotion aromatique et légèrement stimulante doit êlre appliquée aux paupières; la douche sur l'oeil doil êlre employée aussi. Dans l'hy-permétropie on ordonnera des lunettes convenables et le tressaillement disparaîtra bientôt.

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