‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 13 sur 149 · XIII. — Anchyloblépharon · texte numérisé non relu

XIII. — Anchyloblépharon

On désigneainsi une adhésion cicatricielle plus ou moins étendue, mince et membraneuse, des bords des paupières ensemble. Cela coexiste souvent avec le blépharon, la même cause ayant donné lieu à ces deux affections. Quelquefois l'adhésion est limitée à l'angle interne de l'oeil et laisse peut-être une petite ouverture à travers laquelle les larmes peuvent s'échapper et une sonde peut être passée. Des adhésions membraneuses, très-éten-dues, entre les bords de la paupière, sont généralement congénitales. Les causes les plus fréquentes d'anchyloblépharon sont des blessures chimi-ques et mécaniques, telles que des brûlures de fer chaud, de plomb fondu, d'acide puissant, etc., etc. Dans ces cas, il y a aussi en général du symble-pharon. La blépharite, accompagnée d'ulcération du bord des paupiè-res, peut aussi produire cette affection, surtout si les ulcères sont placés en face l'un de l'autre sur les deux paupières et tenus longtemps en contact par un bandage appliqué sur l'oeil (Stellwag).

Avant de tenter une opération pour la guérison de l'anchyloblépharon, le chirurgien doit examiner s'il y a en même temps du symblepharon, et dans quelle étendue; s'il envahit ou non la cornée. Car si la paupière est largement adhérente à la cornée, on retirera peu ou pas de bénéfice d'une opération. S'il y a une petite ouverture au côté nasal, ou si l'anchyloblé-pharon est partiel, on passera une sonde sous la paupière, afin de voir s'il y a des adhésions entre cette dernière et le globe de l'oeil. Si l'adhé-sion entre les paupières est complète, le meilleur moyen de s'en assurer est de pincer la paupière supérieure et de former un pli, de la tirer ainsi du globe et de dire alors au malade de remuer son oeil dans des di-rections différentes,en sorte qu'on puisse facilement estimer la liberté, des mouvements.On doit aussi examiner la quantitéde lumière que reçoitlemalade,afin déjuger, autant que possible, si la cornée et larétinesont saines.

Si l'adhésion entre les paupières n'est pas très-considérable, si elle consiste en une ou plusieurs petites bandes, on se contentera de la diviser simplement tout près du bord delà paupière; afin de prévenir l'adhésion des surfaces, on les touchera avec le collodion(HaynesWalton). Si l'anchyloblépharon est complet, mais qu'il existe une petite ouverture près de la partie nasale, on fera passer à travers une petite entaille un guide qui courra derrière l'adhésion qu'on divisera sur lui avec un scalpel. S'il n'y a pas d'ouverture, l'opérateur soulèvera d'abord les paupières du globe de l'oeil dans un pli vertical, divisera l'adhésion à cette place et intro-duira ensuite un guide à l'aide duquel on finira l'opération.

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