IV. — Tremblement de l'Iris (irîdodonésie
La cause la plus fréquente de cet état est l'absence de la lentille, ou sa dislocation partielle ou complète. En pareil cas, on voit distinctement l'iris qui tremble et oscille quand l'oeil se meut dans diverses directions. Dans les cas de dislocation partielle de la lentille, le tremblotement sera limité à la portion de l'iris qui ne sera plus supportée par la lentille.
Cet état peut aussi se rencontrer dans ces cas d'hydrophthalmie où le volume de la chambre antérieure est très-accru et où l'iris, tiré de côté, perd l'appui de la lentille.
On a d'abord supposé que l'ondulation de l'iris était produite par un état fluide de l'humeur vitrée. Cette opinion est fausse, ainsi qu'on en a eu la preuve à l'aide de l'ophthalmoscope, car on rencontre souvent des cas dans lesquels une portion considérable de l'humeur vitrée ou même l'humeur vitrée tout entière, peut être diagnostiquée à l'état fluide, à cause des quantités d'opacités vitreuses que l'on y voit flotter, et où cependant l'iris ne montre pas la moindre tendance au tremblotement.
T. — Lésions de Pirls.
Les plaies de ponction ou d'incision de l'iris ne sont suivies en général d'aucune conséquence sérieuse, du moment que la lentille n'a pas été atteinte. Il est suffisamment prouvé par l'opération de l'iridectomie, par l'incision accidentelle de l'iris dans l'extraction de la cataracte, par la ponction de l'iris qui peut se présenter pendant l'opération à l'aiguille pour la solution de la cataracte ou par la division du reste de la capsule opaque, que l'iris supporte suffisamment bien de pareilles plaies ; règle générale, les opérations dont nous venons de parler ne sont pas suivies de l'iritis. Des plaies qui déchirent et entraînent l'iris sont beaucoup plus dangereuses que celles qui produisent simplement une coupure nette.
L'arrivée brusque sur l'oeil d'un corps étranger, tel qu'un morceau de bois, le bouchon d'une bouteille d'eau de Seltz, peut causer la rupture de la continuité de l'iris, mais plus fréquemment encore une rupture de sa grande circonférence, l'arrachement de l'iris d'avec son attache ciliaire et la production d'une corédialyse. Ce fait arrive plus facilement si le bord de la pupille est retenu en bas par des adhérences à la capsule; de telles pupilles secondaires peuvent êlre lout de suite reconnues par l'éclairage oblique, et encore plus facilement avec l'ophthalmoscope; car alors le reflet rouge du fond de l'oeil apparaît de même à travers cette
HYPÉRÉM1E DE L'IRIS. 175 pupille. De pareils accidents, aussi bien que les blessures d'incision de l'iris, sont accompagnés par plus ou moins de sang épanché dans la chambre antérieure.
1 M. Lawson (1) raconte un cas extraordinaire de lacération de l'iris, sans aucune lésion des tuniques de l'oeil. Cette lacération avait été pro-duite par l'éclat d'un boulet, qui était venu frapper l'oeil après avoir été sur le but. Ce cas était soigné par M. Critchett. Les tuniques externes de l'oeil étaient presque complètement intactes, el la partie externe de la cornée présentait seulement une inégalité légère de la surface épithé-liale, sans aucune opacité et sans aucune marque, pour indiquer le point qui avait reçu le coup. En regardant dans l'oeil, on apercevait d'abord deux pupilles placées immédiatement l'une au-dessus de l'autre. La plus basse était séparée de la plus haute par une petite ligne d'iris, et la pupille supérieure entourée par un bord d'iris, en sorte qu'elle en était distincte et n'empiétait pas sur l'attache ciliaire de l'iris; les marges de la nouvelle pupille, soigneusement examinées, furent trouvées légèrement lacérées et irrégulières.
Des cas de rupture du plus petit cercle de l'iris accompagnée de dila-tation de la pupille ont été rapportés par M. White Cooper. Wecker a vu cependant un cas dans lequel le sphincter de la pupille avait été rompu par suite d'un coup violent reçu sur l'oeil, et sans qu'il y eût dilatation consé-cutive de la pupille.
Un état très-rare et tout particulier est celui dans lequel des coups reçus sur l'oeil produisent la rétraction ou la dépression d'une partie de l'iris. La partie de l'iris qui est déprimée est repliée sur elle-même en ar-rière, et le cercle pupillaire interne disparait sur le point où ce pli se pro-duit. La partie périphérique de l'iris est presque invisible, car elle s'est retirée en arrière, hors de vue, de sorte que, sur ce point, l'oeil a le même aspect que si l'on avait pratiqué une iridectomie à l'attache ciliaire. En examinant l'oeil par l'éclairage oblique ou avec l'ophthalmoscope, il est impossible de trouver la trace de l'apophyse ciliaire, comme on pour-rait le faire si l'iris avait été enlevé (2). ,
En pareil cas, on trouve généralement la lentille partiellement dislo-quée ou très-diminuée de volume.
Le traitement des maladies de l'iris doit être dirigé de façon à dimi-nuer tous les symptômes inflammatoires qui peuvent survenir. L'atropine sera souvent versée dans l'oeil goutte à goutte; des sangsues, si c'est né-cessaire, seront appliquées aux tempes et, pendant les quelques heures qui
(1) Maladies de l'oeil. (Orbite, etc., 123.)
(2) Pour la description étendue des cas intéressants, voyez Mooren's Ophthalmialrische Beobachtungen, 131, et Wecker, Traité des maladies des yeux, 1, 425. suivent immédiatement l'accident, on mettra des compresses froides^ce qui soulagera beaucoup et combattra la tendance à l'inflammation. S'il y a prolapsus de l'iris à travers la cornée, ou si la lentille a été atteinte, on suivra le traitement indiqué dans les articles sur les lésions de la cornée et la cataracte traumatique.
Des petits corps étrangers, tels que des parcelles d'acier ou de verre, etc., peuvent se loger dans l'iris ou l'attaquer pendant leur passage derrière l'oeil. La présence d'un corps étranger, même très-petit, dans le tissu de l'iris, estime source constante d'irritation, et, par conséquent, cause bien-tôt des complications inflammatoires plus ou moins graves, donnant lieu à de la cornéo-iritis, ou même peut-être à de l'irido-choroïdite suppurative. Il est donc parfois très-sage d'extraire le corps étranger aussitôt que pos-sible ; le meilleur moyen pour y arriver est de pratiquer l'iridectomie, à l'aide de laquelle on excisera la partie de l'iris dans laquelle est logé le corps étranger.