‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 34 sur 149 · CHANGEMENTS DANS LA CHAMBRE ANTÉRIEURE · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS DANS LA CHAMBRE ANTÉRIEURE

Corps étrangers. — De petites parties de métal, des éclats de verre, des cils, etc., etc., peuvent pénétrer la cornée et, venir se loger dans la chambre antérieure. Là, ils peuvent être libres, ou bien adhérer en partie à la cornée et à l'iris, el être, pour l'autre partie, situés dans la chambre antérieure. La présence de ces corps dans ceLte dernière déve-loppe souvent une iritis grave, ou de l'irido-choroïdite. Mais, d'autres fois, après que les effets immédiats de la plaie sont passés, le corps étranger peut rester pendant plusieurs années clans la chambre antérieure, sans exciter aucune lésion sérieuse de l'oeil affecté, ou aucune maladie sym-pathique de l'autre oeil. Ainsi, Samisch (1) rapporte un cas dans lequel un fragment de pierre est resté douze ans dans la chambre antérieure, sans causer aucune lésion sérieuse. Le corps étranger s'était logé dans l'origine de la lentille ; celle-ci fut absorbée, et alors le fragment de pierre tomba dans la chambre antérieure, restant attaché à la cataracte secon-daire par un mince filament. Comme il s'était développé quelque irrita-tion quinze jours avant, Samisch fut consulté par le malade, et put l'extraire avec succès par une grande incision linéaire de la cornée com-binée avec une iridectomie. Wecker (2) a enlevé avec succès un fragment de pierre, qui était resté quatorze ans dans la chambre antérieure sans causer aucune irritation.

En enlevant ces corps étrangers de la chambre antérieure, on doit faire attention à ce que l'incision de la cornée soit suffisamment grande, et située de façon que le corps étranger puisse êlre facilement atteint. On pratique alors une grande iridectomie, et le corps étranger, saisi avec les pinces à iridectomie ou le crochet à iris, est extrait. Si le corps étran-ger (par exemple un éclat d'acier) est en partie dans la cornée, et en partie clans la chambre antérieure, la lame du couteau à iridectomie sera passée derrière lui, afin de le fixer et de le pousser en avant, à travers la cornée, où son extrémité antérieure sera saisie par des pinces.

Cysticerques. — Ils se rencontrent parfois dans la chambre antérieure, et plus de vingt cas de ce genre ont été rapportés par différents auteurs. Le diagnostic n'est pas difficile, car le petit animal se montre sous la forme d'une petite vésicule transparente, qui se trouve généralement sur la surface de l'iris. La vésicule exécute parfois des mouvements très-nota-bles, surtout quand la pupille est stimulée, et se contracte activement sous l'influence d'une forte lumière. La tête et le cou de l'animal sont par-fois allongés au dehors, où il remue. Les cysticerques peuvent être libres dans la chambre antérieure, ou adhérer en partie à la cornée ou à l'iris. Le cas suivant, rapporté par M. Pridgin Teale (3), montre parfaitement (1) Klin. Monatsblàtter, III, 46.

(2) Klin. Monatsbl., 1867, 36.

(3) R. L. 0. H. Rep.,y, 320.

les symptômes que cause la présence d'un cysticerque, et le mode de trai-tement qu'on doit adopter. « Marie-Isabelle Bateman, habitant Amerley,

me fut amenée le 2 juin pour une sensibihte.de

l'oeil droit. En examinant l'oeil, on apercevait

(voy. fig. 25), sur la surface de la partie inféf

rieure de l'iris, un corps opaque resserré dans/

le milieu et un peu plus long qu'un grain:

de chènevis ; ce corps causait évidemment de

la douleur, La conjonctive était légèrement

injectée, la cornée était brillante, mais ponc-;

tuée à sa surface postérieure avec de petites

taches, comme dans l'iritis cornéale. L'iris était actif, excepté aux endroits du corps blanc, près duquel il adhérait à la capsule de la lentille. La tension était normale; on lisait le n° 16 de Jaeger. » La mère dit que, depuis deux ou trois ans, l'oeil avait été en-flammé de temps à autre. Six semaines avant de venir consulter, elle

avait remarqué pour la première

fois une tache sur l'iris grosse

comme une tête d'épingle, qui, •

au bout de cinq semaines, avait

doublé de volume. L'enfant était

toujours très-délicate et avait

souffert longtemps des vers,

mais jamais du ténia.

Le 9 juin, M. Teale fit une

incision sur le bord de la cor--

née avec un couteau à cataracte,

et enleva le morceau d'iris sur

lequel l'animal était fixé, le cou--

pant sans détruire le cysticerque.

Quand il fut enlevé de l'oeil, on put iacilement reconnaître les mouvements lents et les changements de forme de ce corps. A l'examen microscopique, on vil la tête et le cou sur-montés par un cercle de petits crochets, et quatre suçoirs qui se croche-taient sur le côté du corps (fig. 26).

L'enlèvement du cysticerque eut pour résultat la disparition de tous les symptômes inflammatoires etde l'irritabilité de l'oeil, et au bout de quatre mois la malade pouvait lire le n°l de Jaeger.

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