‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 38 sur 149 · I. — Éptscléritc · texte numérisé non relu

I. — Éptscléritc

Quoique cette affection ne soit pas dangereuse, elle est souvent très-; fatigante, et elle manifeste une grande tendance aux rechutes. Elle se distingue par une petite élevure d'un rouge terne ou d'un jaune rou-; geâtre placée sur la sclérotique, tout près de l'insertion d'un des mus-cles droits et à une petite distance du bord de la cornée. Elle se déve-loppe plus fréquemment dans la partie temporale de la sclérotique, près de l'insertion du muscle droit externe. Le développement de ce petit nodule est généralement précédé et accompagné par une rougeur plus ou moins considérable, conjonctivale et subconjonctivale, surtout de ce segment du globe de l'oeil sur lequel Pélevure est située et auquel en réalité est confinée la vascularité. Le tissu subconjonctif est sur ce point épais et enflé d'une façon marquée, et a une teinte particulière pourpre rouillé foncé ; les vaisseaux sanguins et peut-être aussi ceux de la conjonctive sont un peu dilatés, tortueux et d'une teinte obscure. Très-souvent, la conjonctive est à peine affectée, la vascularité et l'enflure étant limitées au tissu subconjonctif et aux couches superficielles de la sclérotique. Il y a quelquefois beaucoup de névralgie ciliaire, de photo-phobie, de larmoiement; mais d'autres fois ces symptômes manquent complètement, et le malade éprouve seulement un léger malaise, ou une sensation de lourdeur et de pesanteur autour de l'oeil. Le point affecté de la sclérotique peut aussi être plus ou moins sensible au toucher. A la partie extérieure, l'affection pourrait être prise pour une ophthalmie phlycténulaire ou pustulaire, mais le petit nodule s'accroît vite et prend bientôt un aspect bronzé d'un rouge brun, avec une large base et sans aucune tendance à l'ulcération ou à la suppuration. Graduellement .le nodule devient plus pâle, diminue de volume, et disparaît lentement après, avoir existé pendant plusieurs mois peut-être. Ou bien encore, il peut revenir plusieurs fois, soit à la même place, soit sur un autre point

STAPHYLOME ANTÉRIEUR DE LA SCLÉROTIQUE. 221 du iglobe de l'oeil, de sorte que la maladie peut voyager autour de la cornée d'un point à l'autre.

La maladie est non-seulement très-tenace et très-prolongée, mais encore le traitement local ou général exerce sur elle très-peu d'influence : elle se développe le plus souvent chez les femmes adultes, et ne paraît avoir aucune cause appréciable, excepté peut-être une plus grande fréquence chez les individus rhumatisants. La cornée est quelquefois intéressée, surtout cette partie de la cornée la plus près de Pélevure; les parties superficielles de la cornée deviennent nuageuses, et cette opacité prend quelquefois l'aspect d'un arc sénile partiel. S'il y a de la douleur et de l'irritation ciliaire, des gouttes d'atropine seront employées, et des fomen-tations chaudes de pavot appliquées dans l'oeil. J'ai trouvé l'insufflation de calomel ou l'usage de l'onguent au précipité rouge très-utile; mais je pense qu'ils sont contre-indiqués s'il y a de l'irritation ciliaire ; cette remarque s'applique encore plus aux collyres caustiques. J'ai cependant trouvé quelquefois de grands bénéfices à employer un collyre de chlo-rure de zinc. J'emploie d'abord une solution très-faible (2 centigr. pour 30 grammes d'eau), et si elle est bien supportée, et n'augmente ni la rou-geur ni l'irritation, j'augmente la force du collyre jusqu'à 5 ou 10 centi-grammes pour 30 grammes d'eau. Le malade devra suivre un régime nourrissant, et les toniques seront largement administrés.

Page 1