‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 4 sur 149 · I. — Dypcrémic tle la conjonctive · texte numérisé non relu

I. — Dypcrémic tle la conjonctive

Il n'est pas rare de voir une hypérémie de la conjonctive, qu'il est d'une grande importance pratique de distinguer de la forme bénigne de la conjonctivite. Dans le premier cas, nous trouvons, en retournant les paupières, que leur membrane interne est d'un rouge anormal, un peu enflée et traversée par des réseaux bien marqués de vaisseaux sanguins, qui rendent les glandes de Meibomius en quelque sorte indistinctes. L'accroissement de la rougeur peut s'étendre au pli rétro-tarsol, à la caroncule, au pli semi-lunaire et môme à la conjonctive oculaire, de sorte que le blanc de l'oeil paraît injecté. Les papilles de la conjonctive peuvent être aussi légèrement enflées et bouffies; ce qui donne une apparence rude et veloutée à la partie interne des paupières. Le malade éprouve généralement de la cuisson et de la démangeaison dans l'oeil, une sensation de pesanteur dans les paupières, et parfois une certaine difficulté à les tenir ouvertes. Ces sensations deviennent plus pénibles pendant la soirée et surtout au contact de la lumière artificielle. Il y a quelquefois une légère tendance au larmoiement quand les yeux sont exposés au vent ou à la fumée, mais on ne trouve pas de traces d'un . écoulement muqueux.

Cet étal hypérémique peut être le résultat d'un travail continu sur de petits objets, tels que la lecture, la gravure, le travail du microscope, surtout à l'aide d'une forte lumière artificielle. C'est aussi quelquefois un symptôme réflexe de l'hypérémie de la choroïde et de la rétine. Ainsi, chez les personnes dont la vue est très2courte et qui sont atteintes de sclérotico-choroïdite postérieure, on remarque souvent que la conjonc-tive s'enflamme, si elles persistent longtemps à coudre ou à lire, etc.. Le même résultat se produit chez les personnes dont les yeux sont hyper-métropes et qui n'emploient pas de lunettes ou qui ont des verres trop faibles, en sorte que leur puissance d'accommodation est fatiguée et sur-menée.

L'hypérémie peut être aussi causée par un état irritant de l'atmo-sphère, tel qu'un vent froid, de la poussière, etc.; ou bien elle peut être due à des irritants mécaniques, tels qu'un corps étranger logé sous la paupière ou dans la cornée , le renversement des cils ou une obstruction des passages lacrymaux.

Le traitement de l'hypérémie de la conjonctive est très-simple, et sera surtout dirigé contre la cause. Si la maladie a été amenée par le travail, on doit le faire cesser ; et si le malade est hypermétrope, il faut lui con-seiller des lunettes appropriées; la douche oculaire ou le pulvérisateur seront souvent employés et les paupières baignées avec une lotion qu'on laisse évaporer, ce qui soulagera beaucoup la sensation de pesanteur des paupières.

Les lotions suivantes sont très-utiles en pareil cas :

Ifi Sirop d'éther nitrique h. grammes.

Vinaigre aromatique 6 gouttes.

Eau distillée 6 gouttes.

Pour être appliquée avec une éponge sur les paupières fermées trois ou quatre fois par jour et être laissée évaporer.

"if Éther 8 à 16 grammes.

Alcoolat de romarin 110 grammes.

Pi

Pour être employée de même que la précédente, mais en plus pelite quantité, surtout si la peau est très-susceptible ou très-délicate. Les meil-leures lotions astringentes sont composées de deux ou quatre grains de sulfate de zinc ou d'acétate de plomb dans quatre ou six parties d'eau. Un morceau de mousseline saturé avec cetle lotion doit être placé sur les pau-pières pendant quinze ou vingt minutes; ce pansement doit être répété plusieurs fois par jour et quelques goutles de la lotion doivent entrer dans l'oeil.

Mais si l'hypérémie est devenue chronique, ces applications ne pour-ront pas suffire, et il sera nécessaire d'appliquer une ou deux gouttes d'un collyre faible (5-10 cenligr. pour 30 gram. d'eau) de sulfate de zinc ou même de nitrate d'argent sur la conjonctive; le sulfate de cuivre et aussi le lapis (1) peuvent être appliqués en substance. La douche oculaire ou des compresses froides pourront être employées après ces applications. Je dois appeler l'attention sur une erreur populaire très-répandue : on (1) Le lapis âivinus se compose de parties égales de sulfate de cuivre, de nitrate de potasse et d'alun. Tous ces ingrédients sont moulés en forme de baguette.

. OPHTHALMIE CATARRHALE. 17 croit se Fortifier" les yeux en plongeant la figure dans de l'eau froide, quand les paupières sont ouvertes. Cette manière d'agir doit être évitée, car elle produit souvent de l'irritation et de l'hypérémie de la con-jonctive.

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