‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 5 sur 149 · II. — Oplitbnlmfe catarrlialc · texte numérisé non relu

II. — Oplitbnlmfe catarrlialc

Le nom de simple conjonctivite doit, je pense, être mis de côté; ce n'est, en effet, que la forme la plus bônigme de l'ophlhalmie catar-rhale, et il n'y a par conséquent aucune raison pour en faire une maladie distincte.

Dans un cas d'ophthalmie catarrhale, on constate, en retournant les paupières, que la conjonctive est rouge, vasculaire, enflée, de telle sorte que les glandes de Meibomius sont cachées complètement ou en partie. L'hypérémie commence à la partie tarsale de la'conjonctive, à laquelle elle peut s'arrêter dans beaucoup de cas peu graves. Généralement cepen-dant elle s'étend bientôt au pli rétro-tarsal, à la caroncule, au pli semi-lunaire et à la conjonctive oculaire, pour arriver presque à l'extrémité du bord de la cornée.

Quand la maladie diminue, la vascularité en retrace la marche clans la direction inverse. Il est important de distinguer la vascularité de la con-jonctive oculaire de celle du tissu subconjonclif (1). La première est caractérisée par un réseau superficiel de vaisseaux d'une couleur écarlate ou rouge-brique qui remontent jusqu'à l'extrémité de la cornée et se meuvent librement sur la sclérotique. Les mailles de ce filet sont grandes et épaisses, surtout vers la région du pli rétro-tarsal. Sur ces mailles et entre elles on aperçoit des taches rouges de sang, extra-, vase surtout près de la cornée ; cependant ces épanchemenls sont visibles aussi sur la conjonctive palpébrale et près du pli rétro-tarsal. Si la conjonctive oculaire est seule intéressée, la sclérotique blanche-paraîtra brillante à travers les mailles vasculaires; mais si le tissu con--

(1) On distingue trois sortes de vascularité du globe de l'oeil : 1° Les vaisseaux subconjonc-tifs sont d'un rouge-brique, leur réseau est considérable et se meut librement. Ils sont formés de veines et d'artères. 2° Les vaisseaux subconjonctifs sont d'une teinte rosée, leur réseau étant plus petit et les vaisseaux s'irradiant dans des directions parallèles vers le bord de la cor-née, autour de laquelle ils forment une zone rosée : ces vaisseaux sont surtout veineux. 3° Les vaisseaux de la sclérotique, qui n'apparaissent pas comme des vaisseaux individuels, mais comme de petites taches rouges mal définies qui donnent une teinte d'un rouge bleu à la surface de la sclérotique. Pour plus ample information au sujet des vaisseaux sanguins de l'oeil, je dois ren-voyer le lecteur aux importantes recherches de Leber (A. f. 0., XI, i, 1) et aussi à celles de Uonders [KUn. Monaltb'al, 18';â).

jonclif est aussi injecté, on voit alors des vaisseaux parallèles fins et d une teinte rosée qui vont s'irradiant vers la cornée, autour de laquelle ils forment une zone rose ; ces vaisseaux ne sont pas mobiles sur la scléro-tique.

Les paupières sont généralement rouges et enflées, leur température peut être légèrement accrue; mais aucun de ces symptômes n'est marqué comme dans l'ophthalmie purulente.

Parfois l'oedème des paupières est si considérable, que la paupière supé-rieure pend comme un pli épais et recouvre la paupière inférieure. Les bords des paupières sont en général rouges et enflés, et à la dernière période ils sont douloureux et excoriés par suite de l'écoulement et dé la sécrétion altérée des glandes de Meibomius. Cette irritation peut, au bout d'un certain temps, produire de la blépharite marginale.

Le degré de l'enflure des paupières ne correspond pas nécessairement à l'intensité de la maladie ou à la rougeur de la conjonctive. Ainsi, chez les sujets faibles, on trouve parfois un grand oedème des paupières qui nous conduirait à supposer une forme grave de la maladie, et cependant, en ouvrant l'oeil, on est surpris de ne trouver qu'une légère injection de la conjonctive oculaire et palpébrale et peu ou pas d'écoulement; en pareil cas, il faut examiner si le malade n'est pas atteint d'un orgelet ou s'il n'a pas été piqué par un insecte sur la paupière.

Dans les cas plus graves d'ophthalmiecatarrhale, la conjonctive devient très-boursouflée, surtout dans la région du pli rétro-tarsal, de sorte que, en retournant beaucoup les paupières, on la voit apparaître comme un ou plusieurs anneaux d'un rouge plus ou moins foncé tout autour du globe de l'oeil. La caroncule et le pli semi-lunaire sont aussi enflés et ont un aspect charnu, coloré d'un rouge noir. A un degré moins avancé de l'affection, l'enflure de la conjonctive est solide, et il y a un éclat parti-culier, une sorte d'apparence brillante à la surface interne des paupières.. Plus tard tout cela se ramollit, celte enflure devient exactement sem-blable à l'autre, et la conjonctive tombe facilement en plis. Les papilles de la conjonctive deviennent très-bouffies et très-enflées, en sorte que la conjonctive prend cet aspect dur et velouté désigné sous le nom de gra-nuleux (]). Dans les cas graves, et particulièrement chez les personnes âgées et après l'usage continué des applications froides, la conjonctive oculaire peut aussi devenir enflée (chémosis), ce qui est dû. à une infil--

(1) En me servant du mot granuleux pour désigner cet aspect de la conjonctive, je dois in-sister sur la nécessité de ne pas confondre cet état avec le véritable état granuleux des paupières, ce qui arrive assez souvent et produit une grande confusion, non-seulement dans le diagnostic, mais encore dans le traitement recommandé pour ces affections. Dans le premier cas, l'aspect granuleux est dû simplement à l'état infiltré et charnu des papilles, tandis que les vraies granu-lations sont une nouvelle formation d'un caractère tout à fait différent.

OPHTHALMIE CATARRHALE. 19 tration séreuse ou même plastique du tissu conjonctif et subconjonctif. Dans la majorité des cas, cependant, le chémosis est très-léger.

L'écoulement varie comme quantité et comme qualité, suivant la période et l'intensité de l'affection. Dans les premières périodes, c'est seulement en général un accroissement delà sécrétion des larmes. Mais l'écoulement devient bientôt après plus opaque et plus fibreux, et d'un rouge jaunâtre ; il est composé alors d'albumine pour la plus grande partie, et de paréèl'és de cellules épithéliales. A mesure que la maladie fait des progrès et que les symptômes inflammatoires augmentent, l'écoulement devient plus abondant et prend un caractère muco-purulent par suite des cellules de pus qui sont suspendues dans le mucus. L'écoulement prend alors une teinte jaune clairet une consistance plus épaisse et comme crémeuse. Dans les cas peu graves, la quantité de l'écoulement est si petite, qu'il peut aisément passer inaperçu; parfois, c'est seulement par le renverse-ment considérable des paupières que l'on aperçoit un léger filet jaune qui est presque caché et enveloppé dans les plis de la conjonctive ou collecté sous la forme de petites bulles jaunes dans l'angle de l'oeil. Les cils sont en général collés ensemble le matin, par l'écoulement et la sécrétion altérée et exagérée des glandes de Meibomius. • U y a généralement peu de douleur dans l'ophthalmie catarrhale. Lé malade se plaint seulement d'une sensation de chaleur et de démangeai-son dans les paupières, sensation qui le force à les frotter souvent. Cette sensation augmente vers le soir et se manifeste, surtout quand il lit ou écrit à la lumière artificielle, ou s'il se trouve au milieu de beaucoup de monde ou de fumée de tabac. Les paupières sont roides et lourdes, en sorte qu'il est difficile de les ouvrir, ce qui arrive surtout si elles sont un peu contractées et pressent sur le globe de l'oeil. Un des symptômes les plus caractéristiques est la.sensation de corps étrangers, telle que des parcelles de sable, de grès ou de verre pulvérisé, qui seraient logées sous les paupières. Cette sensation est évidemment due, ainsi que l'a fait remarquer Mackenzie, au frottement des papilles tuméfiées contre la con-jonctive oculaire. Cette sensation nous rappelle que les symptômes de l'ophthalmie catarrhale, injection conjonctivale et subconjonctivale, lar-moiement, douleur, etc., peuvent être produits par un corps étranger, et que, par conséquent, la surface interne des deux paupières aussi bien que la cornée doivent être examinées avec soin, afin qu'on puisse savoir au juste s'il y a oui ou non un corps étranger.

Il y.a généralement un léger degré de photophobie. Mais si ce sym-ptôme est plus accusé, surtout s'il est accompagné de larmoiement, d'in-jection de la subconjonctive et de douleur considérable autour de l'oeil et plus spécialement sur le sourcil et sur le côté du nez (névralgie ciliaire), cela indique une grande irritation des nerfs ciliaires. ÎO MALADIES DE LA CONJONCTIVE.

La vue est juste assez affectée pour que les objets puissent apparaître troubles et indistincts, comme si.on les apercevait à travers un verre dépoli; cet effet est dû à la présence sur la cornée d'une petite quantité d'écoulement. Le malade se plaint aussi de petites mouches volantes, semblables à des traînées de perles flottant à travers le champ de vision; cet effet est produit par le mucus et par de petites parcelles d'épithélium amenées sur la cornée par les mouvements des paupières. Pour la même raison, la flamme d'une bougie paraît souvent être environnée d'un cercle de couleur qui disparaît seulement quand le malade se frotte les pau-pières : il est à peine nécessaire de dire que cet effet ne doit pas être confondu avec le cercle lumineux qui semble entourer la flamme, et qui est un des symptômes prémonitoires les plus importants du glaucome.

L'ophthalmie catarrhale peut être causée par des changements sou-dains dans l'atmosphère, par une exposition au froid, aux courants d'air, à l'humidité ou à une grande chaleur, et à une vive lumière, comme celle qui vient d'une forge ou d'un grand fourneau. Un séjour prolongé dans des chambres chaudes, mal ventilées, pleines de monde et de fumée, peut aussi produire cette maladie, de même qu'un abus des organes delà vue, surtout à la lumière artificielle. On la rencontre aussi concur-remment avec les affections de la membrane muqueuse du nez ou des organes respiratoires, dont elle peut être un symptôme partiel. La con-jonctive peut aussi devenir malade comme continuation du tégument commun dans les affections exanlhémateuses aiguës, telles que la petite vérole, la scarlatine, la rougeole, et aussi dans les érysipèles, l'herpès zoster et l'eczéma de la face. L'ophthalmie catarrhale peut être aussi consécutive dans les affections des paupières, telles quel'eclropion ou le distichiasis, ou dans celles de l'appareil lacrymal. En réalité, l'épiphora qui est produit par un obstacle quelconque à la libre sécrétion des larmes est une cause assez fréquente d'inflammation chronique et obstinée delà conjonctive ; cette inflammation disparaît complètement aussitôt, que l'af-fection lacrymale est guérie. La conjonctivite peut aussi être le résultat de la présence ignorée de corps étrangers ou de lésions produites par des causes mécaniques ou des irritants chimiques.

Enfin cette maladie peut être produite par la contagion, surtout si elle est grave, si l'enflure est considérable et qu'elle s'étende jusqu'au pli rétro-tarsal de la paupière supérieure, et si l'écoulement a un caractère muco-purulent. Elle se reproduit presque toujours telle qu'elle, et c'est.seule-ment dans des cas très-rares qu'elle donne lieu à la forme purulente ou diphlhérilique.

Le pronostic de l'ophthalmie catarrhale est favorable, cette affection étant très-docile au traitement. Les formes bénignes durent générale-

'OPHTHALMIE CATAnliHALË. 21 ment quelques jours, les plus graves sont guéries en deux ou trois semaines. La cornée est rarement intéressée, et même, s'il se forme là des ulcères, ils sont généralement superficiels et périphériques, en sorte que ce qui peut arriver de plus grave, c'est une légère opacité. Seulement, en quelques cas très-graves et sous l'influence d'un traite-ment maladroit, la cornée et l'iris peuvent être impliqués d'une façon sérieuse.

Si l'on néglige l'affection, elle peut devenir chronique, et en pareil cas elle est très-obstinée et rebelle, surtout chez les personnes âgées. La conjonctive devient flasque et rude, et cet état peut amener de la cornéite superficielle ou de l'ectropion, surtout dans la paupière inférieure.

Le traitement variera suivant la période et la gravité de la maladie. Si l'oeil est très-irritable, s'il y a de la photophobie, du larmoiement, de la névralgie ciliaire, accompagnés d'injection conjonctivale bien mar-quée, on évitera avec soin les lotions astringentes, qui pourraient accroître l'irritabilité ou même produire de l'inflammation de l'iris ou de la cor-née. On devra retourner les paupières et examiner avec soin s'il n'y a pas de corps étranger sur la conjonctive ou sur la cornée. Si l'on ne découvre rien, on doit constater l'état exact de la conjonctive palpébrale et ocu-laire, de la cornée et de l'iris; car ces symptômes d'irriLation pour-raient être dus à de l'ophthalmie phlycténulaire ou à un commencement d'inflammation de la cornée ou de l'iris. Quand l'oeil est dans cet état, il est souvent impossible de décider si c'est simplement un cas d'ophlhal-mie catarrhale au début, accompagnée de symptômes d'une gravité exceptionnelle et d'irritation ciliaire, ou si c'est un cas d'irilis ou do cornéite incidente. Le plus sage est toujours de réserver le diagnostic, jusqu'à ce que le vrai caractère de l'affection se prononce et permette d'alléger les manifestations de l'irritation par des applications adou-cissantes. En agissant ainsi, on se met en garde contre des erreurs souvent très-graves dans le traitement. Car, si c'est un cas d'ophthalmie catarrhale, les astringents pourront être employés aussitôt que les symptômes d'irritation auront diminué et que l'écoulement aura pris le caractère muco-purulent; si, d'autre part, c'est un cas de cornéite ou d'iritis, le traitement aura été quand même plus judicieux, car l'usage des astringents, surtout des astringents les plus puissants, aurait été très-perniçieux.

Le malade devra garantir ses yeux contre le froid et l'humidité, et s'abstenir de lecture et de travaux, surtout à la lumière artificielle.

Afin de soulager la névralgie ciliaire, on fera sur l'oeil des fomentations chaudes de pavot; seulement, si le malade est rhumatisant, l'humidité pourrait produire un oedème considérable des paupières, et pour cette raison des flanelles chaudes et sèches devront être préférées.

Une solution d'atropine (10 centigr. pour 30 gram. d'eau) sera versée, par gouttes dans les yeux deux ou trois fois par jour, et l'onguent sui-vant à la belladone servira à faire des frictions sur le front : ' ' :

"}f Extrait de belladone 50 centigrammes.

Chlorure de mercure ammoniacal . . 25 centigrammes.

Axonge 30 grammes.

Mêlez.

Une partie de cet onguent servira aux frictions trois ou quatre fois par jour; la friction terminée, on couvrira le front d'un morceau de papier ou de tissu léger, afin d'empêcher l'onguent de durcir et de se sécher. On ne doit pas laver le front avant l'instant de la réapplication. Au bout de deux ou trois jours, on verra apparaître une légère éruption papu-leuse : il faudra alors cesser les frictions.

Quand les symptômes aigus d'irritation ont diminué et que ceux de l'ophlhalmie catarrhale, principalement l'écoulement muco-purulent* commencent à paraître, on doit se servir des astringents. Dans les cas bénins, lorsque la rougeur de la conjonctive n'est pas intense, que l'écou-lement est surtout muqueux et logé sous forme de petits flocons jaunes et fibreux dans le pli rétro-tarsal ou dans les angles de l'oeil, une solution de sulfate de zinc ou de cuivre (de 5 à 10 centigr. pour 30 gram. d'eau distillée) doit être versée par gouttes dans l'oeil deux ou trois fois par jour. Si les vaisseaux sanguins sont très-dilalés et la conjonctive flasque et relaxée, on devra préférer une solution de tannin (0,20 à 0,Zi0 centigr. pour 30 gram. d'eau). J'ai aussi employé avec succès le chlorure de zinc (0,2 à 0,5 centigr. pour 30 gram.)* qui est très-recommandé par M. Critchelt.

Mais si l'inflammation est grave, si l'écoulement est copieux, crémeux et épais, ces remèdes ne pourront pas longtemps suffire, et il faudra en arriver à l'emploi du nitrate d'argent. La force de la solution variera sui-vant l'épaisseur et la quantité de l'écoulement. En général, une solution de 10 à 15 cenLigrammes est excellente; voici comment on l'emploie : On prend un pinceau de poils de chameau ou un tuyau de plume à l'aide duquel on introduit à l'inférieur de la paupière inférieure une forte goutte de la solution. Cette opération doit être faite trois ou quatre fois par jour; on doit ensuite frotter les paupières avec le doigt, afin que la solution soit mise en contact avec toute la conjonctive. La sensation de gravier et de sable que le malade éprouve, aussi bien que le larmoie-ment, deviennent moins pénibles, et disparaissent au bout de cinq à six heures. Quand ces symptômes apparaissent de nouveau, le collyre doit être de nouveau appliqué. Si l'affection est ancienne et que l'écoulement soit épais et copieux, on devra employer une soluLion plus forte {20 à

OPHTHALMIE CATARRHALE. 23 30 centigr. par 30 gram.). Avant l'application du collyre, on doit enlever l'écoulement à l'aide d'une injection pratiquée entre les paupières avec de l'eau tiède; cette précaution rend l'action du collyre beaucoup plus efficace. Après chaque introduction du collyre astringent, on applique sur les paupières des compresses d'eau froide qu'on garde d'un quart d'heure à une demi-heure, et qu'on change aussitôt qu'elles deviennent chaudes. C'est pour le malade un grand soulagement, car ces compresses diminuent la douleur et l'irritation produite par la lotion.

L'eau tiède doit être injectée entre les paupières toutes les deux ou trois heures, afin d'enlever entièrement l'écoulement. Mackenzie a con-seillé d'employer au lieu d'eau tiède la lotion suivante :

2£ Bichlorure de mercure 5 centigrammes.

Chlorhydrate d'ammoniaque. ...... 30 centigrammes.

Eau distillée 150 grammes.

Mêlez.

Une cuillerée à bouche de cette lotion doit être mélangée avec une partie égale d'eau chaude. Dans les cas peu graves, des fomentations seront pratiquées avec ce liquide trois ou quatre fois par jour, et l'on en laissera entrer quelques gouttes dans l'oeil. Dans les cas graves, on s'en servira pour injecter toute la conjonctive.

Un peu de cérat ou du cold-cream sans parfum devra être appliqué sur le bord des paupières, afin de les empêcher d'adhérer. S'il y a des croûtes sur les cils, on les ramollira avec de l'eau chaude, et on les reti-rera ensuite avec beaucoup de précaution, afin de ne pas produire d'ex-coriation. Si les bords ou les angles des paupières sont excoriés, l'on-guent au précipité rouge (5 à 10 centigr. pour 2 gram. d'axonge) sera appliqué soir et matin sur les parties douloureuses. L'onguent faible au nitrate de mercure peut aussi être employé.

Les personnes qui soignent les malades doivent savoir que l'écoulement de l'ophthalmie catarrhale est contagieux, et queleséponges, serviettes, etc., employées pour le malade doivent être mises de côté avec soin et ne pas être employées pour autre chose. Quelques auteurs ont exprimé des doutes sur le caractère contagieux de l'ophthalmie catarrhale-; mais je puis affirmer que, dans ma pratique extérieure, j'ai vu souvent plusieurs membres de la même famille atteints consécutivement de cette maladie. Un traitement constitutionnel est à peine nécessaire; le tube digestif doit être surveillé, le ventre libre, et, si le malade est faible et en mau-vais état, on doit administrer des toniques.

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