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IV. — De l'examen par l'ophthalmoscope

Dans le choix à faire d'un ophthalmoscope monoculaire portatif pouf l'examen de l'image renversée, nous nous trouvons entre les instruments

DE L'EXAMEN PAR L'OPHTHALMOSCOPE. 315 fê Coccius et de Liebreich qui sont, je pense, les deux meilleurs. Celui dêliébreich est le plus généralement employé, parce que son mode d^mploi est plus facile. Cependant, comme tous les commençants éprou-vent une certaine difficulté à se servir de l'ophthalmoscope, il me semble préférable de prendre tout de suite le meilleur instrument, quand même lès difficultés seraient un peu plus considérables. J'ai employé pendant plusieurs années l'instrument de Coccius, pour l'image renversée, de préférence à tous les aulres instruments, parce qu'il possède certains avantages évidents sur les instruments à miroir concave. Avec la lentille collective, on peut modifier la longueur focale du miroir et l'intensité de l'éclairage dans toute la proportion désirée, et nous pouvons aussi concentrer plus pleinement le jet de lumière sur n'importe quelle partie du fond de l'oeil que nous voulons soumettre à un examen spécial. La réflexion cornéale est aussi moins considérable, ce qui est très-impor-tant si la pupille est petite, comme cela se produit chez les gens âgés dans lesquels on ne peut obtenir avec le miroir concave, à cause de cette grande réflexion de la cornée, qu'une vue très-imparfaite du fond de l'oeil, à moins de produire une dilatation artificielle de la pupille.

L'ophthalmoscope de Coccius est encore supérieur à celui de Liebreich, pour l'examen de l'image directe, quoiqu'il soit dans ce but particulier inférieur lui-même à celui de Zehender. Cependant, pour les personnes qui ne veulent avoir qu'un ophthalmoscope qui puisse leur servir en toute circonstance, il vaut mieux choisir celui de Coccius qui remplit ces con-ditions plus que tout autre.

Pour un examen ophthalmoscopique, il faut nécessairement une cham-bre obscure et une lampe puissante, dont la flamme ne vacille pas. En arrangeant une chambre obscure dans une institution publique, on doit prendre garde à ce qu'un jet brillant de la lumière du jour n'entre pas directement en face du malade, car cela produit une réflexion très-vive, affaiblit l'éclairage du fond de l'oeil, et rend l'examen beaucoup plus dif-ficile et, par conséquent, fatigant pour les yeux du chirurgien.

La meilleure lampe à gaz pour l'examen ophthalmoscopique est celle que l'on emploie à Moorfields ; elle est pourvue d'un bec d'Argand de porcelaine, percé de nombreux petits trous, et recouvert par une toile métallique très-fine qui règle le courant et immobilise la flamme. Le bec ne doit pas être trop petit, et doit donner une flamme ronde et pleine, car alors la clarté est meilleure que si ,1a flamme était longue et mince. Cette lampe doit être fixée à un bras mobile, afin qu'on puisse porter la lumière dans toutes les directions. Dans un cabinet de consultation, un appareil installé en haut, et auquel communique un tuyau de gaz à l'aide d'un caoutchouc, serait peut-être plus commode. On peut aussi se servir d'une bonne lampe modérateur. La lampe ou le bec doivent être seulernent recouverts d'un verre et ne pas avoir de globe. Afin de diminuer l'intensité de la lumière et d'amoindrir la contraction de la pupille, on se servira d'un verre bleu ou, ce qui vaut mieux encore, d'une lentille ob-jective bleue, comme l'a conseillé M. Carter. Cette lentille est composée d'un verre bleu clair plan cimenté entre deux lentilles convexes ayant la force requise.

Il vaut mieux, pour un débutant, que la pupille soit largement dilatée par l'atropine, car cela facilite beaucoup l'examen. Mais une fois qu'on a acquis une certaine habitude dans l'emploi de l'ophthalmoscope, il faut apprendre à examiner sans dilatation, car l'usage de l'atropine est très-désagréable pour les malades. On ne doit, par conséquent, l'employer qu'assez rarement, et quand c'est absolument indispensable, par exemple, quand la pupille est très-petite et que la périphérie du fond de l'oeil doit être examinée pour un léger décollement supposé de la rétine, ou pour des changements morbides dans les parties extérieures de la choroïde et de la rétine. L'examen de la région de la tache jaune est aussi très-dif-ficile, à cause de la grande réflexion de la lumière et de la contraction de la pupille, quand cette partie de l'oeil est éclairée. Si l'on se sert de l'atropine, on devra n'employer qu'une très-légère solution; avec une -solution trop concentrée, la dilatation ne serait pas seulement passagère, mais causerait des troubles de la paralysie de l'accommodation qui pour-raient empêcher le malade de se servir de ses yeux pour lire ou écrire pendant plusieurs jours. Pour dilater la pupille juste comme cela esl nécessaire pour l'examen avec l'ophthalmoscope, une goutte d'une solu-tion de 5 centigrammes d'atropine pour 300 à 400 grammes d'eau suffira; la pupille se dilatera au bout d'une heure environ et les effets du médi-cament continueront pendant douze à trente heures. Les disques fie gélatine alropinisés sont très-commodes, car le malade peut en placer un, lui-même, dans son oeil, avant d'aller chez le chirurgien.

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