‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 91 sur 149 · XI. — ïMfféremce dans la réfraction des* «lenx yeux · texte numérisé non relu

XI. — ïMfféremce dans la réfraction des* «lenx yeux

Il n'est pas rare de rencontrer des différences sensibles dans la réfrac-tion des deux yeux, et généralement ces différences tiennent au degré de la myopie ou de l'hypermétropie, qui n'est pas le même pour les deux yeUx. Il peut arriver aussi qu'un oeil soit emmétrope, tandis que l'autre est myope ou hypermétrope, ou bien encore la myopie peut exister dans un oeil tandis que l'hypermétropie se trouve dans l'autre. L'absence dé la lentille cristalline (aphakie) donne lieu aussi à de grandes différences dans l'état de la réfraction. Dans la grande majorité des cas, la réfraction des deux yeux est presque semblable; quelquefois, cependant, pour les yeux myopes et hypermétropes, on trouve des différences considérables dans le degré de ces affections. La question pratique est celle-ci : Quelles lunettes doit-on donner aux malades? Il peut paraître rationnel de donner à chaque oeil le verre qui lui convient; mais, dans la pratique, on trouve que ce procédé ne répond pas généralement aux besoins, car les malades se plaignent presque toujours de ces verres, qui rendent leur vue indis-tincte, à cause de la différence du volume des deux images rétiniennes. Il vaut mieux donner pour les deux yeux des verres qui conviennent à l'oeil le moins amétropiqu'e. S'il faut que le sujet jouisse de toute l'acuité :de vision possible, il faudra donner deux verres différents, de manière à neutraliser complètement la différence de réfraction, et faire essayer au malade s'il peut voir distinctement et facilement avec ces verres diffé-rents. Il arrive quelquefois qu'avec un peu d'habitude le malade arrive avoir très-bien dans cetle condition, et en pareil cas on peut lui per-mettre de continuer l'emploi de ces lunettes. Si ce résultat ne se produit pas, on peut neutraliser partiellement la différence et diminuer ainsi

SOELBERG WELLS. ' o/ le. volume des cercles de diffusion. Ainsi, si la myopie d'un oeil = ^ et celle de l'autre -, on pourra prescrire une lentille concave n° 15 pour le premier et une lentille concave n° 9 ou 10 pour le second. On a dit aussi que si la vue de deux yeux (qui diffèrent considérablement comme degré de myopie) est également bonne, le verre qui se trouve juste enire les deux degrés peut être donné pour les deux. Si, par exemple, un oeil demande une lentille concave n" à et que l'autre demande une lentille concave n° 8, on devra prescrire une lentille n° 6 pour les deux yeux; mais ces verres ne peuvent pas convenir, puisqu'ils 'sont trop forts pour l'un des yeux, et trop faibles pour l'autre.

S'il y a une différence dans la réfraction de deux yeux, l'un étant myope et l'autre hypermétrope, il est souvent difficile de trouver des verres qui neutralisent chaque anomalie. Ce fait est dû à la différence de grandeur des images rétiniennes produites, car la lentille convexe va agrandir l'image pendant que la lentille concave va la diminuer, et ces effets in-verses seront une source de confusion. En réalité, dans tous les cas de différence dans la réfraction des deux yeux, les malades devront essayer pendant un certain temps des verres, afin de s'y habituer, si c'est pos-sible avant qu'on décide définitivement quelle sorte de verre on pres-crira.

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