AFFECTIONS SPASMODIQUES DES MUSCLES DE L'OEIL
IX. — Affections spasmodiqucs des muscles de l'oeil, iiystagnius etc.
Les symptômes du nystagmus consistent dans un mouvement ou une oscillation particulière et dans une agitation incessante du globe des yeux. L'oscillation est généralement horizontale, mais parfois on voit, au contraire, un mouvement de rotation, les globes font des mouvements d'oscillation autour des axes des muscles obliques. Dans un cas, j'ai vu le mouvement vertical se produire sur un oeil alteinl de strabisme conver-gent. Cet oeil faisait perpétuellement un mouvement vertical de haut en Bas, qui n'était ni arrêté ni diminué par la ténotomie du droit interne. C'est le seul cas d'oscillation verticale que j'aie jamais rencontré. L'oscil-lation peut être périodique et très-variable suivant les moments, sensi-blement accrue par suite d'une excitation nerveuse, de l'effort de l'ac-commodation. Pourremédier à celte confusion de la vue produite par le mouvement perpétuel de l'oeil, les malades font souvent un mouvement contraire avec la tête, ou bien pour lire ils tiennent l'impression dans une position verticale, ou penchée, au lieu de la laisser dans la position hori-zontale. La raison est facile à comprendre, car alors ils peuvent voir indi-viduellement des lignes, surtout à l'aide des muscles droit inférieur et supérieur, et les cercles de diffusion causés par l'oscillation du globe s'étendent verticalement au lieu de s'étendre horizontalement. La lon-gueur des lettres sera par conséquent plus accrue que leur largeur, ce qui les rend moins confuses, car alors leurs séparations latérales sont conser-vées. En outre, quand elles sont augmentées horizontalement, une lettre atteint la suivante, son contour est mélangé et le pouvoir de distinguer considérablement affaibli.
Quoiqu'il puisse y avoir une oscillation considérable des globes, les mouvements des yeux ne sont pas atteints et s'exécutent parfaitement dans toutes les directions. Les deux yeux agissent parfaitement ensem-ble; cependant la vision binoculaire esl souvent trouvée, et la vue des deux yeux fréquemment très-différenle. Les oscillations diminuent quelquefois beaucoup où même s'arrêtent quand les yeux sont portés très-loin en dehors ou en dedans, ou même dans une des positions dia-gonales en bas (Boehm) (1).
"' Cette affection apparaîtgénéralement de bonne heure pendant l'enfance, et se rencontre surtout dans les cas ou, pour y bien voir, il faut un degré Considérable de tension des muscles oculaires, l'objet par exemple devant être mis très-près des yeux, soit à cause de quelque anomalie de la réfraction, soit à cause de quelque opacité des milieux réfringents. Ainsi ; (1) Boehm, Der Nystagmus. l'affection se rencontre chez les enfants, en même temps que des opa-cités de la cornée ou de la lentille dans les cas de strabisme, chez les -albinos, etc.
La maladie peut diminuer à mesure que le malade avance en âge, mais généralement elle est permanente et varie peut-être un peu avec l'état delà santé. Toute excitation nerveuse ou débilitante augmente son:; insensité. Si le strabisme coexiste, l'affection peut être guérie par une! opération, et dans certains cas elle est considérablement diminuée par la ténotomie. Dans d'autres cas, on doit avouer que ce moyen ne procure aucun bénéfice, et pas même de résultais temporaires; je crois donc qu'il n'est pas sage de pratiquer cette opération sur aucun des muscles oculaires, dans le seul but de guérir le nystagmus, excepté cependant quand il y a du strabisme. Toutes les anomalies de la refraction pour-raient être corrigées par des lentilles appropriées, et l'on se trouve sou-vent bien de l'usage des lunettes bien choisies pour diminuer l'intensité et l'éclat de la lumière.
Les affections spasmodiques des muscles oculaires sont extrêmement rares, des spasmes se rencontrent quelquefois chez les enfants atteints de -chorée ou de méningite de la base du cerveau. Quelquefois aussi dans les cas d'empoisonnement par le plomb et dans quelques-unes des affec-tions du cerveau et du cordon spinal. Les spasmes toniques des muscles oculaires, sont, parfois observés dans l'épilepsie..
Le spasme de la palpébrale orbiculaire est décrit dans le chapitre sur les maladies des paupières.