‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 105 sur 127 · OBLITÉRATION OU OBSTRUCTION DES CONDUITS LACRYMAUX · texte numérisé non relu

OBLITÉRATION OU OBSTRUCTION DES CONDUITS LACRYMAUX

§ VIII. — Atonie ou relâchement des papilles lacrymales avec dilatation «les points lacrymaux.

Les points lacrymaux peuvent être dilatés et les papilles relâchées, et mal dirigées vers le lac des larmes ; cet état accompagne souvent une inflammation chronique de la conjonctive, de nature blennorrhéique. Il peut aussi être dû à l'action anormale du muscle tenseur du tarse et de l'orbiculaire.

Traitement. — Il consiste dans l'application de gouttes du collyre au nitrate d'argent, ou de celui composé de pierre divine et de laudanum.

§ IX. — Enfoncement des papilles et contraction des points lacrymaux.

Lorsque les points lacrymaux sont contractés, on doit commencer par essayer de les dilater ; pour cela une épingle ordinaire, d'une grosseur convenable, émoussée et polie sur la pierre, est un excellent instrument.

Point inférieur. — Le malade étant assis devant une fenêtre, le chirurgien tient d'une main le bord de la paupière inférieure, vers l'angle interne, un peu déprimé et retourné de manière à mettre le point lacrymal en évidence, pendant que, de l'autre main, il introduit, par un mouvement de rotation entre le pouce et l'index, la pointe de l'épingle dans le point inférieur de haut en bas, suivant la direction de la portion verticale du conduit correspondant dans laquelle il doit l'engager un peu.

Point supérieur. — Cette opération est la contre-partie de la précédente, mais elle n'est pas tout à fait aussi simple. La paupière supérieure étant relevée et retournée de manière à exposer le point lacrymal, l'épingle y est introduite et poussée, par un mouvement de rotation, en haut dans la direction de l'axe de la portion verticale du canal correspondant.

Cette manœuvre doit être répétée avec des épingles de plus en plus fortes, si c'est nécessaire, jusqu'à ce que les points soient suffisamment dilatés pour laisser passer facilement une sonde d'Anel de même calibre, afin d'explorer les conduits eux-mêmes.

§ X. — Oblitération ou obstruction des points et des conduits lacrymaux.

Exploration des conduits. — L'instrument employé est une mince sonde d'or, appelée sonde d'Anel. Le premier temps de

l'opération est le même que celui de l'introduction de l'épingle dans les points lacrymaux.

Conduit inférieur. — Après avoir introduit dans le point lacrymal , la sonde, tenue légèrement entre le pouce et l'index, et l'avoir poussée en bas dans le fond dilaté de la partie verticale du canal, c'est-à-dire à la profondeur d'un dixième de pouce, il faut la retirer un peu et changer la direction verticale de la sonde en une direction horizontale en dedans, ou plutôt en une direction déviant de l'horizontale en dedans, de manière à être légèrement oblique de bas en haut, ce qui est la direction de la seconde portion du conduit. En même temps que l'on change ainsi la direction de la sonde, il faut tendre la partie interne de la paupière au moyen du doigt appliqué vers la tempe, et la porter un peu plus en bas, afin d'effacer, autant que possible, la courbure du conduit.

Conduit supérieur. — Après avoir poussé la sonde en haut vers le fond dilaté de la portion verticale du conduit et l'avoir légèrement retirée, comme il est dit plus haut à propos du conduit inférieur, on change la direction verticale de la sonde en une direction déviant de l'horizontale en dedans, juste assez pour être légèrement oblique de haut en bas. En même temps, la partie interne de la paupière supérieure doit être étendue vers la tempe, et portée un peu plus en haut dans le même but que lorsqu'on opère sur le conduit inférieur. Cette petite manœuvre terminée, soit sur le conduit inférieur, soit sur le conduit supérieur, et elle ne demande qu'une ou deux secondes, on pousse la sonde vers le sac lacrymal.

Si le conduit est oblitéré en quelque point de son trajet, la sonde sera arrêtée dans sa marche vers le sac lacrymal. Mais il ne faut pas se hâter de croire à une oblitération, quand la sonde est ainsi arrêtée. Souvent, en manœuvrant avec précaution la sonde et en lui imprimant un mouvement de rotation, on parvient à la faire pénétrer jusque dans le sac, ce qui prouve que, quoiqu'il puisse y avoir quelque rétrécissement ou quelque obstruction par suite de la tuméfaction de la membrane, il n'y a pas d'oblitération.

L'oblitération, lorsqu'elle existe, est généralement la conséquence d'une plaie ou d'une brûlure qui a intéressé le conduit, et dont la cicatrice peut encore être visible. Si un seul conduit est oblitéré, les larmes peuvent passer sans interruption par l'autre ; alors l'intervention du chirurgien n'est pas nécessaire. L'oblitération des deux conduits donne lieu à un larmoiement.

Page 1