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OBLITÉRATION OU OBSTRUCTION DES CONDUITS LACRYMAUX

On rencontre aussi quelquefois une imperforation congénitale. L'obstruction des conduits par suite d'une tuméfaction inflammatoire, peut exister indépendamment d'une affection semblable des canaux excréteurs lacrymaux en général, quoique le plus souvent elle ne soit qu'une partie d'une affection générale de ces organes. Mais, d'un autre côté, il faut remarquer que les conduits lacrymaux peuvent être, et souvent il en est ainsi, peu ou point affectés, lorsque le sac ou le canal nasal le sont considérablement. Cela est démontré par ce qui arrive ordinairement dans Tintlammation chronique du sac et du canal nasal, à savoir, que les larmes sont absorbées et portées dans le sac, et, comme elles n'ont point d'issue dans le nez, à cause de l'obstruction du canal nasal , elles s'y accumulent, et se mêlent avec les flocons de muco-pus : on peut alors facilement les exprimer à travers les points lacrymaux en pressant sur le sac.

Quoiqu'une sonde ait pu être introduite dans les conduits lacrymaux obstrués par la tuméfaction de la membrane muqueuse, il arrive que la muqueuse tuméfiée vient remplir de nouveau le conduit, après que la sonde a été retirée. En pareil cas, l'introduction d'une sonde serait inutile, sinon réellement nuisible. Cette obstruction ne peut être surmontée qu'en faisant cesser l'inflammation de la muqueuse et le gonflement qui en est la conséquence.

Traitement de l'oblitération des deux conduits. — On ouvre le conduit en dedans, entre le point oblitéré et le sac, en enlevant au moyen de ciseaux courbes, avec un pli de la conjonctive au moment où elle se continue avec la peau, une portion de la paroi interne. On s'efforce ensuite de maintenir béante l'ouverture faite près du sac, en y laissant plus ou moins constamment une sonde pendant le travail de la cicatrisation.

Jungken (1) semble être parvenu, au moyen d'une opération semblable, à guérir un jeune homme chez lequel une brûlure de l'angle interne de l'œil par un fer chaud qui l'avait frappé, avait occasionné l'oblitération des conduits avec des adhérences entre la commissure interne des paupières, la caroncule lacrymale et le repli semi-lunaire. M. Velpeau rapporte que chez deux personnes dont les conduits lacrymaux avaient été coupés accidentellement pendant une opération, il avait vu les larmes passer par les ouvertures anormales, sans qu'il en résultât aucun inconvénient.

(1) Motherly, Dissert, de atresia punrtomm lacrymaliirm. Berolini, 1834.

Lorsque l'opération n'a point réussi, ou qu'elle ne peut se faire à cause de la proximité du sac et du point oblitéré, on a proposé d'ouvrir le sac, à travers la conjonctive, en dedans de la paupière inférieure, et d'essayer de maintenir l'ouverture béante au moyen de bougies de corde à boyau. La paupière inférieure étant retournée, on pénètre dans le sac, en enfonçant un bistouri dans la rainure située entre la caroncule et la paupière inférieure. Si cette opération ne réussit pas davantage, la maladie est incurable en ce qui concerne la. transmission des larmes dans les fosses nasales,

Procédés de Bowman. — Lorsque l'oblitération siège assez loin du sac pour que le canal puisse être fendu dans l'intervalle, Bowmann propose deux moyens pour rétablir le cours des larmes. Le premier consiste à inciser transversalement le conduit, tout contre l'obstruction, du côté du sac, puis à le fendre ainsi que la conjonctive sur une sonde introduite par la plaie. Le second convient quand, après la section transversale, on ne peut trouver l'orifice du canal : on ouvre alors le sac au-dessous du tendon de l'orbiculaire, et l'on y introduit une sonde que l'on pousse dans le conduit lacrymaljusqu'au niveau de l'obstruction, puis on fend le conduit sur la sonde à travers la conjonctive et près de la caroncule.

Quand le conduit lacrymal est rétréci près de son embouchure dans le sac, et que ce rétrécissement constitue toute la maladie, la sonde introduite dans le canal s'arrête net un peu avant de pénétrer dans le sac, et fait éprouver la sensation d'une résistance élastique. Bowman a imaginé, pour détruire ce genre d'obstacle, une petite lancette à canule. On fend d'abord le point lacrymal du côté de la conjonctive, comme il a été dit plus haut, on introduit la lancette cachée dans sa canule jusqu'à la coarctation, puis on fait saillir le tranchant en pressant sur un ressort, et la paroi membraneuse externe du sac se trouve incisée. Les jours suivants, on introduit une sonde jusqu'à ce que la voie artificielle soit bien établie.

Lorsque au lieu d'être oblitérés, les points lacrymaux sont renversés en dehors , Bowman fend le conduit lacrymal à partir du point lacrymal vers la caroncule, dans une étendue suffisante pour que l'orifice absorbant se trouve transporté en dedans sur la surface de la conjonctive où les larmes se rassemblent. Cette opération s'exécute sur un stylet cannelé introduit dans le conduit lacrymal. On s'oppose à la réunion en déchirant, pendant quelques jours, toutes les adhérences qui auraient pu s'établir entre les lèvres du canal divisé.

Voulant arriver à combattre mécaniquement les obstructions du canal nasal lui-même, en pénétrant à travers le conduit lacrymal supérieur ou inférieur, Bowman a fait construire six stylets gradués, qui peuvent être conduits depuis le nouvel orifice artificiellement produit jusqu'au plancher des fosses nasales. On donne à ces stylets, de grosseur diffé-

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