EXPLORATION DU CANAL OBSTRUÉ OU OBLITÉRÉ
rente, les courbures jugées utiles pour pénétrer à travers la continuité des voies lacrymales. On reconnaît que le stylet a pénétré dans le nez quand son extrémité est venue se mettre en contact avec le plancher des fosses nasales ; on le laisse quelques minutes en place, puis on le retire. La guérison, suivant Bowmann, est à moitié accomplie quand le n° 6 a pénétré, cependant il faut réitérer l'introduction du stylet à des intervalles variables. Ce procédé aurait l'avantage de faire éviter l'ouverture de la peau , et de fournir un pertuis permanent qui permet de revenir à la dilatation, si cela est nécessaire.
§ XI. — Exploration du canal clans le but «le déterminer s'il est obstrué ou oblitéré.
Lorsque la transmission des larmes n'a plus lieu, de l'œil aux fosses nasales, dans l'une des maladies des canaux excréteurs dont nous venons de parler, il faut naturellement, après s'être assuré que les points et les conduits lacrymaux sont intacts, diriger son attention vers le canal nasal.
Cet organe est beaucoup plus souvent obstrué ou totalement oblitéré qu'aucune autre portion des conduits excréteurs. Ceci semble dépendre, en grande partie, comme nous l'avons déjà dit (p. 670), de cette circonstance que. lorsque lamembrane muqueuse qui le tapisse est tuméfiée ou épaissie, l'espace nécessaire pour son développement est pris aux dépens du calibre du canal même, une extension à l'extérieur étant impossible à cause des parois osseuses. La lymphe étant sécrétée dans ces circonstances, soit en dedans, soit en dehors, il se produit une oblitération permanente.
L'exploration du canal nasal peut se faire de trois manières différentes : 1° en introduisant la sonde d'Anel par le point et le conduit supérieurs dans le sac, puis en la poussant dans le canal nasal ; 2° en introduisant une sonde convenablement recourbée par l'ouverture nasale ; 3° en faisant pénétrer la sonde à travers une ouverture du sac préexistante, ou pratiquée tout exprès audessous du tendon de l'orbiculaire des paupières.
Exploration du canal nasal par l'introduction d'une sonde d'Anel dans le conduit lacrymal supérieur. — La sonde étant passée de la manière décrite plus haut (p. 676), à travers le point et le conduit supérieurs, jusque dans le sac, elle doit être relevée dans une direction ne s1 éloignant de la verticale que par une inclinaison de la pointe de l'instrument, un peu en arrière et en dehors, suivant la direction du canal nasal. On pousse
ensuite la sonde en bas, par un mouvement de rotation entre les doigts, et si le canal n'est pas fermé ou très obstrué par des granulations fongoïdes, elle atteindra le plancher des fosses nasales. Il faut remarquer que, quant à l'inclinaison en arrière et un peu en dehors de la pointe de l'instrument la proéminence du sourcil portera suffisamment celle-ci en arrière, sans même que le chirurgien s'en occupe.
Exploration du canal nasal en introduisant la sonde par les narines. — La sonde de Gensoul, nécessaire pour cette opération, est une sonde recourbée, mais graduellement, presque à angle droit, à la distance d'environ les neuf dixièmes d'un pouce delà pointe. Près de cette courbure, il y a, en outre, dans la partie qui touche au manche, une légère courbe latérale, à droite ou à gauche, selon la narine sur laquelle on opère, de façon que l'instrument puisse s'accommoder au trajet du canal nasal dans l'os maxillaire supérieur.
Il faut bien se rappeler que l'orifice inférieur du canal nasal est situé à la partie antérieure et supérieure du méat inférieur, sur la paroi latérale de la cavité nasale, et à peu près à un pouce de rentrée de la narine ; qu'il est surmonté par le cornet inférieur, et qu'il a la forme d'une fissure oblique regardant en bas et en dedans. L'instrument est introduit dans la narine, la pointe et la première concavité étant dirigées en bas et en dehors. Dans cette position, on conduit la pointe, jusqu'à la première courbure, le long du plancher de la fosse nasale. La pointe est portée ensuite en haut en rasant la paroi externe de la narine vers l'orifice du canal. En faisant cette manœuvre, le manche de l'instrument doit être très soigneusement écarté de sa direction première, en dehors et un peu en bas et porté dans la direction horizontale en avant. Ceci se fait en tournant légèrement le manche de l'instrument entre les doigts, et en exécutant un mouvement demi-circulaire de bas en haut. S'il n'y a point d'obstruction, l'instrument glisse dans le canal, et l'on en sent l'extrémité en appliquant le doigt sur le sac.
Exploration du canal nasal en introduisant une sonde par une ouverture du sac. — On ouvre le sac au moyen de l'incision de sa paroi antérieure et externe, au-dessous du tendon de l'orbiculaire.
Le meilleur instrument, pour cette opération, est un petit bistouri avec un dos aiguisé de chaque côté, et se terminant par une pointe aiguë de la longueur d'un cinquième de pouce (fig. 136).
Incision du sac. — Avant l'opération, il faut laisser le sac se