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COUPS ÉTRANGERS DANS LES CHAMBRES AQUEUSES

d'extraire le corps étranger, au moyen du petit crochet représenté page 110, ou de la pince décrite à la page 416. Si elle n'était pas assez large, et si elle est placée de façon qu'il serait dangereux de l'agrandir, on fera sur le bord de la cornée une section nette, d'une étendue suffisante, et dans le point qui permettra le mieux de saisir le corps étranger. Il arrive quelquefois qu'au moment de la section de la cornée, le corps étranger s'échappe dans l'humeur aqueuse, lorsque celle-ci n'a pas été préalablement évacuée.

Un corps étranger, quoique non extrait, peut cesser de causer de l'irritation, en se recouvrant d'une enveloppe formée par la lymphe qui se dépose tout autour, ou il peut s'oxyder et se dissoudre. Lorsqu'il s'agit de particules de fer ou d'acier, telles que la pointe d'un couteau ou d'une aiguille à cataracte brisée pendant une opération.

Un garçon, âgé de quatorze ans, s'était, sept ou huit ans auparavant, blessé par accident l'œil droit, au bord supérieur et externe, avec une alêne de cordonnier. La blessure avait atteint la sclérotique et s'étendait à la moitié de la cornée. La lentille avait été lésée, et il y avait eu hernie de l'iris. A l'examen, on trouva que l'iris était tiré vers la cicatrice derrière laquelle la pupille contractée était en partie cachée. En regardant par -dessous, on voyait parfaitement un morceau de capsule opaque dans la pupille. L'iris était tremblant, et sur la surface antérieure de sa partie inférieure, il y avait un cil se dirigeant en bas et en dedans. L'extrémité antérieure libre de ce cil semblait être comprise dans la cicatrice, et la racine était tournée en bas et en dedans, à environ un vingtième de pouce du bord ciliaire de l'iris. Le petit point noir du bulbe et la partie blanche au-dessus étaient parfaitement visibles. Ce poil était de la même couleur que les cils, excepté qu'il était un peu plus roux. Il remuait à chaque mouvement de l'iris; le globe, dans son ensemble, était accru de volume, et la vision avait totalement, disparu.

Chez un homme qui, cinq ou six ans auparavant, avait eu un fragment de capsule de fusil projeté dans l'œil, je trouvai le corps étranger fixé à l'iris, près de la marge pupillaire, au moyen de la lymphe, sans qu'il causât d'irritation. La capsule du cristallin avait été blessée, et celui-ci résorbé.

On peut quelquefois saisir et extraire par la plaie encore ouverte et qui suppure, des corps étrangers qui ont pénétré à

travers la cornée, jusque dans le cristallin ou même plus profondément.

§ V. — Blessures de ï*iris et de la pupille.

En même temps que la cornée, le corps ciliaire et les autres parties de l'œil, l'iris peut être atteint de piqûre, d'incision ou de déchirure. Des coups brusques sur l'œil, peuvent le détacher de ses connexions ciliaires, il peut être rompu dans toute sa largeur, et être en même temps séparé plus ou moins de ses adhérences ciliaires. La pupille est quelquefois largement et irrégulièrement dilatée, lorsque l'iris est déplacé tout d'un côté, derrière la sclérotique. Toutes ces lésions peuvent s'accompagner d'un .certain épanchement de sang, ainsi que d'une vue imparfaite.

Il faut remarquer que ces blessures sont semblables par leur nature à celles qui sont produites accidentellement ou à dessein dans diverses opérations, ou qui ont lieu dans les maladies décrites plus haut.

Ainsi, lorsqu'on fait une incision dans l'iris, elle reste béante et forme une fausse pupille. Quand l'iris est séparé en quelque point de sa circonférence ciliaire, il en résulte encore une fausse pupille. Quand l'iris est déchiré en travers, il se produit un état analogue au coloboma. Enfin lorsque l'iris est déplacé et caché derrière la sclérotique, de manière à n'être plus visible à travers la cornée, l'état de la pupille est semblable à celui qui se remarque souvent dans l'ophthalmie interne postérieure et le staphylôme choroïdien.

Pronostic et traitement. — Voy. Ophthalmie traumdtîque.

§ VI. — Blessures du cristallin. — Sa luxation.

Le cristallin peut être blessé de deux façons. Il peut être directement lésé par un corps étranger ou un instrument qui a pénétré dans l'œil, ou il se détache par suite d'un coup sur l'œil ou sur les parties voisines, et devient opaque. Dans ce dernier cas, il peut se faire que la capsule soit rompue.

Les blessures du cristallin, même quand ce sont de simples piqûres ou des incisions, donnent lieu généralement, quoique pas toujours, dans l'œil humain, à une cataracte lenticulaire, et souvent à une opacité plus ou moins marquée de la capsule au niveau de la blessure. Après une plaie ou une rupture de la capsule, les couches molles extérieures du cristallin s'écoulent parfois

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