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BLESSURES DU CRISTALLIN

petit à petit sous la forme d'un flocon demi-opaque. La plaie de la capsule peut se refermer, et la lentille demeurer opaque; mais quand, par suite de son étendue, la blessure ne se referme pas. le cristallin se dissout graduellement et disparaît comme après l'opération de la cataracte par division. Dans ce cas, la plaie est tout à la fois la maladie et le remède.

La blessure de l'œil, dont celle du cristallin ne fait qu'une partie, est généralement suivie d'une inflammation interne, quelquefois très violente et destructive. Celle-ci peut se développer après l'opération de la cataracte par l'aiguille, opération dans laquelle la blessure est pourtant aussi simple que possible. La membrane de l'humeur aqueuse et l'iris sont, dans les cas les moins compliqués, les parties généralement les plus affectées, et il en résulte un épanchement de lymphe dans la pupille.

Quelquefois une blessure de la capsule est suivie de luxation du cristallin, accident qui se produit aussi durant les opérations de cataracte à l'aiguille. La capsule peut aussi se rompre par un coup, et la lentille être expulsée de sa place. L'étendue du déplacement du cristallin peut varier suivant les circonstances. Quelquefois il est simplement séparé de ses connexions, de façon à presser l'iris en avant et à oblitérer ainsi la chambre postérieure, en diminuant plus ou moins la chambre antérieure, ou bien il est entièrement luxé dans la chambre antérieure. Dans quelques cas, le cristallin s'est échappé à travers une déchirure de la cornée faite par un coup, ou bien ayant été poussé à travers la sclérotique déchirée, il a élé trouvé sous la conjonctive (pi. III, fig. 2).

La capsule peut accompagner le cristallin luxé, mais cela a lieu rarement lorsque l'œil est sain, parce que les adhérences de la capsule sont excessivement serrées. Mais il arrive quelquefois que les attaches de la capsule se sont graduellement dissoutes par suite de quelque action morbide dans l'intérieur de l'œil, ne provenant parfois d'aucune cause bien déterminée, ou bien étant la suite d'un coup reçu longtemps auparavant. Il peut suffire alors du plus petit choc pour luxer et la capsule et le cristallin. En pareil cas, comme le corps vitré est ordinairement ramolli, le cristallin luxé s'enfonce dans ce corps ou tombe à travers la pupille dans la chambre antérieure. Quelquefois les connexions du cristallin n'étant pas tout à fait rompues, il demeure en place, mais il est oscillant, ou bien il est simplement retenu à quelque point de sa circonférence, et se meut comme une porte sur ses gonds.

Le cristallin luxé devient le plus souvent opaque, mais pas toujours; on cite des exemples, non-seulement d'un cristallin avec sa capsule, mais aussi d'un cristallin seul luxé dans la chambre antérieure, et y demeurant quelque temps sans perdre sa transparence. C'est généralement lorsque les attaches du cristallin se dissolvent lentement, que l'opacité se manifeste. C'est ce qu'on appelle une cataracte kystique, et comme on voit alors le cristallin se mouvoir en haut et en bas, et flottant dans l'humeur vitrée, on y ajoute l'épithète de tremblotante ou flottante. Une cataracte kystique peut quelquefois tomber à travers la pupille dans la chambre antérieure, et puis retomber en arrière. (Voyez à ce sujet le chapitre de la Cataracte, p. 378).

Traitement. — Les blessures du cristallin ne sont pas par ellesmêmes l'objet immédiat d'un traitement, mais l'inflammation interne , qui en est généralement la conséquence, exige une sérieuse attention. Un cristallin luxé entretient souvent cette inflammation et doit être extrait. Cela est même nécessaire, lorsqu'il n'y a pas d'inflammation actuelle, si la lentille, à cause de sa dureté, ne peut être absorbée, parce qu'alors elle agit comme corps étranger, et peut tôt ou tard donner lieu à une inflammation.

L'indication d'extraire un cristallin expulsé du globe par suite d'une déchirure, et logé sous la conjonctive, est évidente, mais cependant on peut encore avoir à se régler sur les circonstances.

Un chasseur, âgé de quarante-neuf ans, en franchissant une barrière, reçut un coup d'une branche qui rebondit sur la cornée. Il en résulta un certain degré d'iritis. Lorsqu'il me consulta, je découvris l'opacité du cristallin, mais point de rupture de la capsule.

Un paysan, âgé de cinquante ans, en passant dans un bois, reçut un coup analogue, qui fit éclater la partie supérieure de la capsule; la lentille, un peu déplacée en haut, pressait sur l'iris. Dans ce cas particulier, je crus convenable de déchirer la capsule un peu plus largement.

Un garçon de treize ans reçut une pareille blessure. Ici la capsule fut plus largement lacérée par le coup. La lentille devint opaque, se ramollit d'elle-même, et fut promptement absorbée. La pupille recouvra toute sa netteté. L'iris demeura sain, et la vue aussi bonne qu'elle peut l'être après le perte du cristallin.

Un homme, âgé de vingt-quatre ans, fendait du bois, lorsqu'un éclat, lui sauta dans l'œil, et lui fit une blessure pénétrante dans la cornée, près de son bord supérieur et interne. Il en résulta un

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