‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 118 sur 127 · BLESSURES DU CRISTALLIN · texte numérisé non relu

BLESSURES DU CRISTALLIN

prolapsus considérable de l'iris et une réaction inflammatoire. La lentille devint opaque, mais la capsule ne se rompit pas.

Un autre, âgé d'environ trente ans, doué d'une bonne santé, sans être fort, essayait d'enlever un clou avec un tourne-vis; l'instrument lui glissa de la main et le frappa à l'œil droit ; il en résulta que les lunettes qu'il portait à ce moment furent brisées, et produisirent une plaie pénétrante verticale de la cornée. Ainsi qu'on le vit plus tard, la capsule du cristallin fut aussi déchirée, probablement, cependant, plutôt par suite du choc que par suite d'une blessure directe par les lunettes. Après trois semaines d'un traitement homœopathique, le malade se confia à moi, et je trouvai l'œil dans l'état suivant :

Il y avait une grande quantité de lymphe sur la face postérieure de la cornée, à l'endroit de la lésion, et se portant en dedans jusque dans la pupille. Le bord pupillaire de l'iris adhérait, par sa partie extérieure, à la cornée, à l'endroit de la blessure ; la pupille était tellement remplie de lymphe, qu'il fut impossible d'abord de vérifier l'état du cristallin. La vascularité du blanc de l'œil était principalement limitée à l'injection de la sclérotique autour de la cornée. L'iris était d'une couleur vert foncé très prononcée. Le patient n'avait que peu souffert. Une pilule de caiomel (12 centigr.) et opium (2 centigr.), fut prescrite trois fois par jour, et l'œil fut baigné de temps en temps avec de l'eau tiède.

Au bout de quatre ou cinq jours, la bouche fut légèrement affectée par le mercure; l'injection scléroticale et la couleur verte de l'iris avaient beaucoup diminué, tandis que l'absorption avait assez dissipé la lymphe pour permettre de voir une partie de la pupille. On constata quatre jours après, c'est-à-dire environ huit jours après le commencement du traitement, que la bouche était fort affectée par le mercure, que la couleur naturelle de l'iris revenait rapidement, et que la lymphe sur la face postérieure de la cornée et dans la pupille diminuait encore par l'absorption, de façon que la pupille devenait plus visible. Celle-ci se contracte quelque peu et se déplace en dedans ; la partie externe du bord pupillaire se trouvant intéressée dans la blessure. Consistance normale du globe ; perception plus vive de la lumière. On suspend le caiomel et l'opium. Trois jours après, c'est-à-dire environ onze jours après le commencement du traitement mercuriel, l'inflammation diminuait toujours, et l'absorption de la lymphe progressait tellement, que la pupille était

714 BLESSUKES DE L'ŒIL.

assez dégagée pour permettre d'examiner l'état du cristallin. On découvrit que la capsule avait été déchirée par la blessure et que le cristallin était atteint de cataracte.

Dix jours plus tard, ou après trois semaines de traitement, la rougeur scléroticale avait presque disparu et l'iris avait à peu près repris sa couleur, La blessure de la cornée était guérie, dégagée de toute lymphe , et le cristallin disparaissait par absorption. Quatorze jours après, l'œil semblait sain. La rougeur autour de la cornée avait à peu près disparu. L'iris avait l'aspect normal , à l'exception d'une légère synéchie antérieure. La pupille avait repris son étendue normale et se contractait ou se dilatait selon l'intensité de la lumière. La lentille opaque disparaissait lentement par absorption.

Sept semaines après, la lentille était tout à fait absorbée, et la pupille devenue noire. Il n'y avait que deux points de synéchie antérieure, un au bord inférieur et externe de la pupille, l'autre au bord supérieur et externe. Le malade voyait très bien avec un verre à cataracte,

§ VII» —Blessures de la sclérotique et du segment postérieur du globe*

Lorsque les tuniques du globe sont divisées, il y a une tendance à la hernie du corps vitré, ainsi qu'à l'évacuation des liquides de l'œil, à l'épanchement du sang, parfois à la hernie des tuniques internes et même à l'issue du cristallin.

Un coup sur l'œil peut rompre la sclérotique en laissant la conjonctive intacte ; en outre, il y a nécessairement une lésion plus ou moins grave des autres parties du segment postérieur de l'œil, telles que l'extravasation du sang dans l'œil, la déchirure et la hernie des tuniques internes, la sortie de l'humeur vitrée, ou même du cristallin, qui se trouve sous la conjonctive.

Traitement. — En pareil cas, il n'y a rien à faire qu'à tenir le blessé au repos, les paupières fermées, couvertes de compresses d'eau froide et à combattre l'inflammation à mesure qu'elle se manifeste (voy. Ophthalmie traumatique). L'œil s'atrophie généralement.

Un enfant reçut une flèche dans l'œil. La sclérotique fut percée derrière le bord supérieur et interne de la cornée. Il s'ensuivit une hernie du corps ciliaire avec déplacement de l'iris. L'inflammation ne fut pas très forte, l'œil s'atrophia.

Une femme, âgée de trente ans, reçut un coup sur l'œil droit. 11

Page 1