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BLESSURES DES SOURCILS ET DES PAUPIÈRES

§ I. — Contusion avec ecchymose.

La contusion du sourcil et des paupières produit d'abord le gonflement, puis, au bout de quelques heures, une ecchymose ou

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une extravasation de sang dans la substance du derme à laquelle elle donne une coloration livide. Dans les cas plus graves, l'épanchement sanguin se fait aussi dans le tissu cellulaire souscutané.

L'ecchymose sous-conjonctivale est souvent produite en même temps à la suite d'une contusion des sourcils et des paupières. L'extravasation du sang peut même avoir lieu dans le tissu cellulaire de l'orbite et occasionner un certain degré d'exophthalmos.

Traitement. — Si le sang épanché est dans le tissu sous-cutané, il faut l'évacuer par une ponction. Quand la contusion est grave, il est nécessaire d'appliquer des sangsues et des lotions froides pour prévenir l'inflammation. Dans les cas ordinaires, les lotions froides suffisent.

La coloration occasionnée par l'ecchymose disparaît à mesure que le sang est absorbé ; mais comme ce résultat n'a lieu que lentement, on emploie plusieurs moyens pour le hâter. Un cataplasme de racines raclées de Convallaria, ou sceau-de-Salomon, est un remède populaire et efficace ; on le renouvelle toutes les demi-heures, pendant plusieurs heures. Il occasionne une vive rougeur et de l'œdème, accompagnés de cuisson. Une dissolution d'hydrochlorate d'ammoniaque (ammon. hydrochlor., 32 gram.; eau distil. un demi-litre; alcool étendu, 64 gram.) est encore un excellent remède; il en est de même d'une infusion de fleurs d'arnica et de romarin (5 gram. dans 120 gram. de vin).

§ II. — Plaies par incision* déchirure et contusion des sourcils et «les paupières.

Les blessures des sourcils et des paupières doivent être soigneusement réunies par des bandelettes de taffetas ou par des sutures, selon leur situation ou leur étendue : quand, par suite de la déchirure et de contusion, la réunion ne peut se faire par première intention, il faudra surveiller attentivement la marche des granulations, et, à moins qu'il n'y ait eu perte de substance, auquel cas il faut s'attendre à une large cicatrice, on maintiendra les lèvres de la plaie rapprochées au moyen de bandelettes de taffetas, de manière à obtenir une cicatrice aussi régulière que possible.

Il ne faut jamais oublier non plus qu'un grand point dans le traitement des lésions des sourcils et des paupières, est d'empêcher la déformation de ces dernières, telle que le ptosis d'un côté,

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et de l'autre le lagophthalmos ou l'ectropion, provenant de cicatrices irrégulières.

S'il ne survient aucune inflammation exagérée, ces sortes de blessures guérissent facilement, même lorsqu'elles sont lacérées et contuses; une faible suppuration peut avoir lieu, ne laissant il est vrai, qu'une petite cicalrice, sans autre lésion à la paupière. Il peut se développer une inflammation intense, soit érysipélateuse, soit phlegmoneuse. Dans ce cas. la blessure doit rester ouverte et pansée simplement avec des compresses d'eau jusqu'à ce que l'inflammation ait cessé.

Dans les plaies de la paupière supérieure, mentionnées plus haut, le muscle releveur peut être divisé, et cette division occasionne un ptosis. Une fente de la paupière, semblable à une boutonnière ou au bec-de-lièvre (1 ), est quelquefois le résultat des plaies des paupières dans lesquelles, par oubli ou négligence, les bords n'ont pas été rapprochés et se sont cicatrisés séparément. En pareil cas, il faudrait aviver les bords de la fente et les réunir par la suture.

Dans les plaies pénétrantes de la paupière, soit que la surface conjonctivale du globe ait été en même temps lésée, soit quelle se soit ulcérée consécutivement, il peut se faire une adhérence de la paupière au globe. En traitant ces blessures, il faut se rappeler une telle éventualité et prendre des mesures pour l'éviter.

Il a déjà été question (p. 703) des blessures de la cinquième paire de nerfs dans les plaies du sourcil.

§ III. — Plaies empoisonnées.

Lorsqu'il arrive que les paupières ont été blessées par des guêpes, des abeilles ou autres insectes, il se manifeste un gonflement et une irritation considérables, quelquefois même une vive inflammation érysipélateuse se terminant par la formation d'une petite eschare. Si le dard de l'insecte est resté dans la blessure, il faut chercher à l'extraire ; que l'on réussisse ou non , on frottera la partie avec de l'huile d'olive et on la couvrira d'un linge trempé dans une solution récente d'hydrochlorate d'ammoniaque.

S'il y a une perturbation générale dans l'économie occasionnée

(1) La fenle semblable au bec-de-lièvre est nommée coloboma, et, depuis qu'on emploie ce mot dans un sens générique, coloboma palpcbroz , l'autre variété se nomme coloboma iridis .''page 460). On a des exemples de fentes congénitales de la paupière.

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par cette lésion, on donnera de temps en temps on on deux verres de vin à madère généreux ou quelques gouttes d'ammoniaque dans de l'eau sucrée.

Nous avons déjà parlé de la puslule maligne que l'on peut classer parmi les plaies empoisonnées (p. 604).

§ IV. — Brûlures.

Les brûlures des sourcils et des paupières qui n'ont pas atteint le derme sont relativement de peu d'importance, si la conjonctive n'est pas compromise. D'aussi légères brûlures peuvent être insignifiantes dans leurs résultats ; mais quand la brûlure a été assez forte pour atteindre le derme, il y a à craindre que la cicatrisation n'amène une rétraction qui cause le lagophthalmos ou l'ectropion. Pour combattre cette tendance, il faut tenir les paupières fermées, exciter une production abondante de granulations et retarder la cicatrisation. Un autre danger provenant des brûlures, c'est que, en supposant que le globe ait pu échapper, il se manifeste un ancyloblépharon, lorsque les bords des paupières ont été mis à nu, et que le malade demeure les yeux fermés. L'explosion de la poudre dans le voisinage de l'œil cause des blessures qui se bornent rarement au sourcil et à la paupière (p. 700).

ARTICLE III

§ 1. — Blessures de la glande lacrymale et de ses conduits.

Tandis que la partie supérieure de la glande lacrymale est, par sa position, à l'abri de toute blessure, les conduits, ainsi que la partie inférieure de la glande, peuvent facilement être compromis dans une blessure de la paupière supérieure. J'ai déjà parlé, dans la note page 627, de la blessure de la partie inférieure de la glande et des conduits, à propos de l'opération de Crampton pour l'entropion. Dans un cas de déchirure delà paupière supérieure intéressant les conduits et la partie inférieure de la glande, il se forma des trajets fistuleux, et la plaie n'eut aucune tendance à la guérison .

Dans un cas de plaie par arme à feu rapporté par Larrey, la balle frappa l'angle supérieur externe de l'orbite gauche et fut coupée en deux ; une moitié prit la direction de la tempe, l'autre moitié se logea dans la masse supérieure de la glande lacrymale,

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