BLESSURES DES CANAUX EXCRÉTEURS
qui fut enlevée dans un état de lacération complète, en agrandissant la blessure de la paupière. La plaie guérit, l'œil fut sauvé, et continua à être suffisamment humecté.
§ II. — Blessures des canaux excréteurs.
Corps étrangers dans les points lacrymaux. — Un cil détaché entre quelquefois dans un des points par une de ses extrémités, et par l'autre qui fait saillie, irrite la caroncule lacrymale, comme il a été dit plus haut (p. 658). La possibilité d'un tel accident ne doit pas être oubliée, et il faut faire attention à l'état du point lacrymal dans toute irritation de l'angle interne. Mackenzie, qui a vu un grand nombre de cas analogues, dit que, dans l'un d'eux, le malade lui-même découvrit qu'un cil était la cause de l'irritation ; mais ne connaissant pas ce mode d'implantation anormale, il le lit couper avec des ciseaux, ce qui exaspéra l'irritation. Demours cite un cas dans lequel un morceau de spicule d'orge s'introduisit dans le point lacrymal en y faisant une légère saillie. Le corps étant découvert, il est facile de le retirer.
Blessures intéressant les papilles, tes points et les conduits lacrymaux. — Les blessures des paupières intéressant ces parties sont assez rares. Les bords doivent en être exactement rapprochés et retenus par des sutures, afin d'obtenir, autant que possible, la réunion par première intention ; s'il y a lieu de craindre que le conduit lacrymal ne soit fermé par la cicatrice, il vaut mieux alors le fendre du côté du sac lacrymal.
Lesblessuresdespapilles,des points et des canalicules peuvent être causées par des brûlures, des caustiques, etc.
Blessures du sac lacrymal. — Une plaie simple pénétrante du sac lacrymal guérira si la membrane interne est saine, mais il peut se produire une fistule, si cette membrane n'était pas intacte auparavant, ou si elle ne l'est plus par suite de l'accident. Cela arrive souvent dans les cas de déchirure ou de contusion, surtout chez les sujets scrofuleux.
Lawrence dit avoir vu trois ou quatre cas dans lesquels le sac lacrymal avait été rompu par un coup, et laissait échapper l'air dans le tissu cellulaire des paupières ; le gonflement, qui était considérable, sans cependant s'étendre au delà des paupières, disparut spontanément en quelques jours. L'emphysème des paupières peut aussi arriver par suite d'une lésion des sinus frontaux. Dans les blessures des parois osseuses du nez, le canal nasal peut être affecté, les os étant brisés et pressant sur le canal. Lors-
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que cet accident arrive, il peut être avantageux d'ouvrir le sac au moyen d'une incision et d'introduire une sonde dans le canal, afin d'empêcher son oblitération par la saillie des parois fracturées.
ARTICLE IV
BLESSURES DE L'OKBITE.
§ I. — €©ni»s, etc., sur le bord «le Torbite.
Les blessures citées plus haut peuvent être quelquefois la cause du périorbitis se terminant par la suppuration et une maladie de l'os. Elles peuvent aussi causer des tumeurs orbitaires, quelquefois même une commotion du globe.
§ II. — l*ia«es pénétrantes de l'orbite.
Les blessures de l'orbite par plaies pénétrantes sont nécessairement accompagnées de plaie extérieure des paupières, mais il faut remarquer que celle-ci est quelquefois très légère.
Les conséquences de ces blessures peuvent êlre :
1° Le gonflement des paupières, la saillie de la conjonctive et lexoptithalmos par suite d'épanchement de sang dans l'orbite.
2° L'inflammation du tissu cellulaire orbitaire, surtout si une portion du corps étranger qui a fait la blessure est restée dans l'orbite.
3° Des lésions des muscles et des nerfs de la région, et quelquefois la dislocation du globe (p. 7-I 5).
L'instrument qui a produit la blessure peut encore avoir du même coup percé la lame orbitaire de l'os frontal et lésé le cerveau. On doit donc tout examiner avec soin et surveiller la marche de la maladie pendant le traitement. Nous avons dit plus haut (p. 91 ), en effet, combien il était important qu'il ne restât aucun corps étranger dans l'orbite; s'il y en avait un, il faudrait l'extraire Je plus promptement possible ; on diminuera ainsi les chances de l'inflammation, et si le globe était disloqué, rien n'empêchera plus de le remettre à sa place avec la plus grande facilité.
On doit prescrire le repos et faire suivre un régime antiphlogistique plus ou moins sévère, et porter sur tous les points une surveillance attentive pour combattre activement l'inflammation dès son début.