TRAVAUX A CONSULTER SUR L OPHTHALMIE DES NOUVEAU-NES
Henschel, De ophthalmia neonatorum, 1827. — Ziegler, ibid., 1828. — Landau, Mémoire sur le diagnostic des ophthalmies catarrhales et serofuleuses (Archiv. de méd., 1836, t. XII). — Dequevauviller, Ophthalmie des nouveau-nés (Arch. gén. de méd., 4e série, t. I et II). — Allamand, ibid. (thèses de Paris, 1846). — Félix d'Arcet, Des ophthalmies purulentes (thèses de Paris, 1846). — Poincarré, De l'ophthalmie des nouveau-nés (thèses do Paris, 1852). — Von Breuning, Ophthalmie des nouveau-nés {Ann. oeul., t. XXXV). — Berg, Rech. des médecins suédois sur l'ophthalmie des nouveau-nés {Ann. ocul , t. XXXV). — Sehlagintweit, Ophthalmie maligne des enfants (Ann. ocul., t. XXXV). — Trousseau , Des ophthalmies à V'hôpital des Enfants malades (Ann. ocul., t. XXXV). — Arlt, Traitement de l'ophthalmie des nouveau-nés (Ann. ocul.. t. XL, 1858). — Decondé, ibid. — N. Guillot, Traitement des ophthalmies purulentes des nouveau-nés (Gazette des hôpitaux, 1858).
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Ophthalmie blennorrhagiqiic ( 1 ) — Diagnostic. — Cette ophlhalmie ressemble beaucoup à la forme grave de l'ophtlialmie égyptienne. Les différences qui peuvent exister Font les suivantes. Dans l'ophtlialmie blennorrhagique, la conjonctive scléroticale est affectée dès le début et un chémosis considérable et persistant se forme avec rapidité; tandis que dans l'ophtlialmie égyptienne, la conjonctive scléroticale ne devient malade qu'après celle des paupières, le chémosis se développe moins rapidement et l'on s'en rend plus facilement maître. Dans l'ophtlialmie blennorrhagique, quoique l'inflammation de la conjonctive palpébrale et le gonflement des paupières puissent être très considérables, ils le sont moins cependant que dans l'ophtlialmie égyptienne, et les granulations de la conjonctive sont, en tous cas, beaucoup moins caractérisées (2).
En raison de la gravité de l'inflammation de la conjonctive scléroticale, la cornée est encore plus susceptible d'être altérée ou détruite que dans l'ophtlialmie égyptienne. En un mot, l'ophtlialmie blennorrhagique est peut-être la plus dangereuse de toutes les maladies auxquelles l'œil est exposé.
Les hommes y sont plus sujets que les femmes, mais c'est comparativement une maladie rare dans l'un et l'autre sexe. Parfois on la trouve chez des enfants.
Dans l'ophtlialmie blennorrhagique, il n'y a en général qu'un seul œil malade, tandis que, dans l'ophtlialmie égyptienne, il est très rare de trouver un cas dans lequel la maladie reste limitée à un seul œil.
Comme on le voit, ces différences ne sont pas assez tranchées pour que l'on puisse faire reposer sur elles un diagnostic certain. L'histoire de la maladie est le meilleur critérium.
Cause. — C'est l'inoculation de l'écoulement blennorrhagique. La matière est quelquefois inoculée à l'œil d'une personne saine par des vêtements souillés, etc. C'est ainsi que les enfants sont atteints.
Pronostic. — Le pronostic doit être très défavorable tant que, même avec une cornée intacte ou tant soit peu ulcérée, l'ophtlialmie
(1) Syn. : Ophthalmie gonorrhéique vraie, inflammation gonorrhéique aiguë de la conjonctive, conjonctivite puro-muqueuse gonorrhéique, gonorrhée de l'œil.
(2) Le docteur Hairion, de Louvain, considère comme un si^ne palhoirnomonique de l'ophlhalmie blennorrhagique l'existence d'une adénite préauriculaire. Mais celte adénite ne saurait caractériser l'ophllialmie blennorrhagique, car elle manque le plus souvent et peut se rencontrer dans tout autre genre d'ophthalmie.
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n'est pas sur son déclin, lequel se manifeste par la diminution du chémosis. du gonflement des paupières et de l'écoulement. L'œil peut être désorganisé quarante- huit heures après le commencement de la maladie, et même lorsque le globe n'est pas actuellement détruit, il peut rester atrophié, et la vue est perdue.
Traitement. — Le traitement doit être le même que celui de l'ophthalmie égyptienne dans le troisième degré, mais encore plus actif s'il est possible. Il ne faut mettre aucun retard, et avoir recours en toute hâte à l'incision du chémosis.
Ophthalmic folennorrhagique bénigne. — Chez les personnes affectées de gonorrhée, on rencontre une forme plus bénigne d'ophthalmie, qui ne paraît pas, toutefois, différer de l'ophthalmie catarrhale ordinaire. Les cas que j'ai observés ne m'ont semblé avoir d'autre rapport avec la gonorrhée que celui dû à une grande impressionnabilité au froid qui, diminuant l'écoulement de l'urèthre, d'une part, excite, de l'autre, l'ophthalmie. Ces ophthalmies cèdent facilement au traitement de la conjonctivite catarrhale.
Quelquefois l'inflammation présente les caractères de l'ophthalmie catarrho-rhumatismale, et réclame les mêmes soins.
Ce sont ces faits d'ophthalmie catarrhale survenant dans le cours d'une blennorhagie qui ont pu servir à étayer la doctrine de l'ophthalmie blennorhagique métastatique ; mais, comme le fait remarquer M. Warth on- Jones, cette ophthalmie a tous les caractères de l'ophthalmie catarrhale et n'a pas la gravité des ophthalmies purulentes. C'est là une question de simple coïncidence, et il n'y a rien d'étonnant qu'un homme atteint de blennorhagie puisse être pris d'une conjonctivite simple. Nous croyons devoir insister sur ces faits que nous avons, comme tous les chirurgiens, rencontrés un assez bon nombre de fois, afin que l'on soit bien prémuni contre une confusion regrettable.
Ophthalmic puro - muqueuse des petites filles en rapport avec un écoulement vaginal puro-muqueux.
— Cette ophthalmie, quoique grave parfois, est généralement bénigne.
Symptômes. — Dans un cas datant de deux ou trois jours, les paupières étaient rouges et gonflées, mais non tendues , et l'on pouvait aisément les ouvrir. La conjonctive était d'un rouge peu intense; celle des paupières était spongieuse, celle de la sclérotique formait un relief et un léger chémosis au-dessus du bord inférieur de la cornée, qui était encore très transparente.
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Il y avait un écoulement séreux tenant en suspension des flocons considérables d'une matière épaisse, d'un blanc jaunâtre. Point de douleur et peu ou point de photophobie.
Traitement. — La scarification de la conjonctive palpébrale, des gouttes de nitrate d'argent une fois par jour, la lotion d'alun deux ou trois fois par jour pour nettoyer les yeux, l'onguent de précipité rouge le soir, et quelque médecine laxative, suffirent pour arrêter l'inflammation en quelques jours. On hâta ensuite la guérison par l'application d'un cautère derrière l'oreille, et en touchant, au moyen d'un pinceau, la conjonctive avec les gouttes de pierre divine, et par l'emploi du quinquina.
Lorsque le chémosis diminua, on découvrit une ulcération superficielle à l'endroit où la cornée avait été comprimée par le repli de la conjonctive. Cette ulcération guérit facilement, laissant une légère opacité , qui retarda un peu la guérison complète.
L'écoulement vaginal disparut au moyen d'une injection de sulfate de zinc.