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OPHTHALMIE TRAUMATIQUE

convient à cette ophthalmie. Le traitement local doit être le même que pour le phlegmon de l'œil.

Ophthalmie traumatiquc et sympathique. — L'inflammation qui se déclare à la suite des blessures de l'œil appartient à l'une ou l'autre des variétés d'ophthalmie que nous venons de décrire. La forme particulière qu'elle revêtdépend en partie du siège et de la gravité de la blessure, en partie de l'âge, de la constitution, de l'état de santé du malade. L'influence de la constitution et de l'état de santé, par exemple, est telle que la même blessure peut causer à la fois une ophthalmie grave chez l'un, tandis que chez l'autre, elle ne produira qu'une inflammation comparativement sans importance.

Le traitement des ophthalmies traumatiques doit être fondé sur les mêmes principes que celui de la forme d'inflammation qu'elles revêtent. Dans quelques cas, l'œil qui a été blessé, n'est pas seul enflammé, celui du côté opposé est affecté et souffre tout autant, sinon plus. On a attribué ce phénomène à la sympathie qui existe entre les deux yeux à cause de l'entrecroisement des nerfs, et l'inflammation qui survient dans l'œil non blessé porte le nom (X ophthalmie sympathique.

Les ophthalmies traumatiques les plus aptes à développer une ophthalmie sympathique sont celles qui atteignent les deux membranes internes, soit à la partie antérieure, soit à la partie postérieure du globe. Ces inflammations internes sont ordinairement causées par des blessures pénétrantes et lacérantes dans la région du corps ciliaire, surtout lorsqu'il y a eu un peu de perte d'humeur vitrée et prolapsus de l'iris; ces blessures elles-mêmes sont produites par les instruments tranchants, par la projection d'éclats de fer et de pierre ou de fragments de capsule.

L'oplithalmie sympathique embrasse aussi les tuniques internes, plus spécialement celles du segment postérieur; de là l'affaiblissement de la vue et la photopsie qui existent dès le début.

C'est généralement cinq ou six semaines après la blessure d'un œil que l'autre se trouve affecté par sympathie.

Les personnes sujettes aux ophthalmies sympathiques ont. généralement lors de l'accident, l'apparence d'une bonne santé, mais leur constitution est en réalité mauvaise et le régime affaiblissant auquel on les soumet pour combattre l'oplithalmie traumatique joint à cet état de santé, n'est peut-être pas étranger au développement de l'oplithalmie sympathique.

L' ophthalmie sympathique ne peut pas être toujours rapportée

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à une cause excitante immédiate ; on doit, dans certains cas, l'attribuer à la fatigue éprouvée par l'œil blessé trop tôt après l'accident.

L'œil blessé s'atrophie et devient amaurotique, et malgré tous les soins possibles, celui qui est affecté par sympathie subit presque toujours le même sort.

En face des résultats peu satisfaisants qu'on obtient dans le traitement de l'ophthalmie sympathique, on devra porter la plus grande attention aux ophthalmies traumatiques, même celles qui débutent sous des apparences légères, et cela dans le but d'empêcher le développement de l'ophthalmie sympathique. Lorsque l'ophthalmie traumatiqae est guérie, il faut engager tout particulièrement le malade à éviter de se servir de ses yeux avant un temps considérable.

On a cru que les blessures qui déterminaient le plus souvent l'ophthalmie sympathique étaient celles qui sont accompagnées de la présence d'un corps étranger dans l'œil. Mais cela n'est pas fort exact, car on l'a vue survenir dans des cas où l'on était bien sûr qu'aucun corps étranger n'avait pu pénétrer, et l'ophthalmie sympathique ne se déclare pas toujours après des blessures où l'on est certain qu'il existe un corps étranger dans l'œil.

D'après le conseil donné déjà par Wardrop, on pratique assez souvent tant en Angleterre qu'en Allemagne, l'ablation totale ou tout au moins 1 excision de la cornée de l'œil blessé pour arrêter la marche de l'ophthalmie sympathique. Cette pratique semble avoir réussi entre les mains de Barton, Prichard, Taylor, Bader, Dixon, et entre celles de M. de Graefe. L'ablation totale ou partielle d'un œil perdu pouvant éviter la destruction de son congénère sympathiquement eniïammé, on ne devrait pas hésiter à la pratiquer. Toutefois, l'ablation partielle nous paraît préférable, car elle laisse subsister un moignon qui peut recevoir un œil artificiel.

Dans un travail basé sur les faits recueillis à la clinique de M.Dubois, professeur d'ophthalmologie à Bordeaux, M. de Broudeau, s'occupant des affections sympathiques de l'un des yeux à la suite d'une blessure de l'autre œil, arrive aux conclusions suivantes ( Thèses de Paris, 1858) :

1° Les affections sympathiques inflammatoires sont en général plus fréquentes chez les personnes de constitution scrofuleuse et lymphatique ; 2° les affections sympathiques caractérisées par des troubles fonctionnels ou des altérations physiologiques profondes, atteignent le plus souvent les constitutions nerveuses ou anémiques; 3° la sympathie morbide est presque toujours précédée de quelques symptômes fugaces

qu'on ne doit ni négliger, ni ignorer. Dans le premier cas, ce sont de petites douleurs sourdes orbilaires ou circumorbilaires, des photopsies, et de la photophobie qu'aucune rougeur ne semble expliquer. Dans le second cas, il existe par intermittences une faiblesse visuelle de quelques minutes, de Yhcbetuclo visus ; 4° la sympathie morbide n'est pas, en général, immédiate, elle n'apparait dans l'œil sain que quelques jours après la lésion traumatique, elle peut môme exister à l'état latent, et clans ce cas, ne se manifester qu'après une époque plus ou moins éloignée ; 5° les plaies franchement pénétrantes sont moins sujettes à causer des accidents sympathiques que les lésions contondantes et surtout que les plaies déchirantes superficielles ou profondes des membranes oculaires ; 6° la guérison de l'œil blessé n'est point une garantie constante contre la sympathie morbide de son congénère.

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