HYDATIDE DANS LA CHAMBRE ANTÉRIEURE
de la lumière, l'examen ophthalmoscopique montre le corps vitré tellement recouvert d'une masse hémorrhagique, qu'il est impossible de distinguer le fond de l'œil.
Les apoplexies rétiniennes constituent l'une des lésions les plus apparentes de l'amaurose albuminurique (pi. IV, fig. 2).
L'hémophthalmie interne est très sujette à récidiver, et c'est ce qui constitue l'un de ses dangers. Pour peu que l'épanchement soit étendu ou se reproduise, la vision est sérieusement menacée par la désorganisation de la rétine, les altérations consécutives de la choroïde et du corps vitré. En tous cas, l'absorption du sang épanché se fait lentement, et il est exceptionnel de voir le malade recouvrer subitement la vue, comme cela eut lieu chez un jeune séminariste dont M. Desmarres a rapporté la curieuse histoire.
Le traitement de l'hémophthalmie consiste dans l'emploi des sangsues, des ventouses et même de la saignée, si la constitution du malade le permet; on aura ensuite recours à une médication résolutive basée sur l'usage des mercuriaux, des ventouses sèches, des purgatifs et de l'iodure de potassium à l'intérieur et à l'extérieur (1).]
§ IV. — Hydaticle dans la chambre antérieure.
Il existe au moins cinq observations d'hydatide vivante flottant librement dans l'humeur aqueuse. Dans un sixième cas, en ouvrant la cornée pour faire évacuer l'humeur aqueuse, on lit l'extraction d'une hydatide que l'on n'avait pu apercevoir préalablement, à cause de l'opacité de la cornée, suite d'une inflammation.
Le premier cas a été observé par W. Sœmmering (Isis von Oken, 1830), peu après une ophthalmie, chez une jeune fille d'une bonne santé, âgée de dix-huit ans. Le second cas fut décrit d'abord par M. Logan en l 833, puis par Mackenzie (Med. gaz., vol. XII). 11 se présenta aussi chez une fille de sept ans et d'une bonne santé. Comme dans le cas de Sœmmering, l'hydatide apparut après une ophthalmie qui avait entraîné une légère opacité de la cornée.
J'ai eu occasion de voir et de soigner cette dernière malade après l'opération. La vésicule caudale de l'animal avait environ 0 ,004 de diamètre, était semi-transparente, et on la voyait se con-
l) Consultez: Carron du Villards, Considérations pratiques sur les épanche- ■ts dusang dans l'œil {Ann. d'ocul., t. I, p. 157). — J. Dixon, De V épanche- 4 dît- sang dans le corps vitré (Ann. d'ocul., t. XXXI, p. 228).
(1 ) Consultez ment s men
tracter, se dilater et changer de forme. Le corps et la tête étaient tantôt rétractés, tantôt poussés en avant par la vésicule caudale. La partie en connexion avec la tête et le corps était toujours la plus pendante. Lorsque le corps et la tête étaient très poussés en dedans etpendants en bas, l'animal ressemblait à un petit ballon.
Fig. 48.
Hydatide dans la chambre antérieure.
Le troisième cas appartient encore à Mackenzie, qui le décrit ainsi (1 ) :
Elisabeth Gordon, âgée de seize ans, vint à Glasgow eye Jnfirmary, le 26 septembre 1848, pour un obscurcissement de la vision de l'œil gauche. Dans la chambre antérieure, contre et devant la pupille qu'il recouvrait complètement à une vive lumière, était situé un corps sphérique, semi-transparent, d'environ \ /8e de pouce de diamètre, et qui, au premier abord, ressemble au noyau du cristallin. En l'observant pendant un certain temps, on reconnut évidemment que c'était une vésicule changeant de temps en temps de forme et de position et faisant parfois saillir à son bord inférieur un filament blanc opaque. La première partie que nous venons de mentionner était, par le fait, la vésicule caudale d'un Cysticercus cellulosœ, et la seconde, son corps et sa tête. On voyait parfois la tête s'enfoncer presque jusqu'au fond de la chambre antérieure, puis rentrer complètement dans la vésicule caudale. La malade dit que vers le milieu de juin, son œil gauche avait été atteint d'une inflammation qui avait duré environ trois semaines, et avait disparu après l'application d'un cataplasme de pommes pourries, et qu'aussitôt après, on avait remarqué la présence de V hydatide. La malade paraissait avoir une bonne santé, mais elle se
(1) Med.-chir. Trans,, vol. XXXTI, 4849.