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CLASSIFICATION DES CATARACTES

variétés précédentes celles dites congénitales, traumatiques, glaucomateuses. Mais la lésion est la même que dans les précédentes; c'est donc dans l'étude des causes, et non dans celle des signes de la structure anatomique, qu'il doit en être fait une mention spéciale.

Deuxième espèce : Cataracte lenticulaire liquide. — Cette espèce est souvent, au point de vue étiologique, une des phases d'évolution des deux variétés de cataractes molles, surtout de la première, ou, si l'on veut, a été précédée par elles ; mais au point de vue anatomique, la liquidité n'est pas mollesse, ou vice versa; les éléments constitutifs sont aussi trop différents pour qu'on puisse n'en faire qu'une variété des cataractes molles. Cette distinction, du reste, doit évidemment être conservée dans l'étude des signes, le diagnostic et même le traitement. Cette espèce a reçu encore les noms de morgagnienne, d'interstitielle, de cystique et de laiteuse.

Troisième espèce : Cataracte lenticulaire dure. — Même remarque sur le nom propre de cette espèce de cataracte que sur celui de la lenticulaire molle. D'après sa couleur, on la désigne quelquefois sous les noms de brune, de noire, de verte ; mais ce qu'il y a de commun à tous les cas, c'est la dureté et la structure, qui sont les mêmes, quelle que soit la couleur. Celle-ci, du reste, n'est souvent plus aussi tranchée, une fois l'extraction faite, parce que dans son appréciation sur le vivant, il faut tenir compte de la nature du jour à l'aide duquel on fait l'examen, puis des phénomènes de contraste simultané qui ont lieu entre les couleurs du fond pupillaire et de l'iris.

Quatrième espèce : Cataracte lenticulaire pierreuse. — Cette cataracte est souvent rangée parmi les cataractes dures, d'après sa consistance ; mais ici la nature de la lésion diffère tellement de celle des cataractes dures, qu'on ne peut éviter d'en faire une espèce à part, et surtout de la nommer d'après sa nature anatomique propre. Elle est caractérisée par un dépôt blanc de phosphate de chaux principalement, accompagné d'un peu de carbonate de cette base. Les sels incrustent les éléments des couches molles et dures du cristallin, sans les détruire, du moins sans les détruire tous. Nulle analogie de composition anatomique, par conséquent, avec les précédentes, sauf la couleur sous quelques rapports, car la consistance diffère. Celle-ci est ordinairement plus grande à la surface du cristallin que profondément, pourtant on verra, dans la description qui sera donnée plus loin, qu'il y a des cas où probablement ces cataractes sont molles.

D'après ce qui précède, on voit que les noms de cataracte lenticulaire pierreuse, phosphalique ou calcaire, peuvent être conservés. Celui de cataracte lenticulaire osseuse doit être rejeté, car les éléments caractéristiques des os ne s'y trouvent pas.

DEUXIÈME CLASSE : Cataractes capsulaires. — Elles se divisent en deux espèces, d'après leur nature anatomique.

Première espèce : Cataracte phosphatique. — C'est la plus rare : elle est formée seulement par un dépôt de phosphate calcaire, avec avec traces de carbonate et quelques granulations graisseuses quelquefois.

Deuxième espèce -.Cataracte pseudo-membraneuse. — Elle est formée par une production pseudo-membraneuse, d'origine irienne presque certainement. D'après saforme, elle se distingue en pyramidale, végétante, mamelonnée, monticulaire, ramifiée, etc., etc. Au point de vue écologique, on la dit quelquefois congénitale, primitive, secondaire ou consécutive.

2° Anatomie pathologique.

PREMIÈRE CLASSE : Cataractes lenticulaires.

Première espèce : Cataractes molles. — L'altération siège dans la couche molle corticale du cristallin. Elle détermine des opacités blanchâtres ou grisâtres, sous forme de lignes, de points, etc., diversement disposés, ou une opacité uniforme ou à peu près. Dans tous ces cas, la lésion est la même, il n'y a de différence que dans son étendue. L'altération de la couche corticale du cristallin est due à ce que par suite de troubles dans le renouvellement moléculaire nutritif et le développement de ses éléments, ceux-ci ont subi les modifications morbides de structure dont suit la description. Ces altérations consistent surtout en un passage à un état plus granuleux, avec aplatissement en bandelette des tubes qui, en même temps, perdent leurs noyaux. Cet état granuleux se manifeste aussi quelquefois dans les fibres dentelées. Les cellules du cristallin ont disparu, se sont réduites en granulations, ou bien d'homogènes et hyalines sont devenues granuleuses. En même temps se sont produites, entre les tubes réduits à l'état de bandelettes, des granulations moléculaires libres, des gouttelettes limpides et des gouttes huileuses ; celles-ci ont exsudé de la substance des éléments et proviennent peut-être de leur destruction. Il s'est formé, en outre, dans cette couche superficielle des corpuscules solides, arrondis ou de formes variées, soit homogènes, soit granuleux, englobés ou non dans une substance de consistance cireuse homogène. Enfin, quelquefois il s'y dépose du phosphate de chaux, mélangé de traces de carbonate de cette base. Ces altérations diverses font que, d'une homogénéité et d'une transparence extrêmes, les couches molles du cristallin et quelquefois son noyau dur sont arrivés à un état hétérogène ; de telle sorte que la lumière, au lieu de traverser ces tissus, est réfléchie par ces particules d'espèces diverses et prend une teinte blanche et grisâtre : c'est ce qu'on voit survenir pour toute substance granuleuse ou hétérogène que frappe la lumière.

Deuxième espèce : Cataracte liquide. — Elle présente un aspect lactescent ; et dans la cavité de la capsule*se trouve contenu, comme dans un kyste, un liquide blanchâtre dans lequel flotte le noyau dur du cris-

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