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DIAGNOSTIC DES VARIÉTÉS DE CATARACTE

Si les stries opaques parlant du centre et rayonnant vers la circonférence, sont au nombre de plus de trois, la cataracte est dite êtoilée. Enfin on donne le nom de cataracte fenêlrée ou trabécuiaire à celle dans laquelle les stries s'entrecroisent en diverses directions , de manière à laisser entre elles des espaces transparents, qui n'ont plus la forme régulièrement triangulaire, comme dans les autres variétés.

L'examen par l'éclairage oblique permettra de reconnaître toutes ces dispositions variées, mieux que l'exploration ophthalmoscopique; car alors les stries apparaîtront avec leur teinte normale, se détachant sur les parties restées transparentes ; tandis qu'à l'ophthalmoscope, elles forment des rayons ou des bandes noirâtres qui peuvent se perdre, si elles sont peu nombreuses et peu prononcées, dans la teinte rougeâtre du fond de l'œil.

2° Cataracte disséminée, poinlillée.— Dans cette variété, on voit la lentille parsemée de points opaques qui paraissent occuper les couches corticales profondes et sont parfaitement isolées au milieu de la substance transparente. Ces points d'une blancheur mate se distinguent des opacités disséminées de la capsule qui sont plus superficielles, plus chatoyantes et abondantes surtout à la périphérie.

3° Cataracte stratifiée ou lamellaire. — Cette variété, décrite par E. Jœger, Àrlt, de Graefe, consiste en une opacité d'une couche mince de la substance du cristallin, intermédiaire au noyau et aux couches corticales. On remarque alors, dit M. de Graefe, une opacité faible, mais parfaitement égale, située derrière la pupille. La distance qui existe entre sa surface convexe et le plan de la pupille, et celle qui se trouve entre sa périphérie et le bord du cristallin, quand la pupille est dilatée , prouvent que la couche corticale est transparente, de même que son égalité dans tous les points montre que le noyau aussi est transparent.

A l'ophthalmoscope, toute la portion opaque paraît foncée, à bords tranchés ; mais vue à la lumière tombant perpendiculairement sur l'œil, elle présente, dans ses parties centrales, une diaphanéitéd'un rouge brunâtre, quand l'opacité n'est pas trop prononcée. Le reflet rougeâtre disparaît quand la lumière arrive obliquement à la pupille. La plaque opaque peut être sillonnée de bandes rayonnantes, ou de houppes, d'appendices qui plongent dans la substance corticale, etc.; circonstances qui forment autant de variétés de cataracte stratifiée.

Dans cette cataracte, il se forme une sorte de myopie d'habitude comme dans les opacités de la cornée, et c'est pour cette myopie que les malades s'adressent au médecin. Aussi, dans le cas de myopie prononcée chez les enfants, ne doit-on jamais négliger d'explorer le champ de la pupille et de rechercher s'il n'existe pas quelque opacité dans le cristallin.

4° Cataracte laiteuse, kystique. — Ces variétés qui appartiennent à ce que l'on appelait autrefois, à tort, la cataracte morgagnienne, se rapportent aux diverses périodes de l'évolution de la cataracte liouide,

qui, suivant le degré du ramollissement, offre l'aspect qui caractérise chacune d'elles.

Cataractes fausses. — Celte dénomination vicieuse, mais généralement acceptée, s'applique aux cas dans lesquels le champ de la pupille est obstrué , complètement ou incomplètement, par une substance opaque déposée au devant de l'appareil cristallinien.

Ces substances opaques sont de diverses espèces, d'où quatre variétés de cataractes fausses : la fibrineusc ou pseudo-membraneuse, la purulente, la sanguine, la pigmentaire.

1° Cataracte pseudo-membraneuse, fibrineuse. — Lorsque la lymphe plastique qui s'épanche au sein du champ pupillaire dans les cas d'iritis, s'organise, elle forme des opacités qui troublent la vision. Ces opacités sont tantôt constituées par des filaments qui, étant rares, ne masquent qu'une très petite partie de la pupille, ou qui, nombreux et entrecroisés, forment une sorte de réseau ; tantôt elles sont dues à un dépôt qui, n'existant qu'au centre, se projette dans la chambre antérieure, ou qui s'étale sur tout le champ pupillaire etl'obtrue complètement. Ces pseudomembranes sont habituellement adhérentes à l'iris , qui est tiré en arrière et dont l'ouverture pupillaire est déformée et rétrécie.

Il est rare que le cristallin et la capsule ne soient pas en même temps plus ou moins opaques. Ce genre d'opacité ne diffère, du reste, de la cataracte capsulaire pseudo-membraneuse (page 359) que par l'abondance du dépôt de lymphe plastique et la violence de l'inflammation qui la produit. Nous verrons plus loin les indications spéciales que fournit cette sorte de cataracte.

2° Cataracte purulente. — Elle consiste dans une collection de pus emprisonné au devant du cristallin par les mailles d'une substance plastique et formant une tache épaisse, inégale, rugueuse, jaunâtre, qui remplit toute la pupille. Ce cas est grave, rare, et succède à une violente inflammation.

3° Cataracte sanguine. — Elle est constituée par un épanchement sanguin pur ou logé dans les interstices de la lymphe plastique, et formant des taches d'un rouge brun dans le champ pupillaire. Cet épanchement provient de la rupture des vaisseaux de l'iris ou de la choroïde, à la suite d'une blessure ou d'une vive inflammation.

4° Cataracte pigmentaire ou dendritique. — On désigne, sous ce nom, l'opacité produite par le dépôt du pigment uvéen à la surface de la capsule cristalline. Ce dépôt se fait, tantôt sous forme de points noirâtres isolés, disséminés à la surface de la capsule, ou simulant une sorte de couronne par leur réunion, tantôt sous forme de filaments brunâtres qui adhèrent à l'iris, ou de stries arborescentes, et laissant, en tout cas, entre elles, des espaces transparents. D'autres fois le dépôt recouvre tout le champ pupillaire, qui présente une teinte d'un noir mat, sans reflet, et l'on peut faire de ce cas une variété de cataracte noire. Le mode de formation de la cataracte pigmentaire a été parfaitement exposé par M, Desmarres dans le Journal de chirurgie, t. II. Cet ophthalmologiste

a fait voir que l'iris, tuméfié par l'inflammation et reposant sur la capsule cristalline, abandonnait, en se retirant, une partie du pigment qui recouvre sa face postérieure ; on a cependant cité quelques cas qui n'avaient été précédés d'aucune phlegmasie. Le diagnostic de la cataracte pigmentaire est singulièrement facilité, quand on projette dans l'œil la lumière par l'éclairage oblique et qu'on examine la surface éclairée au moyen d'une bonne loupe. On reconnaît ainsi les moindres traces de pigment.

L'opacité produite par un dépôt étendu de pigment se distingue de la cataracte noire lenticulaire par des caractères tranchés. Dans ce dernier cas, l'opacité noire n'adhère pas à la pupille, qui conserve sa régularité et sa mobilité ; elle est plus foncée au centre, régulière à sa surface ; tandis que, dans la cataracte pigmentaire, la tache noire est inégale, sillonnée de filaments, et plus ou moins adhérente à la pupille, qui est inégale.

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