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CONDITIONS NÉCESSAIRES AUX OPÉRATIONS DE PUPILLE

l'amener en face d'une partie restée transparente dans la cornée atteinte d'opacité.

Dans les cas qui réclament la formation d'une pupille artificielle, le cristallin peut être sain, ou avoir été enlevé auparavant par une opération de cataracte, qui a justement produit l'état qui exige l'opération de la pupille artificielle, ou bien encore le cristallin est atteint de cataracte.

Dans le premier cas, il faut autant que possible éviter de le toucher ; dans le dernier, il faudra combiner l'opération de la pupille artificielle avec celle de la cataracte.

CONDITIONS GÉNÉRALES NÉCESSAIRES OU AU MOINS FAVORARLES AU SUCCÈS DES OPÉRATIONS DE PUPILLE ARTIFICIELLE.

Il ne faut penser à faire l'opération de la pupille artificielle que si le malade a perdu l'usage de ses deux yeux, et alors seulement qu'il paraît évident que la rétine est restée saine.

En outre, l'œil, tout en étant exempt d'inflammation, doit encore être suffisamment sain sous les autres rapports, et tout au moins sans trace de conjonctivite granuleuse, de cornée vasculaire, de vaisseaux variqueux, de dureté anormale ou de ramollissement, d'hydropisie, d'atrophie, etc.

Quand le corps vitré est ramolli, l'opération à travers la cornée ne peut être faite qu'avec les plus grandes précautions, et doit même être le plus souvent rejetée. Si l'inflammation qui a produit la lésion qui réclame une pupille artificielle est de nature scrofuleuse et existe chez un enfant, il faudra ordinairement ne pas opérer avant la puberté.

Certaines circonstances, autres que celles qui viennent d'être rneii* tionnées, doivent être prises en considération pour décider l'opération delà pupille artificielle. Ainsi, il faut tenir compte de l'état de la chambre antérieure, qui doit encore exister, du moins en partie, et qui, en tous cas, ne devra pas être complètement oblitérée par l'adhérence de la surface de l'iris à la cornée. Il faut encore explorer avec soin la cornée, l'iris et le champ pupillaire au moyen de l'éclairage oblique ; l'état rugueux de la cornée, sa suffusion indiquant un vice de nutrition dans cette membrane, sont des circonstances défavorables. On s'assurera si l'iris n'a pas perdu sa coloration normale, si sa surface ne présente pas des bosselures, des sillons formés par les fibres altérées ; si, en un mot* il ne porte pas encore les traces d'une inflammation chronique. On étudiera son degré de contractilité en le soumettant à l'influence de l'atro-

pine, la nature, l'étendue, le siège des adhérences qui peuvent fixer le bord pupillaire à la capsule cristalline ou à la cornée. C'est encore eu dilatant le champ pupillaire par la belladone, et en l'examinant alors par l'éclairage oblique, que l'on connaîtra l'étendue des exsudations plastiques qui l'obstruent et les points qui pourront permettre l'accès des instruments. Ce sera, en outre, à travers ces points, s'il en existe, que l'on pourra quelquefois apercevoir l'opacité du cristallin dans le cas de coïncidence d'une cataracte.

La plupart de ces circonstances sont importantes à bien reconnaître, parce qu'elles sont plus ou moins favorables au succès de l'opération, qu'elles peuvent même la contre-indiquer, et doivent entrer en ligne de compte dans le choix du procédé opératoire. L'état de la sensibilité rétinienne doit être l'objet de l'exploration la plus attentive, car l'existence constatée d'une amaurose est une contre-indication formelle de l'opération de la pupille artificielle, considérée seulement comme devant permettre l'accès du fond de l'œil aux rayons lumineux. On notera, sila rétine a conservé ses fonctions, que le malade peut encore distinguer le jour de la nuit, et l'exploration phosphénienne donnera des résultats positifs (page 62). Enfin le malade, placé dans un lieu obscur, reconnaîtra la présence d'une bougie allumée, située à 4 ou 5 mètres de lui, et aura conscience du passage de la main entre celte bougie et son œil.

Pronostic. — L'œil opéré de pupille artificielle a généralement eu beaucoup à souffrir de l'inflammation , dès lors l'opération peut facilement causer une rechute au même degré ou amener la destruction complète de l'organe. Il faut surtout s'attendre au développement des accidents inflammatoires, lorsque la maladie reconnaît une origine scrofuleuse, syphilitique ou goutteuse. Les cas les plus favorables sont ceux qui succèdent, à un traumatisme comme l'opération de la cataracte, ou qui ont été causés par l'ophthalmie purulenle.

Le degré de vision que l'œil recouvre après l'opération dépend de l'état préalable de l'œil, du mode opératoire que cet état a permis d'adopter, comme aussi du degré de réaction qui a suivi l'opération. On n'obtient que rarement ou même jamais une aussi bonne vue par l'opération de la pupille artificielle que par celle de la cataracte, et l'on doit, en général, considérer comme des succès les cas dans lesquels le malade y voit assez pour se conduire et pour lire un peu .

La préparation du malade à l'opération de la pupille artificielle consiste à placer l'œil dans les conditions favorables que nous avons indiquées, en outre des soins dont nous avons parlé à propos de la cataracte, et qui ont pour but de mettre le malade dans le meilleur état possible de santé générale.

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